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Accusée de mauvaise gestion financière, la CAF contre-attaque

Sévèrement mise en cause pour sa gestion financière par un audit, la Confédération africaine de football n'est pas restée sans réaction. L'instance a balayé les accusations et annoncé l'intensification des réformes en cours.

La Confédération africaine de football va de crise en crise. Les dernières turbulences en date se sont déclenchées au début du mois, quand le contenu d’un rapport sur les finances de la Confédération a filtré dans la presse anglo-saxonne. Conduit à la demande de la FIFA par la société Price Waterhouse Coopers, l’audit en question met l’accent sur les pratiques peu recommandables de dirigeants de l’instance panafricaine, évoquant des documents comptables « peu fiables et peu dignes de confiance ». Sont notamment pointés 40 versements de la FIFA. D’un montant total de 10 millions de dollars, seuls cinq d’entre eux auraient été tracés. Le flou le plus total entoure l’utilisation des 35 autres, mais le rapport évoque des détournements grossiers, avec par exemple des obsèques organisées grâce à ces fonds FIFA. Ajoutées aux révélations sur le contrat au moins disant passé par la CAF avec la société française Tactical Steel, ces éléments accablants ont de quoi faire vaciller l’état-major de la Confédération, visée sur la période 2015-2020, soit la fin du règne d’Issa Hayatou et le début de celui d’Ahmad, devenu président en mars 2017.

La Confédération africaine ne pouvait rester sans réaction. Elle a riposté en deux temps. D'abord à chaud, en publiant un premier communiqué très offensif. L'instance y affirmait que « les réformes structurelles en cours [continueraient] malgré les tentatives de dérailler (sic) ce processus par presse interposée. » Droits dans leurs bottes, les actuels dirigeants de la CAF balayaient les accusations. Car si gabegie il y aurait, il ne s’agirait que d’un legs du passé. « La conduite du changement après plusieurs décennies de gestion artisanale ne peut se concrétiser en quelques semaines. Le comité exécutif est résolu à finaliser la transformation de la CAF pendant son mandat », ajoutait l'instance, qui pointait à mots à peine couverts l'héritage Hayatou, avant d'annoncer une prochaine réunion de son comité exécutif. Cette dernière a eu lieu vendredi à Doha (Qatar), en marge de la finale de la Supercoupe entre le Zamalek et l'Espérance de Tunis (3-1), sonnant la seconde étape de la contre-attaque de la CAF.

Transform CAF 2021, un vaste programme de réformes


Précisant que PwC n’a pas honoré l’invitation du comité, l’instance a annoncé dans un communiqué qu’elle contestait les allégations « non fondées » contenues dans le rapport en question. La prise en charge de funérailles ? Il s’agirait « d’actes de solidarité en faveur de familles de personnes ayant servi le football africain dont la famille de feu Hussein Swaleh décédé de retour de mission dans le crash d’un avion ». Les supposés détournements de fonds ? La balle est renvoyée dans le camp de la FIFA, supposée encadrer strictement leur utilisation, puisqu’il s’agit en l'occurrence de fonds FIFA Forward. Enfin, mention est faite du dossier Tactical Steel, qui met personnellement en cause le président Ahmad, interpellé par la brigade financière en juin dernier à Paris. Accusée d’avoir fait preuve de favoritisme dans le choix de ce fournisseur, la Confédération rappelle que « les procédures sont en cours devant diverses instances ». « La CAF se tient à disposition afin de fournir toutes les justifications concernant cette opération », qui aurait été « autorisée au préalable par le comité exécutif », assure l’instance.

Fin provisoire de la passe d'armes ? Pas tout à fait. Estimant certainement que l'attaque est la meilleure des défenses, la Confédération africaine de football a dans le même temps levé le voile sur un vaste programme de réformes pour les deux années à venir. « Transform CAF 2021 comporte quatre axes de travail. Il s’agit de l’organisation et la gouvernance, les compétitions, l’arbitrage, et le développement de l’infrastructure. Ces quatre axes sont déclinés en 122 mesures dont 17 ont été jugées prioritaires et devront être finalisées à juin 2020 », indique le communiqué, qui précise que cette feuille de route nouvelle fera l’objet d’une « gouvernance spécifique » à travers la mise en place d’un comité de pilotage au niveau du comité exécutif et d’un comité de suivi au niveau de l’administration. Un rapport trimestriel de l’avancement de ces travaux de transformation (une démarche « systémique, inclusive, et transparente » est évoquée) sera publié sur le site de la CAF à partir de juin 2020, annonce encore l’organisation panafricaine, désireuse de donner l’image d’une institution qui va de l’avant malgré les difficultés. Rendez-vous est donc pris.

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