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Affaire Habyarimana : le parquet demande un non-lieu

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(c) TV5MONDE - K. BALDE - C. GARDET

Attentat contre l'avion du président Habyarimana: le parquet de Paris demande un non-lieu contre 7 dignitaires du régime rwandais. Une annonce qui arrive au lendemain de la nomination de la candidate rwandaise à la tête de la Francophonie.

Il aura fallu moins de 24 heures entre la nomination de Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie et la réquisition du vice-procureur de la République française.

Le parquet de Paris demande un non-lieu contre sept dignitaires rwandais, mis en cause dans l'affaire Habyarimana.

Conséquence ou simple coïncidence, aucun accord scellé, affirmait vendredi le président Paul Kagamé lors d’un entretien accordé à TV5MONDE.
 

La question n'est pas de savoir s'il y a un accord ou non. Ce qui s'est passé est juste la conséquence de cette nouvelle manière de penser. Cette évolution, cette idée que les choses ne peuvent pas rester les mêmes.Paul Kagamé, président du Rwanda

Quoi qu'il en soit, cette affaire était l'un des derniers obstacles à la réconciliation réelle entre Paris et Kigali.

Il faut remonter en avril 94, lorsque l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana est abattu par deux tirs de missile juste au-dessus de la capitale rwandaise, ne laissant aucun survivant.

Dans les minutes qui suivent, les Hutus au pouvoir accusent les rebelles Tutsi du FPR d'être les auteurs de l'attentat. Un événement qui déclenche dans la foulée, le génocide des Tutsis.

En 3 mois, près de 800 000 d'entre eux seront massacrés.
Accusée de complicité de génocide par le FPR, désormais au pouvoir, la France lance une enquête sur l'attentat en 1998.

Le juge d'instruction jean Louis Bruguière vise le président Rwandais et ses proches, suspectés de de l'avoir commandité. Fin 2006, 9 mandats d'arrêts sont lancés contre des proches de Paul Kagamé.

Mais le juge Bruguière ne s'est jamais rendu sur place pour mener l'enquête. En 2010, son successeur Marc Trevidic fait lui le déplacement, pour une étude balistique. Le résultat est sans appel : les tirs de missiles provenaient du camp de la garde présidentiel, fief des extrémistes hutus. Une vérité enfn rétablie selon les avocats de l'Etat rwandais.
 

On a craché sur les victimes. On a voulu faire en sorte que leurs dirigeants soient considérés comme les auteurs du génocide ou comme les déclencheurs du génocide dont ils ont été victimes.Maitre Forster, avocat de  Paul Kagamé (2012)

Une enquête fermée, rouverte, puis close une nouvelle fois. Des témoins à charge qui se rétractent ou se contredisent. Depuis 25 ans, cette saga politico-judiciaire pollue les relations franco-rwandais.

Aujourd'hui, le parquet de Paris estime que les éléments à charge sont insuffisants. De son côté, l'avocat de la famille Habyarimana dénonce une décision politique.