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Afrique : du changement sur les bancs

La deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019 se dispute ce week-end à travers l’Afrique. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la première journée, jouée en juin... 2017, tant de nombreuses sélections ont changé d'encadrement technique ces dernières semaines. Le point sur cette redistribution des cartes.

Tunisie, Egypte : les mondialistes changent de tête


Eliminées au bout de deux journées au Mondial, la Tunisie et l'Egypte ont ouvert cet été un nouveau chapitre. Parti poursuivre sa carrière d'entraîneur au Qatar, le sélectionneur de la Tunisie, Nabil Maaloul, a été remplacé par son compatriote Faouzi Benzarti. Déjà nommé à ce poste en 2011, passé à plusieurs reprises sur les bancs de l’Espérance de Tunis, du Club Africain ou encore de l’Etoile du Sahel, ce coach chevronné a également fait bénéficier le Raja et le Wydad Casablanca de ses services, conduisant le premier jusqu’à la finale du Mondial des clubs fin 2013. Sa mission débute par un déplacement au Swaziland, dans le cadre de cette deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019, que les Aigles de Carthage avaient commencé par une victoire sur l’Egypte (1-0). Les Pharaons ont eux aussi changé de sélectionneur cet été, dans la foulée de leur Coupe du monde calamiteuse qui les vit faire un zéro pointé (trois défaites en trois matchs). L'Argentin Hector Cuper a cédé sa place sur le banc à un autre Latino-Américain d'expérience, en l'occurrence le Mexicain Javier Aguirre. Après avoir dirigé la sélection de son pays lors des Coupes du Monde 2002 et 2010, ce technicien de 59 ans a coaché le Real Saragosse et l’Espanyol Barcelone entre 2011 et 2014. Passé précédemment par l’Atlético Madrid, le nouveau boss des coéquipiers de Mohamed Salah connaît le Moyen-Orient pour être passé par le club émirati d’Al-Wahda (2015-2017). Cette expérience ne sera pas de trop pour faire évoluer le style de jeu des Pharaons, devenu désespérément restrictif sous la mandature Cuper.

Algérie : l’heure de Belmadi


Ce fut le principal feuilleton du mercato des sélectionneurs en Afrique : qui allait succéder à Rabah Madjer sur le banc de l'Algérie ? La décision fut longue à se dessiner. Après avoir dragué Hervé Renard, exploré sans réussite les pistes Bert Van Marwijk et Gernot Rohr, la Fédération algérienne a beaucoup insisté pour convaincre Carlos Queiroz, en fin de contrat en Iran. Sans succès. Et c’est ainsi que le plan B Belmadi a rapidement été activé. Restera à l’ancien joueur de l’OM et de Manchester City à convaincre qu’il est davantage qu’un choix par défaut. Ses premières conférences de presse laissent imaginer des choix sans concession, marqués par une grande exigence. En témoigne sa première liste, en vue du déplacement en Gambie. Pour cette rencontre des éliminatoires de la CAN 2019, l'ancien entraîneur de Lekhwiya, au Qatar, n'a retenu aucun joueur local, quand son prédécesseur Rabah Madjer, non sans démagogie, leur ouvrait largement la sélection. Point de débat stérile sur les mérites comparés des uns et des autres, juste une question de niveau pour le nouveau boss des Fennecs. « On a dans les clubs algériens des joueurs qui ont des qualités mais qui ne sont pas prêts pour le niveau international, a-t-il expliqué. Vous le savez, vous le voyez. On va essayer de les faire progresser. »

Côte d’Ivoire, Ghana : une chance pour les techniciens locaux


La Tunisie et l'Algérie ne sont pas les seules nations à faire confiance à un entraîneur du pays pour reprendre les rênes de l'équipe nationale. A l'image de la RD Congo, qui continue d'accorder sa confiance à Florent Ibenge, et du Sénégal, qui a renouvelé la sienne à Aliou Cissé après le Mondial 2018, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont également misé sur un sélectionneur local. Les Eléphants ont donné en juin dernier le pouvoir à Ibrahima Kamara, qui avait auparavant assuré les intérims du Français Michel Dussuyer, remercié après la CAN 2017 et revenu cet été au Bénin, puis du Belge Marc Wilmots. Le Ghana, vainqueur de quatre CAN et finaliste à cinq reprises, a remplacé l'Israélien Avram Grant par James Kwesi Appiah, déjà passé par le banc des Black Stars fin 2010 puis entre 2012 et 2014. D'autres équipes moins huppées ont fait le pari de l'expertise africaine. C'est le cas de la Tanzanie, qui a placé aux manettes des Taifa Stars l'ancien international nigérian Emmanuel Amunike. Le Niger, entraîné par l'Ivoirien François Zahoui, les Comores avec Amir Abdou ou le Liberia avec James Debbah, ont effectué des choix similaires.

Le Cameroun : Seedorf a neuf mois pour convaincre


On ne terminera évidemment pas cette revue des bancs africains sans évoquer le cas du Cameroun. Le futur pays hôte de la CAN 2019, dont la Fédération a été placée par la FIFA sous la tutelle d'un comité de normalisation, a arrêté son choix sur Clarence Seedorf, grand ami d'un certain Samuel Eto'o. Préféré au vieux mercenaire suédois Sven-Göran Eriksson, le jeune technicien néerlandais aura sur sa feuille de route les objectifs suivants : la victoire à la CAN 2019, pour laquelle les Lions Indomptables sont qualifiés d'office en tant qu'organisateur, ainsi que la qualification pour la CAN 2021 et la Coupe du monde 2022. Désormais munis d'un staff élargi comprenant notamment le natif de Douala et ancien international français Jean-Alain Boumsong, et doté d'un Team Manager en la personne de l'ex-Lion Bill Tchato, Seedorf et son premier adjoint Patrick Kluivert semblent désireux de remettre de l'ordre dans une tanière en proie depuis trop longtemps aux querelles intestines. Les deux hommes bénéficieront du renfort de Paul-Georges Ntep : après avoir plusieurs fois repoussé les approches de son pays d'origine, l'ailier de Wolfsburg a enfin dit oui au Cameroun.

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