Algérie : Abdemadjid Tebboune ordonne la libération de jeunes détenus du Hirak, le jour de la fête de l'Indépendance

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Algérie : Abdemadjid Tebboune ordonne la libération de jeunes détenus du Hirak, le jour de la fête de l'Indépendance  (1)
Le président algérien, Abdemadjid Tebboune, s'adressant à la presse après avoir voté aux législatives à Alger, en Algérie, samedi 12 juin 2021.
©AP Photo
Mis à jour le
5 juillet 2021 à 18:42
par TV5MONDE avec AFP
À l'occasion du 59ème anniversaire de la fête de l'Indépendance, le 5 juillet, le président algérien, Abdemadjid Tebboune, a ordonné la libération de jeunes détenus, incarcérés pour avoir appelé ou pris part à des manifestations dans le cadre du mouvement de contestation du Hirak. Ces arrestations ont par ailleurs été dénoncées par plusieurs ONG. Le pays compte encore 300 prisonniers politiques.
Chaque année à la veille de l'anniversaire de l'Indépendance de l'Algérie (5 juillet 1962, ndlr), c'est une mesure de clémence traditionnelle. Dans un communiqué du ministère de la Justice, publié ce dimanche 4 juillet dans la soirée, le président algérien, Abdemadjid Tebboune, "a décrété des mesures d'élargissement au profit des jeunes poursuivis pénalement et se trouvant en détention pour avoir commis des faits liés à des attroupements et autres actes qui y sont liés". 
 
 

Dix-huit prisonniers ont donc été libérés dimanche soir. "L'opération se poursuit pour les autres", ajoute le communiqué, diffusé par l'agence officielle APS. Parmi eux cependant, aucune grandes figures politiques, souligne une source proche du dossier. 

Le Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD), une association de soutien au Hirak, en a recensé les noms sur son compte Facebook. 
 

Le ministère de la Justice n'a  pas précisé le nombre de détenus concernés par "les autres" libérations. Selon le CNLD, plus de 300 personnes seraient actuellement en prison en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles.
 

La majorité d'entre eux sont des jeunes arrêtés dans les semaines qui ont précédé les élections législatives du 12 juin.

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Plus de 80 ONG algériennes et internationales ont récemment interpellé le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à propos de "l'escalade répressive" des autorités algériennes et de "la criminalisation incessante des libertés fondamentales".

Processus de normalisation politique 

Lors d'un discours diffusé par les médias officiels, toujours  à la veille du 59e anniversaire de l'indépendance du pays, le président Tebboune a par ailleurs réitéré sa détermination à poursuivre le processus de normalisation politique après "le pas décisif" des récentes élections législatives, un scrutin boycotté par trois électeurs sur quatre. 

Sur le plan sécuritaire, le président algérien a mis en garde "tous ceux qui seraient tenter de s'attaquer à l'Algérie, forte par son peuple et son armée".

Le pouvoir est désormais déterminé à poursuivre la normalisation politique et institutionnelle après le séisme du Hirak, aujourd'hui affaibli par la répression et les divisions, mais en ignorant les revendications de la rue: Etat de droit, transition démocratique, souveraineté populaire, justice indépendante.

L'assemblée nationale issue des législatives -- remportées par le Front de libération nationale (FLN), au pouvoir, et des indépendants ralliés au président Tebboune -- devrait être inaugurée d'ici la fin de la semaine.

Quand au nouveau Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, un technocrate spécialiste des finances, il présentera son gouvernement dans les tout prochains jours.
 
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