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Algérie : qui est Saïd Chengriha, le nouveau chef d'état-major de l'armée ?

Le général major Saïd Chengriha lors d'une cérémonie à Alger, le 19 décembre dernier. ©AP Photo/Fateh Guidoum

Réputé proche de son prédécesseur, feu le général Ahmed Gaïd Salah, dont il a été l’un des fidèles collaborateurs, le général major Saïd Chengriha a été désigné le 23 décembre, chef d’état-major par intérim de l’Armée Nationale Populaire, par le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune. Portrait. 

A la différence de ses prédécesseurs, le nouveau patron par intérim de l’armée algérienne ne fait pas partie de l’ALN, l’Armée de libération nationale, celle qui a combattu les colons français durant la guerre d’indépendance.

Mais c’est bien la seule nuance que l’on peut relever à propos de cette nomination qui était attendue, depuis la mort dans la nuit de dimanche à lundi dernier, du général Ahmed Gaïd Salah, inamovible chef d’état-major de l’armée, et gardien du « système » au pouvoir à Alger.

Le nouveau président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors d'une cérémonie à Alger, le 19 décembre dernier. 
Le nouveau président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors d'une cérémonie à Alger, le 19 décembre dernier. 
© AP Photo/Toufik Doudou

D’ailleurs, ce choix rapide du tout nouveau président de la République Abdelmadjid Tebboune, pourrait ne rien changer à la situation politique actuelle, marquée par un soulèvement populaire qui dure depuis février dernier. Pour preuve, la proximité entre Saïd Chengriha et feu le général Salah, dont il était un proche collaborateur. 

Reste à savoir s’il maintiendra la ligne dure de son prédécesseur vis-à-vis de la mobilisation populaire, le "Hirak". Il est vrai que Saïd Chengriha est un pur produit du pouvoir militaire algérien.

Parcours militaire

Selon des informations relayées par le site d'information Menadéfense, spécialisé sur les questions de sécurité et de défense, Saïd Chengriha naît le 1er août 1945 à El Kantara, dans le sud-ouest des Aurès, fameuse région montagneuse du nord-est algérien.

Durant les années 70, il reçoit une formation d’officier de blindés et suit le cours d’état-major de l’académie russe de Vorochilov, dans l’ancienne Union soviétique.

Vingt ans plus tard, en 1993, il devient lieutenant-colonel et chef d’état-major de la 1e division blindée, installée à Bouira, à une centaine de kilomètres environ au sud-est d’Alger.

Etudiants qui manifestent à Alger, le 24 décembre dernier. 
Etudiants qui manifestent à Alger, le 24 décembre dernier. 
© AP Photo/Toufik Doudou

Colonel puis général

Durant ces années de braise, Saïd Chengriha dirige un poste avancé à Lakhdaria, dans le secteur opérationnel de Bouira, où la lutte anti-terroriste bat son plein.

Devenu colonel, puis général, en 1995, il est nommé à la tête des secteurs opérationnels de Sidi-Bel-Abbès et de l’ouest algérois. Un peu moins d’une décennie plus tard, en 2004, il devient général major et est promu à la tête de la 3e région militaire, à Béchar, au sud-ouest d’Alger. A ce poste, il a notamment en charge la sécurisation de la région de Tindouf, la lutte contre la contrebande et surtout les groupes terroristes le long de la frontière ouest du pays.

Depuis septembre 2018, Saïd Chengriha occupait le poste très stratégique de commandant des forces terrestres de l’Armée Nationale Populaire. Il a succédé au général major Lahcene Taffer, limogé à la suite de ce que le site Menadéfense a appelé la « purge », au sein de l’armée algérienne. 

Un parcours classique

Au cours des trois dernières années, la haute hiérarchie militaire algérienne a, en effet, connu des changements sans précédent. De nombreux généraux ont été limogés, mis à la retraite ou même placés en détention, pour des faits de corruption et d’enrichissement illicite.

Pour autant, cette grande muette reste le pilier du pouvoir algérien. En prenant la tête des forces terrestres de l’ANP en 2018, comme son prédécesseur Ahmed Gaïd Salah, le général major Saïd Chengriha devenait de facto le numéro deux de cette institution.

Feu le général Ahmed Gaïd Salah, ancien chef d'état-major de l'armée algérienne. 
Feu le général Ahmed Gaïd Salah, ancien chef d'état-major de l'armée algérienne. 
© AP Photo/Fateh Guidoum

Sa désignation aujourd'hui comme chef d’état-major par intérim, correspond au parcours classique de tous ses prédécesseurs. Et comme ces derniers d’ailleurs, il a largement dépassé l’âge de la retraite. Le statut général des personnels militaires prévoit une retraite à 64 ans pour les généraux de corps d’armée, et à 60 ans pour les généraux majors.

Mais depuis 2006, un article de loi dispose qu’une dérogation peut être accordée par le président de la République « aux officiers généraux et supérieurs occupant de hautes fonctions de la hiérarchie militaire. » A 74 ans, Saïd Chengriha a donc pris ses fonctions de chef d'état-major, dès le lundi 23 décembre, par intérim. 

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