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Au Cameroun, lever de rideau du festival de cinéma "Ecrans Noirs"

Lors de la remise des prix au Festival des Ecrans Noirs de Yaoundé (Cameroun) en 2018.  ©Ecrans Noirs

Le festival Ecrans Noirs, l’un des principaux festivals de cinéma en Afrique, a ouvert ses portes ce week-end, à Yaoundé, au Cameroun. Jusqu’au 20 juillet prochain, le public comme les professionnels du 7ème Art pourront voir de nombreux films, débattre et participer au marché du cinéma africain.

 

Il y avait foule samedi dernier au Palais des Congrès de Yaoundé, la capitale politique camerounaise, pour la cérémonie d’ouverture de la 23ème édition du festival Ecrans Noirs. Aux côtés des professionnels du cinéma et des autorités gouvernementales et consulaires, le public est venu nombreux, comme à l’accoutumée.

Hommage à S. Pierre Yaméogo et Didier Ndenga

Diffusée en direct à la CRTV, la chaîne de télévision nationale, cette cérémonie s’est notamment ouverte par une présentation au public de l’ensemble du jury ; puis, un hommage à tous ceux qui sont décédés cette année. Parmi eux, les cinéastes Burkinabé S. Pierre Yaméogo ou encore le Congolais Didier Ndenga - réalisateur de la série « River Hotel » , diffusée sur TV5MONDE.

Dans son discours d’ouverture, le grand cinéaste camerounais Bassek Ba Kobhi, délégué général et fondateur du festival, a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’accueillir toutes ces sommités du cinéma africain, venues célébrer le cinéma dans sa plus large définition.»

Feu le cinéaste burkinabé S. Pierre Yameogo.
Feu le cinéaste burkinabé S. Pierre Yameogo.
© D.R.

En avant-première et après sa diffusion en mars dernier au FESPACO, où il a obtenu le Prix Sembène Ousmane, les spectateurs ont pu voir « Les armes miraculeuses » du réalisateur camerounais Jean-Pierre Bekolo. Un film dont l’auteur dit qu’il est une adaptation du célèbre recueil de poèmes du chantre de la Négritude, Aimé Césaire.

« Nous sommes en pleine Négritude, précise Jean-Pierre Bekolo, mouvement littéraire et politique qu’on se contente d’étudier comme phénomène historique, alors qu’il aurait dû faire des petits dans différents domaines de la création. L’idée qu’il faudrait se servir des armes de l’oppresseur pour se libérer est une idée folle. C’est en cela que la Négritude est intéressante pour le cinéma. Ici, c’est la langue française dont le condamné à mort se sert pour se libérer. »

Au Cameroun, le cinéma en mal de soutien

Comme à chaque édition, les spectateurs, petits et grands, auront un vaste choix de films à voir soit au village du festival, situé au Palais des sports de Yaoundé, soit dans différentes salles telles que l’Institut Goethe, la Fondation Tandeng Muna ou encore la salle Sita Bella. Parmi les films à découvrir, quelques longs métrages camerounais qui sont également en compétition. Malgré des budgets souvent limités, la réalisation de ces films reste séduisante.

Au Cameroun, le système de production et de distribution cinématographique n’est pas toujours soutenu par les pouvoirs publics. Malgré ce lourd handicap, les cinéastes continuent de faire des films, dont certains laissent entrevoir une grande créativité. L’on peut ainsi découvrir « Lone girl » du très prometteur Didi Lobé, ou encore « Trauma » de la jeune comédienne et réalisatrice Cynthia Ngono.

« Promouvoir le cinéma africain et le cinéma étranger sur l’Afrique et le monde Noir, en les faisant connaître et aimer par la diffusion de films et la valorisation des métiers connexes qui les entourent. » Tel est l’un des principaux objectifs du festival Ecrans Noirs, porté par l’association éponyme, créée en 1997 par le grand cinéaste camerounais Bassek Ba Kobhio.

Depuis 2008 cet événement s'est transformé en un festival compétitif, qui met en exergue de nombreux prix, ainsi que des talents. Il est devenu le rendez-vous incontournable du 7ème art en Afrique centrale.

En dépit des difficultés, innombrables, auxquelles les cinémas africains sont confrontés, Bassek Ba Kobhio et ses équipes continuent de tout faire afin de favoriser les rencontres entre professionnels, encourager et récompenser les personnalités les plus méritantes du secteur, tout en développant les échanges avec le public.

Les créations cinématographiques africaines en débat

Au cœur du festival cette année, un colloque international consacré à : « La création cinématographique africaine : Essence(s), mémoire, contemporanéité et avenir. » Dans un contexte planétaire marqué par la mondialisation et l’un de ses corollaires, l’uniformisation des créations et des productions artistiques, il s’agira de revenir aux fondements, aux sources des créations cinématographiques africaines.

Et ici, le pluriel doit être de mise, tant il est important de rappeler que l’Afrique est un continent immense, aux contrastes multiples, y compris parfois à l’intérieur d’un même pays. Ainsi par exemple entre l’ouest et l’est de la République Démocratique du Congo, où les fuseaux horaires sont différents, tout comme les langues nationales et les cultures locales. Toutefois, il est important de préciser que ces préoccupations autour des cinématographies africaines ne sont pas nouvelles. Elle se posaient déjà dans les années 60, notamment à travers le cinéma engagé de l’époque.

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