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Bénin : à Tchaourou et Savè, la semaine où le centre s'est enflammé

Selon des habitans de Tchaourou, les militaires ont tiré à balles réelles. © TV5MONDE

Le calme est revenu dans le centre du Bénin après cinq jours de violences. Des discussions "informelles" sont en cours entre les différents acteurs. Les affrontements auraient fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. Ils sont liés à la crise née des élections législatives du 28 avril dernier.

Une mission de pacification”. L’un des médiateurs envoyés à Tchaourou qualifie ainsi sur RFI son travail dans la ville du centre du pays. Depuis leur arrivée samedi, les trois personnalités ont rencontré les différents acteurs des violences de la semaine dernière. Rien n'est encore ressorti de ces échanges mais sur le terrain le calme est revenu même si, citée par l'AFP, une habitante de Savès affirme que l'armée est partout et que la ville vit "dans la peur". Un policier reconnaît d'ailleurs que les forces de sécurité sont là pour un moment.

A l’origine des affrontements, l’arrestation de trois personnes le dimanche 9 juin. Deux sont rapidement libérées mais la troisième est maintenue en détention. On lui reproche d’avoir été l’un des organisateurs, à Tchaourou, des violences post-élections législatives fin avril. “Une arrestation arbitraire”, estiment des habitants de la ville.

(Re)voir : Au Bénin, boycott massif des électeurs pour des législatives sans l'opposition

"Séquestré"

Située dans le centre du Bénin, Tchaourou est la ville d’origine de Thomas Boni Yayi. Depuis début mai, l’ancien président est retranché dans son domicile de Cotonou, encerclé par la police. “Séquestré”, disent ses avocats et ses partisans. 
Lors des élections du 28 avril, dont l’opposition avait été exclue en vertu d’une nouvelle loi électorale, il avait appelé à la suspension du processus, évoquant un “coup d’Etat électoral”. Au lendemain du vote, des manifestations éclataient, faisant au moins quatre morts selon Amnesty International. Trois semaines plus tard, le président Patrice Talon lançait un appel au dialogue, resté sans suite pour l’instant.

Dès lundi, des manifestants bloquent la route nationale qui monte vers Parakou, une artère importante pour l’économie béninoise. Des maisons sont également incendiées. Policiers et militaires sont déployés. Des heurts éclatent. Les bilans sont contradictoires. Dans la seule ville de Tchaourou, il y aurait au moins six morts selon Emmanuelle Sodji, correspondante au Bénin de TV5MONDE et France 24.


© TV5MONDE

Jeudi, c’est une autre ville, entre Cotonou et Tchaourou, qui s’embrase : Savè. Voyant des troupes monter vers Tchaourou, les habitants de la ville bloquent leur passage. Entre vendredi et samedi matin, les affrontements à Savè feront quatre morts, selon notre consoeur.
La police reconnaît avoir tué “des assaillants” à Tchaourou et Savè. Elle dénombre aussi une cinquantaine de blessés dans ses rangs.

► (Re)voir : Au Bénin : affrontements à Savé, le calme de retour à Tchaourou 

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Si ce n’est le bilan côté forces de sécurité, le pouvoir béninois n’a pas commenté publiquement les événements de la semaine dernière. L’opposition est quant à elle vent debout. Le PLP, proche de l’ancien président Boni Yayi “dénonce un pouvoir impopulaire aux abois qui donne des ordres délirants (...) et appelle à la démission immédiate de Patrice Talon”. Côté société civile, le réseau Réseau Ouest Africain pour l’Edification de la Paix au Bénin (WANEP-Bénin) “s’inquiète du niveau de violence qui caractérise désormais les manifestations et les répressions depuis le 28 avril 2019” et s’alarme du “risque, de plus en plus accru, de régionalisation de la crise que vit le Bénin” et internationale sur le risque, de plus en plus accru, de régionalisation de la crise que vit le Bénin".

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