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CAN 2019-2021-2023 : Le grand CAFouillage

La décision de retirer l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun ne cesse de produire des réactions en chaîne sur cette édition et les tournois suivants. Loin de calmer la tempête, la communication de la Confédération africaine de football a plutôt tendance à l'aggraver, entre contradictions et sensation d'improvisation.

Le 30 novembre dernier, le comité exécutif de la CAF, réuni à Accra, annonçait le retrait de l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun. Cette décision, justifiée par le retard pris par les Camerounais en vue de cette première édition à 24 équipes, allait être lourde de conséquences. Qui pour prendre le relais du Cameroun au mois de juin prochain ? Quelles implications sur les éditions suivantes, attribuées à la Côte d'Ivoire (2021) et à la Guinée (2023) ? Loin d'apporter des réponses claires, les prises de position de l'instance panafricaine ont eu tendance à épaissir le mystère.

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Il est faux de dire que le retrait de l'organisation de l'édition 2019 au Cameroun fut une surprise. Annoncée depuis des semaines voire des mois, la décision ne donne pourtant pas l'impression aujourd'hui d'avoir été préparée en amont. La Confédération africaine de football a lancé un nouvel appel à candidatures pour accueillir cette première CAN à 24 participants. Donné grand favori, le Maroc a surpris en déclarant par la voix de son ministre des Sports, Rachid Talbi El Alami, qu'il ne serait pas candidat, engagé qu'il est déjà dans l'organisation des prochains Jeux Africains, programmés du 23 août au 23 septembre 2019. Si l'annonce a surpris jusqu'à la Fédération marocaine, le fait est que le Royaume chérifien ne déposera pas de dossier. On a appris jeudi que ce serait en revanche le cas de l'Egypte, qui avait dans un premier temps écarté cette possibilité, afin de ne pas "concurrencer un autre pays arabe." Mais c'était avant la non-candidature marocaine... Toujours jeudi, une autre fumée blanche est apparue dans le ciel d'Afrique du Sud. Habituée à jouer les pompiers de service, la nation arc-en-ciel aurait également postulé. Le pays a tous les atouts infrastructurels nécessaires pour accueillir un tel événement, mais sa situation financière tendue et la complexité du processus de validation (avec un passage obligé devant le Parlement) pourrait compliquer les choses. On passera plus rapidement sur la candidature du Congo, annoncée un peu hâtivement par le vice-président de la CAF, Constant Omari, puis démentie par Brazzaville.

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Ce dernier couac n'est pas le seul à avoir émaillé la séquence ouverte par le comité exécutif d'Accra. L'improvisation paraît régner au sommet de la Confédération, tant les déclarations à l'emporte-pièce et les décisions à la hussarde font office de ligne de conduite. Le Cameroun ne sera pas prêt pour juin 2019 ? "Qu'à cela ne tienne, semble dire la CAF. Donnons lui deux ans de plus pour se préparer, et faisons de même pour la Côte d'Ivoire, qui ne sera pas davantage prête dans le délai imparti." Cette théorie du "glissement" a été explicitée à plusieurs reprises par nul autre que le président Ahmad. Elle justifie au passage que la CAF n'ait pas appliqué son règlement au Cameroun, au grand dam des Comores, qui espéraient bien que ce soit le cas de l'article 92 (avec une suspension pour la prochaine CAN au cas où son pays-hôte présumé défaille ou se voit retirer l'organisation). "C’est une entorse aux règlements. Mais nous ne pouvons pas faire autrement. On est dans une phase très compliquée... Comment pourrait-on laisser tomber le Cameroun et le sanctionner par rapport aux investissements qui ont été consentis ?", déclarait cette semaine Ahmad à RFI. Pour le dirigeant, ce "glissement" des éditions à venir représente une manière pragmatique de résoudre une équation compliquée. Et de conclure, sans illusion au sujet de l'avancement des travaux en Côte d'Ivoire, eu égard aux exigences du nouveau cahier des charges : "Comment voulez-vous construire cinq stades en deux ans ? Il y a certaines villes censées abriter la CAN où il n’y a rien, pas d’hôtels notamment. Ces gens font croire à leurs chefs qu’un village comme celui qui a accueilli les athlètes des Jeux de la Francophonie peut être utilisé avec la CAF. Non, car le football, c’est autre chose."

... La Côte d'Ivoire contre-attaque


Problème : au contraire de Yaoundé, Abidjan ne l'entend pas de cette oreille. S’estimant mise devant le fait accompli, la Fédération ivoirienne de football (FIF) a annoncé jeudi avoir saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) d’un recours contre ce "glissement" calendaire voulu par la Confédération africaine de football. "Les préparatifs et travaux nécessités par l’organisation de cette grande compétition, particulièrement importante pour tout le football ivoirien et pour toute la Côte d’Ivoire constituent un investissement économique, financier et humain conséquent. Toutes les énergies ont été et restent mobilisées afin de faire de cet événement une fête continentale en Côte d’Ivoire. (…) La FIF a été surprise d’apprendre que le président de la CAF a décidé de sa seule autorité, et sans aucune concertation préalable avec elle, de réattribuer au Cameroun l’organisation de l’édition 2021 confiée jusque là à la Côte d’Ivoire", indique un communiqué de la FIF, conclu par l’annonce de la saisine du TAS. Ce recours a de quoi être pris au sérieux. La théorie du "glissement" ne semble pas faire l'unanimité au sein même des organes dirigeants de la CAF. Musa Bility, un des membres du comité exécutif, assure que ce dernier n'a jamais décidé de confier la CAN 2021 au Cameroun et la CAN 2023 à la Côte d’Ivoire, lors de sa réunion à Accra. "On a pris la décision pour le Cameroun à six mois de la compétition, on ne peut pas décider deux ans avant pour la Côte d’Ivoire, a affirmé le Libérien au micro de la Radio télévision ivoirienne (RTI). Notre position aujourd’hui est très claire : le pays-hôte pour 2021, c’est la Côte d’Ivoire et la Guinée pour 2023. Tout autre chose qui a été dite n’implique pas le comité exécutif." Cette cacophonie fait sacrément désordre et va à l'encontre de toutes les promesses de bonne gouvernance faites par Ahmad au moment de son accession à la présidence de la CAF.

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