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CAN 2019 : ce qu'il faut retenir de cette première édition à 24 équipes

La CAN 2019 s'est achevée vendredi par le succès de l'Algérie, qui s'est adjugé le deuxième titre continental de son histoire. Au-delà du triomphe des Fennecs de Djamel Belmadi, que retenir de cette 32eme édition, la première à rassembler 24 équipes ? Eléments de réponse.

L'Algérie, nouveau roi d'Afrique


Au pays des Pharaons, le football africain s'est trouvé un nouveau roi. L'Algérie a remporté la 32eme édition de la Coupe d'Afrique des Nations grâce à une victoire étriquée (1-0) face au Sénégal en finale, au Caire. Les Fennecs retrouvent les sommets du football continental 29 ans après leur première victoire dans cette compétition, en 1990. La fin d'une longue attente pour des millions de supporters à travers le monde. Et l'impression unanimement partagée que la meilleure des 24 équipes engagées a gagné. Arrivé en poste il y a un an à peine, Djamel Belmadi peut savourer. Tous ses choix humains comme tactiques se sont avérés payants. Ancien capitaine de l'équipe nationale, devenu un entraîneur coté au Qatar, le natif de Champigny-sur-Marne a réussi la synthèse entre toutes les composantes du football algérien, avec ses joueurs locaux et ses binationaux. Sous sa conduite, les individualités algériennes se sont remises au service d'un collectif sans faille. Brillante quand elle dominait son adversaire, solidaire quand elle était en difficulté, comme en quarts de finale contre la Côte d'Ivoire, avec une qualification décrochée aux tirs au but, l'Algérie de Belmadi a déjoué tous les pièges jusqu'au sacre final. Avec 13 buts marqués (dont 6 en phases de groupe et 7 dans les éliminations directes), elle termine meilleure attaque du tournoi et partage avec le Sénégal le titre de meilleure défense, avec deux buts encaissés en 7 matchs.

Le Sénégal passe encore à côté


Pour les Lions de la Teranga, il s'agit d'une nouvelle déception, après l'échec de la CAN 2017 (défaite en quarts de finale face au Cameroun) et la frustration née de l'élimination au premier tour du Mondial 2018. Qu'a-t-il manqué aux Lions de la Teranga ? Un peu de justesse technique quand l'équipe devait faire le jeu, un peu de force mentale quand survint le coup du sort qui allait s'avérer fatal, en finale. Quant à la star Sadio Mané, si le joueur de Liverpool a réussi un tournoi présentable sur le plan statistique, il n'a pas toujours été le leader attendu. Ah, ce coup franc mal tiré dans les dernières secondes de la finale... Plus équilibré mais sans doute moins spectaculaire que celle de 2017, l'équipe dirigée par Aliou Cissé devra sur le métier remettre son ouvrage. Sa moyenne d'âge l'autorise à persévérer, même si le Sénégal est devenu la première équipe à disputer quinze phases finale sans en gagner une seule. Egalement très réguliers au haut niveau, le Nigeria et la Tunisie ont complété le dernier carré, sans toujours nous subjuguer par la qualité de leur jeu. Les Aigles de Carthage auraient toutefois pu espérer mieux si la faiblesse de ses gardiens de but ne l'avaient pas plombée, tandis que les Super Eagles ont su optimiser les qualités de finisseur d'Odion Ighalo, meilleur buteur de la CAN avec cinq réalisations et qui a annoncé sa retraite internationale. Au rang des déceptions, les plus fortes furent l'Egypte, éliminée dès les huitièmes de finale par une Afrique du Sud épatante sur ce match, le Maroc, qui subit le même sort après avoir également remporté ses trois matchs de poule, et le Cameroun, parti dans tous les sens après un premier match correct. Ces trois grands d'Afrique (13 CAN à eux trois) ont tous changé de sélectionneur depuis.

Madagascar, l'Ouganda, le Bénin, les belles surprises


Cela fait le charme des compétitions internationales en général, et de la Coupe d’Afrique en particulier : des équipes inattendues surprennent toujours agréablement, au point de changer de statut aux yeux des observateurs. Cette année, ce jeu du chamboule-tout est incarné en premier lieu par Madagascar et l’Ouganda. Avec sept points, les Barea ont pris la première place du groupe B, avec une première victoire historique, face au Burundi (1-0) puis une seconde, en forme de leçon de football donnée à un Nigeria ce jour-là dépassé (2-0). Alerte et vertical, le jeu malgache a charmé les observateurs, et piégé la RDC en huitièmes de finale avant de subir la loi de la Tunisie en quarts (3-0). L'Ouganda de Sébastien Desabre, parti après la CAN coacher le club égyptien de Pyramids FC, a commencé par cueillir à froid une RDC à côté de ses pompes (2-0) puis à offrir un match très accroché face au Zimbabwe (1-1). L'Egypte a ensuite battu contre le cours du jeu (2-0) ces Cranes (Grues), dont la sortie en huitièmes de finale face au futur finaliste sénégalais n'eut rien de déshonorant. On ajoutera à ce tableau d'honneur le Bénin, éliminé en quarts de finale par le Sénégal (1-0). Avant de céder face aux futurs finalistes, les Ecureuils avaient réussi le meilleur parcours de leur histoire, avec pour point d'orgue un succès historique sur le Maroc (1-0), en huitièmes de finale.

Un niveau homogène, de bonnes conditions de jeu


L’élargissement du plateau à 24 équipes n’a pas provoqué le nivellement par le bas redouté par certains oracles. La maturité tactique était à la hausse, le niveau d'ensemble toujours plus homogène. D'où le faible nombre de scores fleuves, et la rareté des scénarios renversants (à l'exception notable de Cameroun-Nigeria en huitièmes de finale). Avec 102 buts en 52 rencontres, soit 1,96 but par match, la moyenne est en baisse. Après un départ prometteur, la cadence se réduisit à partir de la troisième journée des poules et la course aux places de meilleurs troisièmes. Mais les intentions de jeu sont restées plutôt positives tout au long de la compétition. L’une des clés de cet état d’esprit réside peut-être dans la qualité d’ensemble des pelouses, nettement supérieures au standard habituel de la compétition africaine. Confrontée par ailleurs au défi de la sécurité, le pays organisateur n’en a pas pour autant négligé le terrain lui-même. C’est une excellente nouvelle pour le spectacle, parfois freiné par la grande chaleur, en particulier lors des matchs programmés en plein après-midi, par des températures parfois supérieures à 40 degrés. Dommage enfin que la compétition se soit achevée sur deux finales indigestes, où un but précoce suffit à ses auteurs pour l'emporter.

Des stades désespérément clairsemés


Si l'Egypte a su relever le défi d'une CAN à 24 équipes organisée en quelques mois, la question de la fréquentation n'a pas été résolue. A l’exception notable des matchs des Pharaons, les rencontres de cette CAN 2019 n’ont guère attiré les foules, jusqu'à la finale qui vit les supporters de l'Algérie se mobiliser, tant dans le pays que dans la diaspora européenne et nord-américaine. Si la Tunisie et le Maroc étaient également parvenues à drainer un nombre respectable de supporters, les équipes d’Afrique subsaharienne ont évolué devant un petit carré de fidèles. Le prix, jugé excessif, des places, l’éloignement de l’Egypte, le coût du transport et de l’hébergement voire les complications pour voyager (visas, etc.) expliquent ces maigres chambrées dans des enceintes de grande capacité (de 18.000 à 75.000 places). « Nous ne pouvons pas ouvrir les stades de manière aléatoire », s’était justifié le président du COCAN, Hany Abo Rida. D'édition en édition, le remplissage des tribunes demeure le problème récurrent de la Coupe d'Afrique des Nations.

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