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CAN 2019 : Le triple défi de l'Egypte

Désigné pays organisateur de la CAN 2019 en remplacement du Cameroun, l'Egypte n'a eu que six mois pour se préparer à accueillir cette première édition à 24 équipes. Dans un contexte tendu, cette phase finale représente un triple défi pour le pays : sécuritaire, populaire et sportif.

L'Egypte accueillera jusqu'au 19 juillet prochain la CAN 2019. Pour cette première édition à 24 équipes, le pays n'a été désigné qu'au mois de décembre dernier, après le dessaisissement du Cameroun, écarté en raison du retard dans la préparation des infrastructures et de la situation sécuritaire. Le défi est de taille, même pour une nation touristique habituée à accueillir d'importants flux de population sur son sol. Si la question des stades a rapidement été réglée, l'Egypte étant bien pourvue en enceintes modernes, celle de la sécurité continue de se poser. Les soubresauts de la chute du régime Moubarak continuent d'agiter le pays. La mort brutale de l'ancien président Mohamed Morsi, destitué par l'armée en 2013, s'est greffée sur ce contexte déjà tendu. Des attentats ont visé ces derniers mois des touristes étrangers et la communauté copte orthodoxe. En réponse, l'ex-maréchal Abdel Fattah al-Sissi, élu président en 2014, mène une répression sans pitié contre l'extrémisme islamiste (une insurrection menée par une branche locale du groupe Etat islamique continue de déstabiliser une partie du Sinaï, dans l'est du pays) mais aussi contre toute forme d'opposition.

La grogne des supporters


Malgré cette tension palpable, les autorités du pays ne cessent de clamer que tout se passera bien le jour J. "Il n'y a pas de crise dans la Coupe d'Afrique des Nations 2019", déclarait en février le ministre égyptien des Sports, Ashraf Sobhi. Les critiques ne manquent pourtant pas dans le pays. L'annonce des prix des billets, fin avril, a suscité la fronde des supporters. Les tarifs pour les matchs des Pharaons sont jugés trop élevés dans un contexte de crise économique. Cette grogne a contraint les organisateurs à réduire le prix des billets pour les matchs de l'Egypte à 150 livres (8 euros) au lieu de 200 livres. Quant à la réservation, elle est uniquement possible en ligne, et favorise les personnes dotées d'un accès Internet, ce qui est loin d'être le cas de la majorité des Egyptiens. Les modalités de la diffusion des matchs à la télévision n'ont rien fait pour calmer ce mécontentement. Les autorités égyptiennes, qui comptaient sur une diffusion à la télévision publique par satellite Nilesat, ont vu leurs plans contrariés en raison des droits qui sont détenus par la chaîne qatarie BeIN Sports. En tant que pays hôte, l'Egypte peut recevoir les images, mais celles-ci ne pourront être diffusées que sur le réseau hertzien, ce qui implique l'achat d'antennes adéquates. Une opération coûteuse dans un pays privilégiant la diffusion satellitaire.

L'idole revient au pays


Ces doutes sur la réussite de l'épreuve seront plus facilement balayés en cas de bons résultats des Pharaons. Quel visage ces derniers montreront-ils durant cette CAN ? Celui, timoré et sans imagination, affiché lors du Mondial 2018 ? Ou bien celui, plus conquérant, qu'elle offre souvent en Coupe d'Afrique, une épreuve qu'elle a remporté à sept reprises, dont trois à domicile ? Pour donner un souffle nouveau à son équipe nationale, la Fédération égyptienne a décidé d'en confier les rênes à un nouveau sélectionneur. Exit l'Argentin Hector Cuper et ses schémas tactiques ultra-défensifs, place au Mexicain Javier Aguirre. Sous sa conduite, Mohamed Salah dispose de davantage de liberté sur le front de l'attaque, quand l'attaquant de Liverpool était plutôt cantonné sur le côté droit par son prédécesseur. Pour la star de Premier League comme pour huit de ses coéquipiers expatriés (en Angleterre comme lui, au Portugal, en Grèce ou en Turquie), cette CAN 2019 sera l'occasion d'un retour au pays. L'idole et ses coéquipiers devront se montrer à la hauteur des attentes d'un public d'autant plus fervent qu'il a été privé de stade des années durant, quand le championnat se disputait à huis clos. Cette forte pression va-t-elle les porter ou les inhiber ? Début de réponse ce vendredi (22h) avec le match d'ouverture Egypte-Zimbabwe.

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