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CAN 2019 : L'organisation retirée au Cameroun, et maintenant ?

La Confédération africaine de football a décidé de retirer l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun, jugé insuffisamment prêt pour accueillir l'épreuve dans des conditions satisfaisantes l'été prochain. Comment en est-on arrivé là ? Que va-t-il se passer maintenant ? Eléments de réponse.

Pour le Cameroun, la sanction est tombée ce vendredi 30 novembre 2018. Réunie à Accra en comité exécutif, la Confédération africaine de football annonce sa décision de retirer au pays des Lions Indomptables l'organisation de la CAN 2019. Après l’examen du compte-rendu des deux dernières visites d’inspection, consacrées à la sécurité et aux infrastructures, l’instance panafricaine a tranché. Dans un long communiqué, la CAF justifie ce choix « sans appel », effectué en raison de « l’écart existant entre les exigences et obligations du cahier des charges de la CAN et la réalité du terrain ». A un peu plus de six mois du coup d'envoi programmé de l'épreuve, le Cameroun demeure donc trop loin du compte, « un événement de la dimension d’une Coupe d’Afrique des Nations [exigeant] une organisation irréprochable. » Pour la première CAN de sa présidence, Ahmad ne veut prendre le moindre risque. « Je serai intransigeant sur le standard de la CAN, avait martelé le président de la CAF après le changement de formule de l'épreuve, et le passage de 16 à 24 équipes qualifiées, en juillet 2017 à l'occasion du symposium de Skhirat, au Maroc. Soit le pays y répond, soit il ne l’organise pas. » Le Malgache a tenu parole.

Comment en est-on arrivé là ?


Pour le Cameroun, la pilule est difficile à avaler. Exprimant la « consternation » de son gouvernement, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, estime que la décision de la CAF « ne rend assurément justice ni aux investissements colossaux consentis par notre pays (...), ni à l’engagement déterminé du Chef de l’État et au Peuple camerounais à déployer les efforts nécessaires pour abriter en 2019, une fête éclatante du football africain. » Avec le recul, comment ne pas voir dans ce retrait de l'organisation un dénouement logique ? Désigné en septembre 2014 pour accueillir une CAN à 16 équipes, le Cameroun a vu la CAF modifier les termes du contrat au mois de juillet 2017, avec le passage à une phase finale à 24 équipes. Mis alors devant le fait accompli, le Cameroun accepte pourtant sans broncher un procédé juridiquement contestable, peut-être rassuré par le changement de calendrier, avec un déplacement du tournoi de janvier à juin. « Une CAN à 24 ne menace aucunement l’organisation camerounaise. Nous serons prêts », déclarait Tombi a Roko, alors président de la Fécafoot et porteur de la parole officielle de son pays au lendemain du changement de format. Le Cameroun paye aujourd'hui cette attitude à la fois docile et orgueilleuse.

Que va-t-il se passer maintenant ?


Un « appel urgent à de nouvelles candidatures de pays » va prochainement être ouvert, « afin d’assurer le déroulement normal de la CAN aux lieux et places calendaires prévus en été 2019 ». Un cabinet indépendant sera chargé d’évaluer les candidatures. La prochaine phase finale doit se disputer du 15 juin au 13 juillet 2019. Auditer d’éventuels candidats suppose du temps, et il en reste peu à la CAF, qui ne peut se permettre un nouveau cafouillage. Aucun pays ne s’est encore officiellement mis sur les rangs, mais ils ne sont pas légion sur le continent à pouvoir répondre dans l'urgence à un si exigeant cahier des charges. Un membre de la Fédération égyptienne, cité par l’AFP, estime qu’il existe « un consensus pour que le Maroc accueille la compétition. » Interrogé à ce sujet, le sélectionneur des Lions de l’Atlas, Hervé Renard, a jugé le pays prêt à accueillir l’épreuve. Le royaume chérifien est aujourd'hui l’un des seuls plans B crédibles de la CAF, au même titre que l’Afrique du Sud et l’Egypte. Mais, pour des raisons budgétaires, ces deux derniers ne sont a priori pas très chauds pour jouer les pompiers de service.

Quid des Lions Indomptables et des CAN suivantes ?


Comment trancher en défaveur de l'un de ses membres sans paraître s'acharner sur lui ? Tel est le difficile exercice d'équilibriste de la Confédération africaine avec le Cameroun. Dans le communiqué publié après sa décision, l’instance prend bien soin de ménager au Cameroun une porte de sortie, alors qu’une application stricte de son règlement lui aurait permis de lui infliger une suspension de deux ans. « Dans une telle situation, déjà vécue par le passé sur le continent africain, la CAF entend préciser que le Cameroun reste un candidat sérieux à l’organisation d’une CAN », écrit la CAF, qui « salue les efforts du Cameroun pour la conduite des projets infrastructurels en cours. Elle l’encourage à poursuivre dans cette voie pour une reconquête de son statut d’organisateur. » Si on lit entre les lignes, un scénario pourrait se dessiner : trop en retard pour accueillir la CAN 2019, le Cameroun se verrait attribuer l’édition suivante (2021), pour laquelle la Côte d’Ivoire est également loin d'être en avance. Reste maintenant à faire accepter cette nouvelle donne par les pays concernés. Pas le match le plus simple à gagner.