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CAN 2019 : A quoi joue la CAF avec le Cameroun ?

Réunie ce week-end, la Confédération africaine de football a fait le point sur le dossier de la CAN 2019. Pointant un « retard important » du Cameroun, l’organisation annonce une décision pour la fin novembre. Mardi, le président Ahmad, en visite express à Yaoundé, déclare pourtant que la CAF n’avait jamais envisagé de retirer l’organisation de l’épreuve au Cameroun. Alors, que faut-il comprendre ?

La Confédération africaine de football alterne le chaud et le froid quant à la tenue de la CAN 2019 au Cameroun. Réuni le week-end dernier dans la station balnéaire égyptienne de Charm el Cheikh, le comité exécutif de l'organisation panafricaine a planché sur ce dossier brûlant. Si aucune décision n'a été prise, si ce n'est quant aux dates de l'épreuve (celle-ci se tiendra du 15 juin au 13 juillet 2019), le message diffusé par la Confédération n'est pas de nature à susciter l'optimisme au pays des Lions Indomptables. Dans un communiqué, l'instance pointe un « retard important dans la réalisation des infrastructures » et annonce pour la « fin novembre » une décision quant à la tenue du tournoi au Cameroun. Auparavant, une commission mixte CAF et FIFA se rendra au Cameroun en octobre pour étudier les questions de sécurité. Puis, aura lieu une dernière visite d’inspection conjointe du cabinet d’audit Roland Berger et de la CAF, à l'issue de laquelle cette dernière tranchera donc.

La volte-face d’Ahmad

Selon ces décisions, le Cameroun aurait donc de quoi sérieusement s’inquiéter. Et pourtant… Mardi, en visite express à Yaoundé, Ahmad a effectué une mise au point à propos de la tenue de la CAN 2019 dans le pays. A la sortie d’un entretien avec le président Paul Biya, en campagne pour sa réélection, le dirigeant malgache s’est voulu apaisant. « Je remercie Samuel Eto’o, qui a organisé cette visite, pour enlever toutes les supputations. La CAF n’a pas de plan B, la CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN au Cameroun, a indiqué Ahmad. (…) C’est au Cameroun de nous dire demain ‘On est prêts’ ou ‘Ah non, on n’est pas prêts, donnez nous le temps’ » Dans la foulée, le chef de l’Etat camerounais répondait déjà par l’affirmative, dans un message posté sur son compte Twitter : « Comme je l’ai dit … le Cameroun sera prêt le jour dit. » Mais sera-ce vraiment le cas ?

 

Un cahier des charges corsé

Désigné en 2014 pour organiser une phase finale à seize équipes, le Cameroun met les bouchées doubles depuis que la Confédération a choisi l’an dernier de porter le nombre de participants à vingt-quatre, augmentant du même coup les impératifs de son cahier des charges, avec notamment six stades à livrer au lieu de quatre. Le Cameroun a-t-il aujourd’hui les reins assez solides pour satisfaire ces exigences ? Le comité de normalisation qui gère actuellement la Fécafoot (Fédération camerounaise de football) se veut rassurant. « Beaucoup a été fait (…) et le retard va être rattrapé », a assuré Dieudonné Happi, son président, dimanche dans un entretien avec l’AFP. Droit dans ses bottes, le patron intérimaire du football camerounais conclut en prenant date : « Le Cameroun sera prêt au plus tard au 31 décembre. » Si cette échéance correspond avec la fin de l’actuel mandat du comité de normalisation, elle risque de ne pas coller avec l’agenda très serré de la Confédération africaine de football et de son président.

 

 

Ahmad joue gros, et parle beaucoup

Arrivé en 2017 à la tête de l’organisation, Ahmad joue gros dans ce dossier. Le Malgache ne peut se permettre de « rater » la CAN 2019, qui sera la première organisée durant ce premier mandat, mais aussi la première à rassembler vingt-quatre équipes. Soupçonné par certains de vouloir régler un vieux compte avec issa Hayatou, dont l’une des dernières décisions avait consisté à priver Madagascar de l’organisation de la CAN des moins de 17 ans 2017, Ahmad a donc donné le change lors de sa visite au Cameroun, la première depuis le début de son mandat. Quelques jours plus tôt, dans un entretien accordé au Monde, le patron de la CAF adressait pourtant un tacle à peine voilé à son prédécesseur. « Ce n’est pas moi qui vais décider seul si le Cameroun peut organiser ou non la compétition. Nous ne sommes plus dans un système de gouvernance dictatorial, où toutes les décisions étaient prises par une personne. A la CAF, il y a des compétences, des experts. Les décisions sont prises de façon collégiale », déclarait Ahmad au quotidien français. Des propos qui avaient eu le don de faire bondir Roger Milla, très impliqué dans la construction du stade de Douala, sur ses terres natales du quartier de Japoma. « Je suis amer, parce qu'un président de la CAF n'a pas le droit de parler comme cela d'un pays, avait lâché la légende du football camerounais à l’occasion d’une conférence de presse tenue avec Joseph Antoine Bell et Eugène Ekéké. S'il veut enlever la CAN au Cameroun, qu'il sache que tous les pays d'Afrique ne sont pas d'accord avec lui. Donc qu'il arrête de menacer le Cameroun ! »

 

 

Le Maroc, plan B idéal ?

Gouverner c’est prévoir. Ahmad en est bien conscient. Au cas où le Cameroun serait déclaré inapte à organiser la CAN 2019, la Confédération africaine de football dispose d’un plan B tout indiqué : le Maroc. Les « signaux faibles » se sont multipliés ces dernières semaines dans ce sens. Dernier en date, la déclaration du président de l’Autorité sportive saoudienne, Turki Al Sheikh, se propose d’apporter son soutien au… Maroc dans l’organisation de la CAN 2019. « En ma qualité de président de la Fédération arabe de football, je déclare mon plein soutien au Maroc frère pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations au lieu du Cameroun. J’annonce également la mobilisation de tous nos moyens en cas de besoin si les frères marocains nous sollicitent », a tweeté le richissime dirigeant. Voilà qui interpelle, quelques mois après que ce même Turki ait fait campagne contre le Maroc dans la course à l’organisation de la Coupe du monde 2026, et quelques jours après que le mécène ait annoncé son retrait du club égyptien de Pyramids FC, monté cet été à coups de pétrodollars. Si le Maroc devait remplacer le Cameroun comme pays hôte de l’édition 2019, la CAF n'aurait rien à modifier des règles de qualification : les Lions de l’Atlas sont dans la même poule éliminatoire que les Lions Indomptables.

 

 

Les décisions de la CAF

- La CAN féminine 2020 aura lieu au Congo.

- La CAN des moins de 20 ans 2021 se jouera en Mauritanie.

- Le CHAN 2022 sera organisé par l'Algérie.

- La CAF soutiendra Gianni Infantino, présent en Egypte, dans sa candidature pour un deuxième mandat à la tête de la FIFA.

- Le contrat signé par la CAF avec Lagardère Sports sera renégocié.