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Ces joueurs locaux qui peuvent s’illustrer au Mondial

Malgré la mondialisation du football, les joueurs évoluant en Afrique continuent de tirer leur épingle du jeu en phase finale de Coupe du monde. Mais la situation varie beaucoup d’un pays à l’autre.

La mondialisation du football est passée par là. La proportion des joueurs « locaux », évoluant dans des championnats sur le continent, sélectionnés pour la Coupe du monde est très faible. Et même si le contingent de ceux qui portent les couleurs d’un club européen compte des joueurs formés en Afrique. L’assouplissement de la réglementation sur les binationaux (depuis 2009, la limite d’âge pour changer de nationalité sportive a été supprimée) va dans le sens d’une marginalisation. Pourtant, certains footballeurs locaux parviennent encore à tirer leur épingle du jeu. En 2014, le Ghana comptait avec le gardien de but Fatau Dauda et le latéral droit Harrison Afful deux titulaires réguliers, sociétaires respectivement de Chippa United (Afrique du Sud) et de l’Espérance sportive de Tunis (Tunisie).

2014, le paradoxe algérien


Si ni le Cameroun, ni la Côte d’Ivoire ni le Nigeria ne pouvaient se targuer d’une telle présence, le cas de l’Algérie était plus éloquent. Souvent présentée comme l’exemple le plus éclatant d’un recours massif au réservoir des binationaux, la sélection dirigée alors par Vahid Halilhodzic comptait paradoxalement deux éléments clés formés localement (avec deux buts et une passe décisive chacun) : le milieu de terrain offensif Abdelmoumen Djabou (Club Africain, Tunisie) et l’attaquant Islam Slimani, déniché par « coach Vahid » au CR Belouizdad. La présence de joueurs issus de la Ligue 1 algérienne ne s’arrêtait pas là : la défense centrale comprenait également Essaïd Belkalem, qui avait tout juste quitté la JS Kabylie pour tenter sa chance en Europe, et Rafik Halliche, issu du centre de formation du NA Hussein Dey, tandis que l’attaquant Hilal Soudani s’était révélé à l’ASO Chlef, autre pensionnaire de l’élite « DZ ».

L’Egypte, désormais une équipe d’expatriés


Qu’en sera-t-il lors de l’édition 2018 ? Le retour de l’Egypte en phase finale après vingt-huit années d’absence ne verra pas celui d’une équipe composée principalement de joueurs évoluant dans leur pays. Traditionnellement constituée de cadres des grands clubs du pays (Al-Ahly et Zamalek du Caire en tête), l’ossature des Pharaons a beaucoup évolué lors des années suivant le renversement du régime d’Hosni Mubarak (2011). Les joueurs égyptiens s’expatrient de plus en plus, pour des raisons économiques. Privés d’une grande partie de leurs recettes de billetterie en raison de longues années de huis clos et confrontés à l’assèchement des recettes publicitaires, les clubs du pays compensent grâce à leur centre de formation et à la vente précoce de leurs jeunes talents à l’étranger. Ainsi Mohammed Salah et Mohammed Elneny, formés par Arab Contractors sont passés par le FC Bâle avant de réussir en Europe, tandis que beaucoup de leurs coéquipiers partaient faire carrière dans le Golfe persique. On suivra les prestations du gardien de but Ahmed El-Shenawy (Zamalek) et du milieu de terrain Tarek Hamed (Zamalek), tout en gardant à l’esprit que la plupart des cadres de l’équipe sont expatriés de fraîche date.

Nigeria et Sénégal, confiance aux gardiens locaux


Si le Nigeria et le Sénégal présenteront un mix de joueurs binationaux et de locaux partis précocement en Europe, le poste de gardien de but pourrait échoir à un joueur évoluant au pays. Du côté des Super Eagles, le sélectionneur Gernot Rohr a fermé la porte à un retour de Vincent Enyeama, en panne totale de temps de jeu à Lille cette saison. Pour les trois places de gardien dans la liste des 23, le technicien franco-allemand devrait choisir entre trois locaux – Ikechukwu Ezenwa (Enyimba), Dele Ajiboye (Plateau United), Daniel Akpeyi (Chippa United, Afrique du Sud) – et l’expatrié Francis Uzoho (Deportivo La Corogne, Espagne). Quant à Aliou Cissé, son choix pourrait se porter sur Khadim Ndiaye. Le portier du Horoya sera certainement le seul représentant du championnat guinéen lors de cette phase finale. Il convient néanmoins de relever la présence (quasi-)certaine dans les 23, de plusieurs anciens sociétaires de l’Institut Diambars (Mbodj, Souaré, Ciss) ou de Génération Foot (Mané, D.Sakho, I.Sarr), fleurons de la formation locale.

Maroc et Tunisie, des réalités contrastées


Pour la première fois depuis 1998, le Maghreb enverra deux sélections en phase finale de Coupe du monde. Il s’agira comme lors de l’édition 1998 du Maroc et de la Tunisie. Toutes deux basées sur des joueurs formés en Afrique à l’époque, les deux équipes ont depuis suivi des évolutions différentes. Si les Aigles de Carthage continuent de tirer leur ossature du championnat local, les Lions de l’Atlas comptent massivement dans leur effectif des binationaux aux origines françaises et néerlandaises. Mais aujourd’hui, le sélectionneur du Maroc Hervé Renard, mise aussi sur les talents locaux. L’un de ses choix préférentiels en attaque est le joueur de la Renaissance Berkane et meilleur buteur du CHAN 2018, Ayoub El Kaabi. Quant à son homologue tunisien Nabil Maaloul, il a obtenu les renforts de binationaux (Hassen, Benalouane, Skhiri, Khaoui) n’ayant pas participé à la campagne de qualification.

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