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Coronavirus au Burkina Faso : quelle réponse de l'État face aux difficultés du secteur informel ?

Vendeur ambulant de produits sanitaires destinés à lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus, dans les rues de Ouagadougou, au Burkina Faso. © AP Photo/Sam Mednick

Après la décision des autorités municipales et régionales de fermer 36 marchés et yaars de Ouagadougou et sa région, à compter du 26 mars dernier, afin de lutter contre l’épidémie de coronavirus, les acteurs du secteur informel craignent une précarisation accrue de leur situation. Ce 2 avril, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a annoncé un ensemble de mesures économiques, au cours d'une allocution télévisée, la deuxième en moins d'un mois. Certaines d'entre elles répondent aux demandes du Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso.

 

La décision de fermer 36 marchés et yaars (le mot yaar est une déformation de l’anglais yard utilisé par les Ouagalais pour désigner un marché) a été prise le 24 mars 2020, à l’issue d’une rencontre à la mairie centrale de la ville, entre les responsables du secteur informel et les autorités municipales et régionales.

Ces dernières ont donc choisi la fermeture, jusqu’au 20 avril prochain, des 36 plus gros marchés et yaars de la ville, sur un total de 85.
 

Ces marchés, qui attirent plusieurs milliers de personnes par jour, sont considérés comme des lieux à haut risque de contagion massive du Covid-19.

Panneau de prévention contre le Covid-19 sur les réseaux sociaux.
Panneau de prévention contre le Covid-19 sur les réseaux sociaux.
Source : Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso

D’ailleurs, au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue le 27 mars à Ouagadougou, le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso (CNEI-BF), qui regroupe les organisations professionnelles de ce secteur, a appelé les commerçants à faire preuve de « civisme et de patriotisme », dans le respect des mesures édictées pour limiter la propagation du coronavirus.

Le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso a aussi profité de cette occasion pour rappeler que l’économie informelle occupe plus de 90% des actifs dans le pays, et que ces fermetures de marchés ont des conséquences importantes sur la plupart des acteurs de ce secteur qui « vivent au jour le jour ».
 

Une demande d’accompagnement

 
Le Conseil a donc demandé aux autorités burkinabés des mesures d’accompagnement telles que des allègements de charges comme les loyers, ou encore le rééchelonnement de prêts auprès des établissements bancaires et institutions de microfinance.

Et pour venir en aide aux familles des commerçants les plus précaires des marchés concernés par cette fermeture, le CNEI-BF a remis ce jour-là à leurs représentants cinq tonnes de vivres constitués essentiellement de riz.  

Vendeur ambulant de cartes du continent africain dans les allées d'un marché ouagalais.
Vendeur ambulant de cartes du continent africain dans les allées d'un marché ouagalais.
© AP / Theo Renaut

Mais plus globalement, ce sont sans doute de nombreux acteurs du secteur informel qui risquent de connaître d’importantes difficultés dans les jours à venir. Et comme le constate depuis ce lundi 30 mars notre confrère en ligne Lefaso.net, les marchés ouagalais non concernés par la fermeture sont malgré tout désertés par la population.

Une catastrophe pour les petits commerçants, qui n’ont bien souvent que cette activité de vente en détail comme source de revenus pour eux et leurs familles. En cause, le climat de peur et de psychose qui pousse les clients à rester chez eux, en dépit de l’absence, pour le moment, de mesures de confinement généralisé.
 

Un plan de relance économique

Dans une allocution télévisée ce jeudi 2 avril, le chef de l’Etat burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a rappelé que son pays fait face à un important défi sanitaire qui, cependant, ne doit pas sacrifier la vie économique et sociale. Il a également précisé les conséquences de la pandémie sur l’économie burkinabé.

En effet l’ensemble des mesures annoncées lors de sa première allocution télévisée le 20 mars dernier, comme le couvre-feu, entraîneront un ralentissement général des activités économiques.

Le taux de croissance devrait ainsi passer de 6,3% à 2% en 2020, avec à la clé une baisse concomitante des recettes publiques estimée à 306 milliards de francs CFA (FCFA), soit un déficit de 5%.

Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, lors de son allocution télévisée le 20 mars dernier, à Ouagadougou.
Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, lors de son allocution télévisée le 20 mars dernier, à Ouagadougou.
© Service d’Information du Gouvernement du Burkina

Le gouvernement prépare donc une loi de finances rectificative, susceptible de soutenir l’offre de soins de santé nécessaire à la lutte contre le covid-19, tout en assurant relance économique et soutenabilité budgétaire.

S'agissant plus spécifiquement de la fermeture des marchés, qui devrait se poursuivre jusqu’en juin prochain, le président burkinabé a répondu à la demande d’allègement de charges du Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso. Les loyers et droits de place sont ainsi suspendus.

Les factures d’eau, d’électricité, ainsi que les frais de gardiennage seront pris en charge. Et des dons de vivres seront effectués au bénéfice des familles les plus vulnérables, concernées par ces fermetures.

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