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Coronavirus au Maroc : le chaos après la fermeture de huit villes

Une employée vérifie la température des personnes qui vont prier dans une mosquée de Rabat, au Maroc, mercredi 15 juillet 2020. À l'exception de la prière du vendredi, les mosquées ont rouvert pour la première fois depuis leur fermeture en mars en raison de la pandémie de coronavirus (image d'illustration). AP Photo/Mosa'ab Elshamy

Près de 200 accidents de la route ont fait au moins 15 morts et 313 blessés, dont 19 graves, entre dimanche et lundi au Maroc, au moment de l'annonce de restrictions de déplacements vers et depuis huit villes du pays pour limiter la propagation du coronavirus, selon un bilan officiel publié mercredi 29 juillet.

"Les réseaux sociaux ont relayé des photos et vidéos (...) du réseau routier national dans un état de congestion aigu ainsi que des scènes répétées d'accidents", a indiqué le ministère des Transports dans un communiqué.

Mais ce bilan sur deux jours "ne diffère pas significativement" de la moyenne nationale quotidienne pour un mois de juillet ; soit 84 accidents, 8 morts, 150 blessés dont 18 graves sur la période 2015-2019, a précisé le ministère.

Une décision éclair et des scènes de chaos

Dimanche soir, la décision des autorités de fermer huit villes, dont la capitale touristique Marrakech et la métropole portuaire Tanger, a provoqué des scènes de chaos, avec des embouteillages géants et des gares prises d'assaut.

Les restrictions ont été décidées en raison de la "hausse considérable" des contaminations à quelques jours de l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice, prévue vendredi et traditionnellement marquée par des réunions familiales.
Les autorités marocaines avaient pourtant annoncé, mi-juillet, un nouvel allègement des mesures de confinement adoptées en mars, avec des dispositions pour encourager le tourisme intérieur et faciliter les déplacements pendant l'Aïd al-Adha.

Seuls ceux détenant des permis spéciaux peuvent entrer et sortir des villes concernées: la capitale économique Casablanca, la capitale touristique Marrakech (sud), la métropole portuaire de Tanger --deuxième pôle économique du royaume-- mais aussi Tetouan, Fès, Meknes, Berrechid et Settat.

Les nouvelles restrictions ont été prises "au regard du non-respect par la majorité des citoyens des mesures de prévention de distanciation sociale et du port du masque", selon le communiqué officiel.

L'annonce faite cinq heures avant a suscité une pluie rare de critiques dans les médias locaux, certains évoquant une décision "brutale" et "irréfléchie", relevant de la "gestion hasardeuse" et de "l'improvisation".

Le secteur du tourisme menacé

Les professionnels du tourisme qui tablaient sur une relance pendant la période estivale ont été particulièrement virulents.
"Avec cette décision, les autorités ont planté le dernier clou dans le cercueil du tourisme déjà durement éprouvé", a déclaré le président de la Fédération des hôteliers du Maroc Lahcen Zelmat au site Médias 24.
Selon lui, plusieurs hôteliers ont décidé de fermer leur établissement jusqu'à la réouverture des frontières, dont la date reste incertaine.

Le nombre total des cas officiellement enregistrés dans le pays était mardi soir de 21 387, dont 327 décès.
Lundi, le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb a évoqué une situation épidémiologique "inquiétante", notant que le pays de 35 millions d'habitants avait "enregistré en une semaine plus de cas de contamination qu'en quatre mois".

Certaines usines de Tanger ont suspendu leurs activités jusqu'au 12 août face à l'apparition de clusters dans les zones industrielles, selon les médias locaux.

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