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Coronavirus : CAN 2021, Liga... Quel avenir pour le football ?

Le stade vide du Borussia Moenchengladbach, en Allemagne, le 16 avril 2020 © AP / Martin Meissner

Le gouvernement allemand a donné mercredi 6 mai son feu vert à la reprise du championnat professionnel de football. Les joueurs de la Bundesliga seront les premiers à retrouver le terrain. A l'opposé, la France a formellement mis fin à son championnat. Entre les deux, beaucoup d'incertitudes. Ce flou ne concerne pas uniquement les championnats. Comment les instances du football tentent de reprogrammer les compétitions avec autant d'incertitudes ? Qu'adviendra-t-il de la CAN 2021 ? On fait le point.

"Personne ne sait quand finira la pandémie." "Personne ne sait quand nous pourrons rejouer comme avant." Ces deux constats, dressés respectivement par le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, et celui de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, démontrent l'incertitude dans laquelle est plongé le football. Même les puissantes institutions européennes et mondiales du ballon rond apparaissent bien démunies devant la crise liée au coronavirus. C'est aussi le cas en Afrique, pourtant habituée aux grands chambardements des calendriers.
 

L'état des lieux du football en temps de Covid-19

  • En Europe

Les compétitions sont suspendues depuis la mi-mars, et ce jusqu'à nouvel ordre. Certains avaient tenté de nier l'évidence jusqu'au bout. En Angleterre, il a fallu que l'entraîneur d'Arsenal soit testé positif au Covid-19 pour voir la Premier League suspendue. D'abord pour seulement trois semaines, puis jusqu'au 30 avril, et enfin pour une durée indéterminée.

Concernant les Coupes d'Europe, il a fallu une combinaison du refus des clubs italiens et espagnols alignés en Ligue Europa (Seville, Getafe, Roma et Inter Milan) de jouer leurs matchs, faute de pouvoir se déplacer, et des annonces de confinement total de certains Etats (France, Espagne, Italie) pour voir l'UEFA tout suspendre.

Seule exception notable : le Bélarus, où les autorités minimisent la portée de l'épidémie. Le championnat a commencé comme prévu le 19 mars et se poursuit comme si le coronavirus n'existait pas.
 

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  • En Afrique

Sur le continent, l'arrêt du football est total. Au fur et à mesure, la Confédération Africaine de Football (CAF) a suspendu les compétitions continentales.

Dates des annonces de la CAF  sur les reports des compétitions

  • 13 mars : annonce du report des éliminatoires CAN 2021 prévues fin mars

  • 17 mars : championnat d'Afrique des Nations au Cameroun prévu en avril

  • 11 avril : demi-finales de la Ligue des Champions et de la Coupe de la CAF prévues début mai

  • 17 avril : finales de la Ligue des Champions et de la Coupe de la CAF prévues fin mai

Au niveau national, plus aucun championnat ne se déroule actuellement. Même au Burundi depuis le 12 avril dernier. Après avoir joué une bonne partie des matchs de première division et de la Coupe du Président, la Fédération évoque pudiquement un "réaménagement du calendrier". Une mise sous cloche liée au coronavirus ?
 

 

Reprendre les compétitions à tout prix ?

Et maintenant, que va-t-il se passer? La question agite toute la planète football. De nombreuses propositions des clubs, des ligues et des confédérations viennent alimenter les débats. Avec un point commun : chacun veut limiter les dégâts, notamment pour des raisons économiques.

Une fois énoncées les formules de circonstances mettant en avant la nécessité d'assurer la santé des acteurs du ballon rond (joueurs, entraîneurs, supporters...), place aux différentes stratégies de reprise des matchs. Objectif : terminer la saison 2019-2020 au plus vite, d'ici la fin août.
 

  • L'exception allemande

L'Allemagne est présentée comme l'un des pays européens ayant le mieux contenu l'épidémie jusqu'à présent. En avance par rapport à leurs voisins du Vieux Continent, les clubs ont repris les entraînements, sous une forme aménagée, depuis début avril. L'étape suivante a été validée par la Ligue de football et autorisée mercredi 6 mai par les autorités allemandes : les deux principaux championnats allemands (Bundesliga 1 et 2) devraient reprendre durant la seconde quinzaine du mois de mai, à huis clos.

Aucune date officielle n’a encore été fixée. 

  • La précipitation dans les épicentres

La France, la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne concentrent 75% des décès liés au Covid-19 en Europe. Dans ces quatre pays, la partie contre la maladie est loin d'être gagnée. Mais certaines fédérations espèrent toujours une reprise des matchs. Ainsi, en Angleterre, deuxième pays le plus touché en terme de décès, le championnat vise toujours une reprise dans la première quinzaine de juin. En Italie, la pression est forte également pour une reprise. En France, en revanche, le championnat est arrêté et le Paris-Saint-Germain à nouveau champion. La Belgique voisine de la France et de l'Allemagne, bien moins affectée que la première et à peine davantage que la seconde, devrait rapidement entériner l'arrêt de son championnat.

Malgré les craintes des syndicats de joueurs et de certains clubs, le président de la Liga espagnole Javier Tebas menace (vidéo ci-dessous) : "Les clubs qui refuseront de jouer lorsque les autorités en donneront l'autorisation seront sanctionnés d'un match perdu".

 

Vers une saison blanche ?

L'attitude cavalière de Javier Tebas rappelle celle du patron de l'Union des associations européennes de football (UEFA) début avril envers la Ligue belge de football. "Les Belges et d’autres qui pensent peut-être maintenant [les imiter, ndlr] risquent leur participation aux Coupes européennes de la saison prochaine", lançait Aleksander Ceferin dans le quotidien belge Le Soir. Le Slovène réagissait vertement à l'arrêt définitif du championnat 2019/2020, conseillé par le Conseil d'administration de la Pro League. Contrairement au top 4 européen évoqué plus haut, les pays du Benelux optent pour des solutions radicales.
 

  • En France 

Comme évoqué plus haut, le football français a suivi jeudi  30 mai les injonctions du gouvernement en actant l'arrêt définitif de sa saison de Ligue 1 et en sacrant champion le Paris SG, avant d'éventuels recours de clubs s'estimant lésés, comme l'Olympique lyonnais.

Les annonces du Premier ministre Edouard Philippe, affirmant mardi 28 avril, en présentant un plan de déconfinement du pays, que "la saison 2019-2020 de sports professionnels ne pourra(it) pas reprendre" pour cause de risques sanitaires liés au coronavirus, étaient "sans ambiguïté", a résumé la présidente de la Ligue de football professionnel (LFP) Nathalie Boy de la Tour.

 

  • En Belgique

La Belgique devrait rapidement, à son tour, entériner la fin de sa saison. Les autorités ont décidé l'interdiction de toute compétition sportive jusqu'au 31 juillet. Reste aux responsables du football professionnel à se réunir -le 15 mai- pour valider le classement et les qualifiés pour les compétitions européennes.
 

  • Aux Pays-Bas

Saison blanche entérinée... pour l'instant. Contrainte par l'interdiction gouvernementale de toute compétition sportive jusqu'au 1er septembre, la fédération néerlandaise a franchi le pas vendredi 24 avril. Pas de champion - une première depuis 1945, places en Coupe d'Europe attribuées selon le classement pré-confinement, gel des descentes et montées entre les deux divisions professionnelles.

Autant de lourdes décisions prises à l'issue d'un conseil d'administration historique. Mais le processus de vote fait déjà polémique et de nombreux clubs furieux prévoient des poursuites judiciaires. Affaire à suivre.

Un calendrier impossible à tenir ?

Face au coronavirus, l'évidence revient toujours au cœur du jeu. Après les Pays-Bas, d'autres gouvernements européens pourraient à leur tour mettre un veto à toute rencontre sportive professionnelle, même à huis clos. Voilà pourquoi les menaces de l'UEFA ont laissé place à une prise en compte plus consensuelle de cette nouvelle donne.

Lors du Comité Exécutif tenu jeudi 23 avril, l'instance européenne admet désormais l'hypothèse d'un arrêt définitif de certains championnats. "Tout en faisant de leur mieux pour terminer les compétitions nationales, les associations et/ou ligues nationales peuvent avoir des raisons légitimes de mettre fin prématurément à leurs compétitions nationales", peut-on lire dans le communiqué de l'Union Européenne de Football Association du 23 avril 2020.

À ce stade, la priorité reste tout de même de boucler cette saison 2019/2020. L'UEFA tente tout pour permettre à ses deux compétitions interclubs majeures, la Ligue des Champions et la Ligue Europa, d'aller à leur terme, en août. 

Si l'UEFA a reporté d'un an l'Euro prévu cet été, qu'en sera-t-il de la Coupe d'Afrique des Nations ? La CAN devait se dérouler en janvier 2021 au Cameroun. Une date qui paraît assez lointaine pour garder l'espoir que l'épidémie de coronavirus soit derrière nous à ce moment-là. Mais quid des éliminatoires déterminant les pays qui iront au Cameroun ? Il reste encore quatre journées sur six à disputer. Problème : en l'absence de fenêtres internationales dans les mois à venir, impossible d'envisager la CAN. C'est notamment l'avis du président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), Augustin Senghor.

Selon le patron de la FSF, l'issue semble déjà inéluctable. "Le comité exécutif de la CAF devra prendre une décision qui sera certainement de la reporter. Personne ne peut rien faire si les conditions ne sont pas remplies. Personne au monde ne peut dire qu’en septembre ou novembre, nous aurons gagné la bataille contre le coronavirus", admet A. Senghor au micro de la BBC. "Si nous ne jouons pas en juin ou en août, je pense qu'il sera impossible de jouer la CAN en janvier", conclut-il.

A ces problèmes de calendrier s'ajoutent les restrictions de voyage. Les fermetures des frontières empêcheront les joueurs africains évoluant en Europe de venir et/ou de repartir.

Après le retrait de l'organisation de l'édition 2019, au profit de l'Égypte, puis le rétropédalage contraint vers une CAN en janvier au lieu de juin 2021, le coronavirus pourrait encore retarder la tenue de la plus prestigieuse compétition africaine au Cameroun.

C'est finalement ce qui a eu lieu : la nouvelle est tombée mardi 29 juin. Après une réunion en visioconférence, le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé que la compétition se déroulera finalement au début de l'année 2022. L'Algérie, qui a remporté la dernière CAN à l'été 2019, va rester tenante du titre un an de plus.

 

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