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Coronavirus : l'Afrique subsaharienne menacée de récession en 2020

Des sans-domiciles dans les rues de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 26 février 2020. L'économie du pays serait l'une des plus touchées par la récession économique qui menace l'Afrique subsaharienne. © AP / Denis Farrell

La pandémie de coronavirus pourrait plonger l'Afrique subsaharienne dans la récession en 2020. Une première en un quart de siècle,  avertit la Banque mondiale, qui a aussi mis en garde contre un risque de "crise alimentaire".

"Le monde n'a pas connu ça depuis la Seconde guerre mondiale. On va connaître la pire récession mondiale, qui va aussi toucher l'Afrique", a résumé Albert Zeufack, l'économiste en chef de l'institution pour l'Afrique lors d'un point presse à Washington ce jeudi 9 avril.

Les prévisions économiques pour 2020 sont désastreuses en Afrique, même si le continent est jusqu'à présent relativement épargné par le Covid-19, dit la Banque dans son rapport.

Relire : coronavirus en Afrique : quelles conséquences économiques ?

La croissance dans la zone subsaharienne "devrait chuter brutalement de +2,4% en 2019 à une fourchette comprise entre -2,1 et -5,1% en 2020, la première récession dans la région depuis plus de vingt-cinq ans", prévient la Banque mondiale.

Afrique du Sud Angola Nigeria  : les "plus touchés"

Les trois principales économies de la zone - l'Afrique du Sud, l'Angola et le Nigeria - seront "les plus touchées par cette crise", avec des contractions prévisibles de leur produit intérieur brut (PIB) de 6 à 7%, souligne l'institution basée à Washington.

L'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, va souffrir parce qu'elle était déjà en récession depuis le début de l'année, a détaillé M. Zeufack.

L'Angola producteur de pétrole, en crise depuis la chute des cours en 2014, "rencontrait déjà des difficultés pour maintenir les investissements à un haut niveau", a noté l'économiste. Quant au Nigeria, premier producteur d'or noir d'Afrique subsaharienne, "la reprise y était encore très très timide", a-t-il ajouté.

Si la situation est "si grave", c'est que l'Afrique est confrontée à une crise sanitaire "combinée à une crise économique et potentiellement à une crise alimentaire", a insisté M. Zeufack.

Une forte chute de la production agricole

La production agricole du continent pourrait ainsi se contracter entre 2,6% et 7% en 2020, selon les prévisions de la Banque mondiale.

L'institution basée à Washington a recommandé aux gouvernements africains "de sauver des vies (...) en se concentrant sur les systèmes de santé" tout en adoptant des mesures "rapides pour minimiser les perturbations de la chaîne d'approvisionnement en nourriture".

Elle a assuré "mobiliser toutes les ressources possibles pour aider" la région et lancé de nouveau un appel aux créanciers pour geler le remboursement des dettes afin que ces pays puissent dégager de l'argent pour combattre la pandémie.

La question de la dette

De nombreux pays africains ont déjà fait état de problèmes budgétaires ou demandé de l'aide internationale. La France a annoncé consacrer 1,2 milliard d'euros à la lutte contre le coronavirus en Afrique.

Relire : "La coordination de la riposte doit être portée par les Africains eux-mêmes"

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a réclamé un "plan Marshall" pour l'Afrique. Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a demandé en mars au G20 d'alléger la dette des économies les plus vulnérables et de préparer un plan d'aide financière d'urgence d'une valeur de 150 milliards de dollars.

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