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Coronavirus : Le football africain impacté financièrement

L'arrêt des compétitions en raison du coronavirus est loin d'être anodin pour les finances du football africain. Instances, clubs et joueurs, toutes les « familles » du football sont impactées. Analyse.

Aux grands maux les grands remèdes. Confronté à un coup d'arrêt sans précédent, le football mondial voit la FIFA monter en créneau. L'instance va débloquer dans les prochains jours l’ensemble des fonds opérationnels dus aux associations membres pour les années 2019 et 2020. Cette mesure se traduira par la distribution d’un total d’environ 150 millions de dollars aux 211 Fédérations de football nationales affiliées à la FIFA. Ainsi, toutes les allocations restantes destinées à couvrir les coûts opérationnels des associations membres dans le cadre du programme Forward 2.0 seront intégralement versées pour les années 2019 et 2020. C’est en particulier le cas du deuxième versement des coûts opérationnels pour 2020, initialement prévu en juillet. En temps normal, les associations membres de la FIFA n’auraient reçu le montant total de l’allocation qu’après avoir rempli des critères spécifiques. Elles le recevront sans attendre, dans un souci de préservation du football. En clair, cela signifie que la FIFA versera dans les prochains jours 500 000 dollars à chaque association membre, ainsi que toute l'allocation restante pour 2019 et 2020.

Les droits TV en attente


De quoi permettre aux 54 associations africaines de faire face aux première urgences, alors que l'incertitude demeure quant à la date de reprise des compétitions à travers le continent. La question des droits TV se pose d'ailleurs dans cette optique. Des tensions pourraient intervenir dans les prochaines semaines. Qu'en est-il concrètement ? Première épreuve reportée en raison de la progression de la pandémie sur le continent, le CHAN a déjà été vendu à ses futurs diffuseurs. Et pour cause : les droits TV de ce tournoi réservé aux joueurs locaux ont été mis sur le marché sous forme de « pack », de façon couplée à ceux de la prochaine CAN, que le Cameroun doit (jusqu'à nouvel ordre) accueillir en janvier 2021. Quant aux rencontres éliminatoires de la CAN, elles sont payées en fin de compétition. Enfin, pour les compétitions de club, les droits sont versés en deux fois : la moitié après la phase de poules et le solde à la fin de la compétition. Autrement dit, en l’état, seul le versement prévu au mois de juin prochain pourrait connaître du retard.

Des clubs mis à rude épreuve


Quid des championnats nationaux ? Tous les pays et tous les clubs ne seront pas logés à la même enseigne. Si la suspension des compétitions ne s'éternise pas, les formations prestigieuses issues des championnats les plus lucratifs (Maghreb, Egypte, Afrique du Sud) devraient disposer de la trésorerie suffisante pour tenir le choc. Mais les autres ? Tous ne bénéficiant pas de l'apport d'un mécène (Moïse Katumbi au TP Mazembe, Antonio Souaré au Horoya, par exemple), beaucoup pourraient y laisser des plumes. Président du Teungueth FC, en première division sénégalaise, Babacar Ndiaye tirait la sonnette d'alarme le 21 avril dans un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise. « Le football local a été ignoré dans les audiences au palais. Recevoir la Fédération sénégalaise de football et la Ligue professionnelle aurait été un premier signe encourageant », regrettait le dirigeant, préoccupé pour ses joueurs, soumis au couvre-feu et privés d'entraînement collectif depuis plusieurs semaines.

Les joueurs, dindons de la farce ?


Dans un entretien accordé à RFI en début de confinement, Geremi Njitap, vice-président de la FIFPro, syndicat international des footballeurs professionnels, anticipait déjà des difficultés financières pour les joueurs africains. « Ils ne sont pas toujours payés convenablement dans des circonstances normales. L’actualité du Covid-19 est venue renforcer cette situation, déplorait Geremi Njitap. L’arrêt des compétitions est synonyme d’arrêt de travail pour les joueurs. » Sans en dire davantage sur les remèdes, l'ancien international camerounais appelait les instances dirigeantes à se saisir du problème. « C’est difficile. Tout est arrêté. Et comme vous savez, c’est en jouant qu’on a les avantages. Donc on prie le bon Dieu pour que le championnat puisse reprendre », expliquait de son côté à Football365 Afrique son compatriote Etta Bawak, le défenseur de Coton Sport de Garoua, sélectionné pour le CHAN 2020 et contraint à l'inactivité. Même s'ils sont conscients de ne pas être les plus mal lotis des habitants du continent, les footballeurs ne veulent pas être les oubliés du déconfinement.

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