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Côte d'Ivoire : les président français et ivoirien rendent hommage à Bouaké aux soldats français tués en 2004

Emmanuel Macron et Alassane Ouattara rendent hommage aux soldats français tués en 2004 Capture d'écran

Emmanuel Macron termine  ses 48 h de visite en Côte d'Ivoire à Bouaké. Les présidents français et ivoirien sont dans la ville ivoirienne pour rendre hommage aux soldats français tués en 2004. Une visite placée sous le signe de la réconciliation.

Lors d'une cérémonie très sobre, les deux présidents ont dévoilé une stèle "A la mémoire du citoyen américain et des neuf militaires français morts dans l'accomplissement de leur devoir" et déposé des gerbes aux couleurs ivoiriennes et françaises. Ils ont ensuite observé une minute silence. Cet acte doit "oeuvrer à l'essentiel travail de réconciliation dont la République de Côte d'Ivoire a tant besoin et qui est le chemin sur lequel elle avance", avait dit Emmanuel. Macron la veille.

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Les président français et ivoirien se recueillent devant le site du bombardement

Le 6 novembre 2004, deux avions de l'armée de l'air ivoirienne, pilotés par des mercenaires biélorusses et assistés de copilotes ivoiriens, effectuaient un bombardement sur la base française, située dans le lycée de la ville, faisant neuf morts et 38 blessés parmi les soldats français et un civil américain membre d'une ONG. Cette attaque comporte encore de nombreuses zones d'ombre.
 

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TV5MONDE

Cette visite à Bouaké est donc chargée symboliquement. Deuxième ville du pays, Bouaké la rebelle a gagné ses galons en devenant, entre 2002 et 2010, «la capitale» des Forces nouvelles (FN), le groupe armé qui s’était soulevé contre le pouvoir du chef d’État d’alors, Laurent Gbagbo. Les forces françaises dans le cadre de l'opération "Licorne" étaient présentes dans le pays pour s'interposer entre les deux camps.

 

Bouaké se trouvait en 2004 au coeur du conflit ivoirien
Bouaké se trouvait en 2004 au coeur du conflit ivoirien
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La mémoire franco-ivoirenne sur le conflit reste vive car le souvenir du bombardement de la base de Bouaké résonne pour de nombreux Ivoiriens avec celui de la fusillade autour de l'hôtel Ivoire à Abidjan. En effet, les soldats français répliquent rapidement après l'attaque du 6 novembre 2004 et détruisent les avions des forces aériennes ivoiriennes.

Des manifestants, dans la capitale ivoirienne, réclament alors la fin de la présence française en Côte d'ivoire. Trois jours après la mort des soldats français à Bouaké, le 9 novembre 2004, les forces françaises de l'opération Licorne tiraient sur des manifestants ivoiriens, non loin de l'hôtel Ivoire à Abidjan. Abidjan dresse un bilan de 63 morts. Les victimes des tirs de l'armée française réclament toujours justice.
 

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TV5MONDE

Bouaké une ville de casernes régulièrement secouée par des mutineries

Le président français s'est ensuite rendu sur l'esplanade où sera construit le plus grand marché couvert d’Afrique de l’Ouest. D'un coût de 60 millions d'euros, financé par la France, le site rassemblera 8.500 commerçants sur près de 9 hectares. Les autorités ivoiriennes et françaises espèrent que cette infrastructure permettra de relancer l'activité économique jadis florissante et de faire oublier le passé de Bouaké, ville de casernes régulièrement secouée par des mutineries ou mouvements de grogne de militaires.

 

Le marché de Bouaké sera le plus grand marché couvert d'Afrique de l'Ouest
Le marché de Bouaké sera le plus grand marché couvert d'Afrique de l'Ouest
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Emmanuel Macron s'envole pour Niamey. Il participera à une autre cérémonie d'hommage, cette fois en honneur des 71 soldats nigériens ayant récemment péri dans l'attaque d'un camp militaire.

Rencontre prévue entre Macron et Issoufou à Niamey

Mais le président Macron pourra surtout s'entretenir avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou et préparer le sommet de Pau qui doit réunir le 13 janvier les chefs d'Etat sahéliens de la force G5 Sahel.

Sur la même longueur d'ondes que Mahamadou . Issoufou qui a réitéré son soutien à l'opération française Barkhane, Emmanuel Macron a une nouvelle fois réclamé samedi de la clarté aux gouvernements sahéliens sur la présence militaire française dans la zone.

Le 4 décembre, dans le sillage de la mort de 13 soldats français au Mali, Emmanuel Macron avait invité les chefs d'Etat sahéliens à ce sommet de Pau (où étaient stationnés la majorité des soldats). L'annonce avait été mal ressentie par beaucoup qui l'avaient perçue plutôt comme une "convocation" alors même qu'il existe dans la région un sentiment anti-français grandissant.

Le président malien Boubacar Keïta a semblé faire allusion à cette tension samedi sur TV5MONDE, en indiquant que les pays unis dans la force militaire G5 Sahel souhaitaient "un partenariat respectable et respectueux".

"Nous sommes dans une situation où la sécurité du monde entier est menacée. Dès lors, il est bon que cela soit envisagé comme tel et avec beaucoup de considération et de respect de part et d'autre", a ainsi  déclaré Boubacar Keïta.

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