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Côte d'Ivoire: revirement de Ouattara et tensions avant la présidentielle

Le président ivoirien Alassane Ouattara lors d'une réunion de son parti sur le choix du candidat à la présidentielle d'octobre, à Abidjan le 29 juillet 2020 afp.com - SIA KAMBOU

En cinq mois, le président ivoirien Alassane Ouattara, 78 ans, a opéré une volte-face, en décidant de se présenter à la présidentielle après avoir renoncé dans un premier temps à briguer un troisième mandat.

Sa candidature a provoqué des manifestations meurtrières, faisant craindre une escalade de la violence, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts.

- Ouattara "laisse la place" -

Le 5 mars 2020, le président Ouattara, au pouvoir depuis 2010 et qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un 3e mandat, annonce qu'il ne se présentera pas à la présidentielle d'octobre 2020, afin de "laisser la place aux jeunes générations".

- Gon Coulibaly adoubé -

Mi-mars, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est désigné candidat à la présidentielle par le parti du président, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

- Mort soudaine de Gon Coulibaly -

Le 8 juillet, M. Coulibaly décède, une semaine après son retour de France où il a été hospitalisé deux mois pour problèmes cardiaques, plongeant le pays dans l'incertitude.

- Ouattara finalement candidat -

Le 6 août, Alassane Ouattara annonce finalement briguer un 3e mandat, invoquant un "cas de force majeure".

L'opposition lui conteste le droit de se représenter en vertu de la Constitution qui n'autorise que deux mandats, mais le président estime que la nouvelle loi fondamentale de 2016 a remis le compteur des mandats à zéro.

- Violences -

L'annonce de la candidature d'Alassane Ouattara provoque des manifestations qui dégénèrent, faisant une quinzaine de morts.

Le 22, le président Ouattara est officiellement investi par son parti.

Le 28, Amnesty International demande aux autorités de "prendre immédiatement des mesures destinées à prévenir les violences".

- Gbagbo, Soro et Bédié candidats -

Le 3 septembre, la commission électorale indépendante indique avoir reçu 44 dossiers de candidature, dont ceux de l'ancien président Laurent Gbagbo et de l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro.

Le 6 septembre, l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, tous deux candidats font déposer en leur nom auprès du Conseil constitutionnel une requête conjointe pour faire invalider la candidature d'Alassane Ouattara. Pascal Affi N'Guessan, Premier ministre sous Laurent Gbagbo et également candidat à la présidentielle, déposé une requête similaire.

Le 12, l'ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, officiellement investi candidat de son parti, appelle à l'union de l'opposition lors d'un meeting qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de militants.

- La candidature de Ouattara acceptée -

Le 14, des manifestations et marches contre la candidature de M. Ouattara dégénèrent en affrontements avec les forces de l'ordre dans plusieurs villes du pays.

Le Conseil constitutionnel valide la candidature du président Ouattara et rejette 40 des 44 candidatures dont celles de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro à la présidentielle du 31 octobre.

Outre la candidature de M. Ouattara, ont été acceptées celles d'Henri Konan Bédié, de Pascal Affi Nguessan, ex-Premier ministre sous la présidence de Laurent Gbagbo et du député Kouadio Konan Bertin, dissident du parti de M. Bédié.

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