Côte d'Ivoire : à six mois de la CAN, où vont les Éléphants ?

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Côte d'Ivoire : à six mois de la CAN, où vont les Éléphants ? (1)
Stéphane Pillaud / Panoramic
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30 juin 2023 à 14:40
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La Côte d'Ivoire a affiché un visage inquiétant le 17 juin dernier en Zambie. Balayés par les Chipolopolo (3-0), les Éléphants sont apparus loin du compte à un peu plus de six mois de la CAN qu'ils disputeront devant leur public. Au point de pousser le président de la Fédération à lancer un ultimatum au sélectionneur, Jean-Louis Gasset. Décryptage.
Cinglante, la défaite a marqué les esprits des supporters à Abidjan et à travers tout le pays. A un peu plus de six mois de la CAN qu'elle va organiser, la Côte d'Ivoire a bu la tasse sur la pelouse de la Zambie (3-0), le 17 juin dernier à Ndola. Sans conséquence sportive pour une équipe déjà qualifiée en tant que pays hôte, cette déculottée a relancé les débats sur la capacité des Éléphants, renforcés par l'ailier lillois Jonathan Bamba, à remporter leur troisième étoile lors de cette prochaine édition. Débutée par un but contre son camp ridicule de Serge Aurier, la rencontre a laissé voir un gardien de but (Charles Folly) dépassé, une charnière centrale (Eric Bailly-Simon Deli) en perdition, sans parler de milieux de terrain débordés et d'attaquants fantomatiques. Pas un joueur n'a échappé au courroux des fans de la Séléphanto.

Moins prompt à s'enflammer que ces derniers, le sélectionneur Jean-Louis Gasset a au contraire tenu à calmer le jeu. « Les joueurs n'étaient pas au niveau physiquement et dans l'engagement », a reconnu le technicien français après la déroute de ses hommes. En panne de solutions face à de fringants Chipolopolo, ces derniers devront faire mieux en septembre, qui les verra recevoir le modeste Lesotho, déjà éliminé. « Nous devons travailler davantage », a prévenu le coach, en poste depuis mai 2022. Alors qu'il désirait voir son équipe terminer invaincue dans ce groupe qualificatif, le défenseur latéral et capitaine Serge Aurier avait lui aussi appelé le public à la patience. « Je pense qu'on est encore près et en même temps loin de la CAN. Il nous reste quelques mois pour peaufiner, avait dit l'ancien du PSG. Le groupe est ouvert, le coach a ses idées. Je pense qu'aujourd'hui personne n'est sûr d'être à la CAN. Le plus important c'est de continuer à travailler dans cet esprit et continuer à progresser. Et après on verra ceux qui sont prêts pour embarquer le moment venu. »

L'ultimatum du président de la Fédération

Confronté à l'absence persistante de Seko Fofana dans l'entrejeu, aux états d'âme de Wilfried Zaha en attaque, le sélectionneur a en revanche obtenu le renfort du trinational Evan Ndicka. Convoité en parallèle par le Cameroun, le défenseur central a dit oui à la Côte d'Ivoire, après avoir finalisé son transfert de l'Eintracht Francfort à l'AS Rome. De quoi susciter l'émulation et accroître la cohésion ? Interrogé en marge de l'audience accordée aux néo-internationaux Jonathan Bamba et Evan Ndicka, le président de la Fédération ivoirienne de football, Yacine Idriss Diallo a fixé un cap clair, vu par certains comme un ultimatum adressé au staff de l'équipe nationale et aux joueurs hésitants. « Cette défaite contre la Zambie marquait la fin de la phase test effectuée par Gasset, qui devra présenter, en septembre prochain, une équipe basée sur des critères forts, dont la bonne santé des joueurs, leur régularité en club, leur engagement et leur détermination à défendre le drapeau national. »

Une mentalité commando en somme. Ce ne sera pas de trop, si l'on en croit Nicolas Pépé, qui a porté le maillot orange à 35 reprises depuis son changement de nationalité sportive, fin 2016. « Aujourd’hui quand les gens jouent contre la Côte d’Ivoire, ils disent, on peut les battre parce qu’ils n’ont aucune cohésion », a lâché cette semaine l'attaquant d'Arsenal, absent au dernier rassemblement, au média digital OhMyGoal. « Il faut qu’on soit une équipe. On a toujours eu des joueurs de fou mais aucune cohésion. Dans les autres équipes, ce sont des frères sur le terrain qui vont se battre. Nous on n’a plus ce style-là, c’est ce qu’on doit faire. Nous, on va faire deux bons matchs, ensuite on va perdre ou faire match nul alors qu’on doit gagner, c’est pour ça que la Côte d’Ivoire ne fait plus peur », a ajouté le joueur prêté la saison dernière à l'OGC Nice, avant de conclure. « La CAN qui arrive, c’est chez nous mais on ne nous voit pas comme les favoris. Tant mieux j’ai envie de dire... Mais c’est frustrant ! » Ramener la Côte d'Ivoire au sommet du football africain après les triomphes de 1992 et 2015 passe sans doute par des prises de conscience de ce type.