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Côte d'Ivoire : une amnistie dénoncée par les victimes de la crise post-électorale de 2011

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© TV5Monde / Commentaire : K.G. Barzegar - Montage : L. Bellon

Le président Alassane Ouattara annonce l'amnistie de 800 prisonniers politiques dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo et des chefs de guerre lors de la crise ivoirienne de 2011. Les victimes dénoncent le sacre de l'impunité.

Depuis sept ans, Karim Coulibaly ne se déplace plus qu'en béquilles. Ce père de famille a perdu sa jambe gauche en 2011, à la suite d'une blessure par balle au pied, survenue lors d'une attaque dans son quartier à Attecoube. Sa vie s'en est trouvée bouleversée... Forcé de troquer son métier de chauffeur de taxi contre un petit boulot dans ce kiosque à café.

Voilà ce que moi, je fais au quotidien , je vends du café noir pour pouvoir subvenir à mes besoins, aujourd'hui, c'est au sein de ce magasin que je dors, vous imaginez...

Karim Coulibaly, Président de l'association des mutilés de la crise de 2010-2011

Pour lui, comme pour d'autres victimes de la crise post-électorale ivoirienne, l'amnistie proposée par le président Alassane Ouatara a un goût bien amer.

Jusque-là, on n'a pas été pris en charge, on n'a pas été indemnisé comme il se doit correctement et aujourd'hui on nous parle d'amnistie pendant que ceux qui nous ont tués, qui nous ont rendu meurtris, qui nous ont rendu mutilés, aujourd'hui ont été libérés par une amnistie qui leur donne le pouvoir de pavaner dans la ville, vraiment cela me fait mal.

Karim Coulibaly, Président de l'association des mutilés de la crise de 2011

Allusion à peine voilée à Simone Gbagbo, libérée et de retour à Abidjan mercredi. Une arrivée  triomphale : l'ex-Première dame ivoirienne a été accueillie dans la liesse par une foule de partisans.

Je crois que de là, part la liberté des Ivoiriens, la paix pour les Ivoiriens.

Une partisane pro-Gbagbo

Mais pas pour tous. Pour les victimes du pouvoir Gbabgo, cette libération est surtout synonyme d'impunité. Aux yeux d'Issiaka Diaby, amnistier, c'est oublier les crimes du passé et tout espoir d'une justice à l'avenir.

Aujourd'hui, après 3.000 morts, Ouattara vient de prendre une loi d'amnistie, par cette décision, Ouattara vient d'exposer l'ensemble de la population ivoirienne à des violences dans le futur, il vient d'encourager d'autres personnes à commettre des crimes.

Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes en Côte d'Ivoire (CDV)

Au total 800 prisonniers politiques dont des chefs de guerre ont bénéficié de cette large amnistie annoncée le 6 août par Alassane Ouatara. Un geste de clémence du président qui se pose ainsi en père de la nation et promoteur de la réconciliation ivoirienne.