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Coupe du Monde 2018 : Pourquoi l’Afrique a fait chou blanc

Pour la première fois depuis 1982, aucune équipe africaine ne s’est qualifiée pour le second tour de la compétition. Pourquoi les cinq représentants du continent ont-ils tous échoué en Russie ? Eléments d’explication.

Le Sénégal paye ses approximations au prix fort


Avec quatre points, les Lions de la Teranga terminent à égalité parfaite avec le Japon dans le groupe H de la Coupe du Monde 2018, mais sont éliminés en vertu du critère du fair-play. Sanctionnés de six avertissements en trois matchs contre quatre seulement pour les Nippons, les hommes d’Aliou Cissé sont coiffés au poteau. Une élimination cruelle, mais qui leur pendait au nez depuis le nul concédé lors de la deuxième journée face aux Blue Samurais (2-2), après avoir pourtant mené deux fois au score. Sur la totalité du tournoi, le Sénégal n’aura d'ailleurs été mené que pendant un quart d’heure, le dernier du troisième match, perdu face à la Colombie. Le « money time » coûte cher aux coéquipiers de Kalidou Koulibaly, qui auront encaissé les trois quarts de leurs buts dans le dernier quart d'heure. Le manque de justesse technique des joueurs créatifs n’aura également pas été sans conséquence sur la déconvenue finale. Ni Sadio Mané, ni Ismaïla Sarr, ni Keita Baldé quand il joua, ne firent les différences que leur staff technique attendait d’eux. Même s’ils n’ont pas à rougir du visage qu’ils ont montré, les Lions de la Teranga auront payé au prix fort la somme de leurs insuffisances. Bien au-delà des décisions parfois contestables des arbitres...

Le Nigeria a manqué d'expérience et de souffle


Lors de son entrée en lice face à la Croatie (0-2), le Nigeria avait fait montre d'un inquiétant manque d'agressivité et de tranchant. Face à l'Islande, le sélectionneur Gernot Rohr a apporté les correctifs nécessaires, avec une défense à trois axiaux et des leaders replacés dans leur zone de confort : au coeur de l'entrejeu, dans un registre de « regista » à l'italienne pour John Obi Mikel, et à droite de la défense, dans un rôle de « piston » comme à Chelsea pour Victor Moses. Avec comme condition pour chacun d'entre eux, de participer davantage aux tâches défensives que lors de premier match face à la Croatie, qui les vit évoluer un cran au-dessus. Le résultat ne se fit pas attendre et l'Islande ne résista pas à la belle deuxième période d'Ahmed Musa et des siens (2-0). Face à l'Argentine, lors du match décisif, il ne manqua que quatre minutes aux Nigérians pour sortir Lionel Messi et son équipe. Battus sur le fil (2-1), les Super Eagles, équipe la plus jeune du tournoi avec 24,9 ans de moyenne d'âge, auront payé leur manque d'expérience dans la gestion des temps faibles. Même si un second penalty aurait pu lui être accordé contre l'Argentine, le Nigeria a également pâti d'un certain déficit de talent aux postes offensifs, avec le seul Ahmed Musa au niveau escompté.

Le Maroc a compromis ses chances d'entrée


Deux matchs, deux défaites, une élimination : les faits sont têtus pour le Maroc. Et surtout frustrants. Si la sortie fut réussie contre l'Espagne (2-2), les Lions de l'Atlas ont payé leur retard à l'allumage, avec une défaite encaissée dans le temps additionnel face à l'Iran (1-0), équipe la plus abordable du groupe, puis des chances compromises dès l'entame contre le Portugal de Cristiano Ronaldo, vainqueur par la plus petite des marges. La Fédération royale marocaine de football a mis l'élimination de son équipe sur le compte de l'arbitrage, avec des décisions contestables de la VAR, mais c'est oublier un peu vite le manque d'efficacité des hommes d'Hervé Renard. Là encore, les chiffres sont cruels. Bien qu'ils se soient assurés la possession de balle sur les deux matchs et totalisés 29 tirs au but (13 contre l'Iran, 16 face au Portugal), le manque d'efficacité des Lions de l'Atlas s'avéra fatal. La critique ne saurait concerner les seuls attaquants de pointe. Ayoub El Kaabi puis Khalid Boutaïb, trop isolés en pointe, ne marquèrent certes pas dans les matchs à enjeu, mais la stérilité fut globale, avec une mention spéciale pour les joueurs créatifs Younès Belhanda, transparent, et Hakim Ziyech, pas toujours inspiré dans ses dernières passes. Et c'est ainsi que le Maroc fut éliminé au bout de deux matchs après avoir pourtant globalement proposé un football de qualité.

La Tunisie n'a pas tenu le choc


A l'image de l'Egypte, la Tunisie avait bien failli débuter sa Coupe du monde par un match nul en forme de petit hold-up face à l'Angleterre. En s'inclinant (2-1) dans les dernières secondes suite à un corner des plus évitables, les Aigles de Carthage se mirent en situation de quitte ou double dès leur second match, face à la Belgique. Alors qu'ils s'étaient contenté de subir face aux Three Lions, les hommes de Nabil Maaloul rivalisèrent dans la possession avec les Belges, mais payèrent cher leurs errements défensifs pour s'incliner sur un score sans appel (5-2). Déjà privés sur blessure de leur gardien de but numéro un Mouez Hassen dès le premier match, ils subirent lors du second les sorties sur blessure de Dylan Bronn et Syam Ben Youssef. Le seul salut pour la Tunisie consistait à être compacte, sans trop subir. Elle le fut contre l'Angleterre, mais au prix d'un ballon abandonné à son adversaire. Elle desserra l'étau contre la Belgique, mais en perdant sa compacité. Dans les deux cas, l’absence d’équilibre s’est avérée fatale. Comme si les promesses des matchs amicaux de préparation n’avaient pu être tenues une fois la compétition commencée, faute d'intensité physique et de rigueur. Quand ce fut enfin le cas, lors d'un troisième match honorable remporté contre le Panama (2-1, une première pour la Tunisie au Mondial depuis 1978), il était trop tard.

L'Egypte n'a même pas sauvé l'honneur


Compacte, avec un double rideau défensif, une seule pointe et l'initiative offensive laissée à des joueurs de couloir rapides, l'Egypte aura offert durant cette Coupe du Monde l'image que l'on pouvait attendre d'elle avant le début de la compétition. Le plan sembla d'abord fonctionner, et il s'en fallu d'une petite poignée de minutes pour que les Pharaons ne débutent leur phase de groupes par un match nul face à l'Uruguay. Battus mais pas abattus, ils firent encore illusion une mi-temps durant face à la Russie. Mais la Sbornaya sut ensuite faire parler sa qualité offensive. Trop court physiquement pour apparaître lors de l'entrée en lice de son équipe, Mohamed Salah était opérationnel à partir du deuxième match. S'il fit illusion et marqua le seul but des siens, sur pénalty, le meilleur joueur de Premier League joua à l'économie, rechignant souvent à aller au combat sur son aile droite comme il sait le faire avec Liverpool. Bis repetita contre l'Arabie Saoudite, les hommes d'Hector Cuper, remercié depuis, n'arrivèrent même pas à accrocher une victoire. Cette Coupe du Monde aura confirmé ce que l'on redoutait avant le coup d’envoi de la compétition : sans un Salah en forme, l'Egypte ne vaut pas grand-chose.

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