Covid-19 :"pas rassurés", les Togolais se ruent vers les centres de vaccination

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Covid-19 :"pas rassurés", les Togolais se ruent vers les centres de vaccination (1)
Une Togolaise porte un masque pour se protéger du Covid-19, sur un marché de Lomé le 17 avril 2020
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Mise à jour le
15 septembre 2021 à 21:00
par AFP Par Emile KOUTON
© 2021 AFP

"Enfin ! Je vais pouvoir retirer la copie légalisée de mon acte de naissance, car j’ai ma carte de vaccination", soupire Kossigan, sortie d’une longue file d’attente, après avoir reçu sa dose de vaccin à la Maison du Hadj, à Lomé.

Depuis vendredi au Togo, l’accès aux bâtiments administratifs est soumis à la présentation d'un pass vaccinal contre le Covid-19. Et les Togolais se pressent en nombre devant les centres de vaccination.

C'est l'une des mesures phares prises la semaine dernière par le gouvernement pour inciter la population à se faire vacciner suite à la récente flambée des cas de coronavirus. Comme ailleurs sur le continent, la défiance à l'égard du vaccin reste répandue dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.

Dans la cour du Centre médico-social (CMS) de Doumasséssé, un quartier populaire de Lomé, une longue file était visible en milieu de matinée dans la grande cour.

"Nous sommes vraiment débordés depuis samedi. Nous ouvrons nos portes de 7H à 16H (heure locale et GMT). Nous vaccinons au moins 600 personnes par jour, alors qu’on vaccinait entre 150 et 200 personnes", confie un agent de santé.

Assis autour d’une table, quatre agents de santé s'affairent: vérification des pièces d'identité et inscription sur une liste, avant l’administration de la dose. Deux petits porte-vaccins sont posés sur la table.

"Je suis venu me faire vacciner, surtout pour avoir la carte vaccinale. Je suis en train de faire mon passeport et ne pourrai pas avoir accès aux bureaux des services publics, sans ce document", confirme Honoré Yao, 21 ans, étudiant à l’Université de Lomé.

"Je vous avoue que cette vaccination est une contrainte pour moi. Je ne voulais pas le faire, parce que je ne suis pas rassuré. Mais, maintenant je suis obligé, parce qu’il me faut cette carte vaccinale", renchérit Eric Tivo, 25 ans, employé dans un supermarché.

"Il faut parfois des mesures fortes dans certaines circonstances, car nous sommes appelés à vivre avec le virus. Je n'accuse pas le gouvernement", commente Pacôme Logo, 20 ans, étudiant.

Préfectures, ministères... La carte de vaccination est désormais un sésame précieux, exigé presque partout. A l’entrée de la préfecture du Golfe, deux policiers et une femme en civil, membre de la brigade anti-covid, assurent le contrôle.

- 'Agir efficacement' -

"Les togolais se présentent pour la vaccination parce que le régime ne sait fonctionner que par la force. Il est incongru d'imposer le pass sanitaire pour accéder aux locaux de l'administration publique. C'est même anticonstitutionnel", dénonce l’opposant Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais.

Pour Dr. Koffi Agbétiafa, directeur préfectoral de la santé du Golfe, la stratégie de l’Etat est plutôt "très efficace et l’avenir est vraiment prometteur".

"En l’espace de quatre jours, le nombre de personnes vaccinées fait presque le tiers, du nombre enregistré depuis 5 ou 6 mois", salue ce médecin.

Le Togo fait face à une recrudescence de nouveaux cas de coronavirus ces dernières semaines. Le pays a officiellement recensé 23.947 cas de Covid-19, dont 208 décès.

En août, environ 10% des personnes testées étaient positives. Quinze décès ont été enregistrés dans la seule semaine du 27 août au 3 septembre, presque tous non vaccinées.

Cette situation a poussé le gouvernement a prolongé mardi de 12 mois, l'état d'urgence sanitaire.

Par ailleurs, les lieux de culte, bars et discothèques sont fermés et les mariages, manifestations culturelles, sportives et politiques interdits pendant un mois, tout comme les funérailles.

Le Premier ministre Victoire Tomégah-Dogbé a assuré aux députés que l'objectif était "d'agir efficacement pour la protection de la population".

"A ce jour, nous avons déjà vacciné 450.000 personnes dont la grande majorité est pleinement vaccinée. Au rythme actuel d’environ 10.000 doses administrées par jour, nous dépasserons plus d'un million de vaccinés d’ici fin décembre 2021. Nous devons maintenir le cap, voire accélérer", a-t-elle ajouté.