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Deux tests riches en enseignements pour les cinq mondialistes africains

Les cinq équipes africaines qualifiées pour la Coupe du monde 2018 ont disputé cette semaine les deux premiers matchs amicaux de leur campagne de préparation. Bilan d’étape.

Les cinq équipes africaines qualifiées pour la Coupe du monde 2018 (Egypte, Maroc, Nigeria, Sénégal, Tunisie) ont chacune disputé deux matchs amicaux ces derniers jours. Dernière étape avant la constitution d'une première présélection de 35 joueurs (d’ici le 14 mai prochain) et la liste définitive des 23 pour le Mondial, ces rencontres de préparation n'ont pas été avares d'enseignements pour les sélectionneurs des cinq représentants continentaux. Tour d'horizon.

Deux défaites pour les Pharaons

Placée dans le groupe de la Russie, pays organisateur, de l’Arabie Saoudite et de l’Uruguay, l’Egypte avait choisi de se rassembler en Suisse durant cette semaine internationale. Les Pharaons ont disputé et perdu leurs deux matchs amicaux, face au Portugal (2-1) puis à la Grèce (1-0), à Zurich. Ces deux défaites n’ont pas obéi au même déroulement. Dominés nettement par les champions d’Europe, les hommes d’Hector Cuper ont fait la course en tête après l’ouverture du score de Mohamed Salah avant d’être repris puis doublés dans le temps additionnel sur deux réalisations du Ballon d’Or, Cristiano Ronaldo. Face aux Grecs, sans Salah, ils se sont montrés incapables une heure durant de remonter le but concédé sur la première tentative cadrée de leurs adversaires. En l’absence du joueur de Liverpool, l’équipe a affiché une inquiétante stérilité, avec des doublures pas toujours à la hauteur. Ces deux matchs auront confirmé ce dont on se doutait : au-delà de sa rugosité défensive, l’Egypte dépend grandement de son atout majeur, Mohamed Salah.

Sans faute pour les Lions de l'Atlas

Le Maroc présente un bilan diamétralement opposé, avec deux victoires en deux matchs : à Turin face à la Serbie, nation du Top 40 mondial (2-1), puis contre l’Ouzbékistan (2-0) sur sa pelouse de Casablanca. Dans les deux cas, le score était acquis à la mi-temps, signe d’une capacité à subir sans dommage assez prometteuse pour la suite des événements. Si les Lions de l’Atlas peuvent s’appuyer sur une solidité collective et un entrejeu techniquement bien au-dessus de la moyenne, tout ne fut pas parfait lors de ces deux rencontres. Comme l’a relevé Hervé Renard après la victoire sur la Serbie, qui l’avait vu aligner son équipe type, le Maroc, placé dans un groupe très relevé avec l’Iran, l’Espagne et le Portugal, devra veiller à éviter les approximations. Certaines pertes de balle près du but auraient pu coûter plus cher, certaines occasions manquées aussi. A ce dernier titre, le premier but d’Ayoub El Kaabi avec l’équipe A, dès la troisième minute de la rencontre face à l’Ouzbékistan, restera comme l’un des principaux points positifs du stage. L’attaquant de la RS Berkane et meilleur buteur du récent CHAN a saisi la chance qui lui était offerte, même si Khalid Boutaïb reste sans doute le numéro un dans l’esprit d’Hervé Renard.

Semaine mitigée pour les Super Eagles

Le Nigeria a connu des fortunes diverses durant cette longue semaine de préparation : après s’être imposés à Wroclaw sur le terrain de la Pologne (1-0), grâce à un penalty transformé par Victor Moses, les Super Eagles ont subi la loi de la Serbie (0-2), à Londres. « Nous avons vu pas mal de bonnes choses, mais aussi des choses que nous devrons améliorer d’ici la Russie », avait résumé le sélectionneur Gernot Rohr après la victoire en terre polonaise. La défaite subie ensuite face aux coéquipiers de Nemanja Matic est venue donner raison à la pondération affichée par le technicien franco-allemand. L’intégration des joueurs créatifs, Alex Iwobi (Arsenal) en tête, pose question. La question du gardien de but également, le jeune Francis Uzoho (La Corogne) n’ayant pas pleinement convaincu lors de ces deux rendez-vous. Ce bilan contrasté sonne comme une piqûre de rappel pour une équipe qui aura fort à faire en juin prochain, avec pour adversaires l’Islande, la Croatie et l’Argentine, face à laquelle elle reste sur une victoire en amical (4-2). C’était le 14 novembre dernier à Krasnodar, au terme d’un match renversant.

Revue d'effectif pour les Lions de la Teranga

Les matchs amicaux de préparation servent notamment à passer en revue l’effectif de joueurs à disposition. Le sélectionneur du Sénégal, Aliou Cissé, en a offert une éclatante illustration durant ce rendez-vous FIFA du mois de mars. Pour son premier match, face à l’Ouzbékistan à Casablanca, le patron des Lions de la Teranga a aligné une équipe totalement chamboulée, avec deux habituels titulaires seulement. Ce onze « bis » a rendu une copie très moyenne, n’arrachant le nul qu’après l’heure de jeu grâce à l’attaquant d’Amiens Moussa Konaté. Si le binational Santy Ngom (Nantes) a séduit pour sa première apparition sous le maillot sénégalais, les autres expérimentations furent moins positives. Dans un onze plus classique face à la Bosnie-Herzégovine, mardi au Havre, les coéquipiers de Kalidou Koulibaly se sont montrés incapables de faire parler la poudre (0-0). Ces deux rencontres auront surtout servi au staff technique à tester un schéma tactique alternatif, en 3-5-2, en vue de la phase finale de la Coupe du monde. Il n’est toutefois pas à exclure qu’Aliou Cissé revienne à son habituel 4-3-3 par la suite.

Tests concluants face à des mondialistes pour les Aigles de Carthage

Comme le Maroc, la Tunisie a remporté ses deux matchs amicaux de la semaine. En battant l’Iran (1-0), chez eux à Radès, puis le Costa Rica sur le même score à Nice, les Aigles de Carthage ont emmagasiné de la confiance face à deux mondialistes. La principale interrogation portait sur l’intégration des quatre joueurs binationaux récemment « recrutés » par Nabil Maaloul. Le gardien de but Mouez Hassen (Châteauroux), le défenseur central Yohan Benalouane (Leicester City) ou encore les milieux de terrain Ellyes Skhiri (Montpellier) et Saîf-Eddine Khaoui (Troyes) : tous ont été généreusement utilisés lors des deux rencontres, donnant globalement satisfaction. De l’avis général, le reste du groupe, majoritairement composé d’éléments évoluant dans le championnat local ou dans le Golfe persique, les a chaleureusement accueillis au cours d’un stage qui a également permis au sélectionneur de tester diverses combinaisons tactiques. Il faudra bien cela pour être à la hauteur du défi qui attend la Tunisie au Mondial, face à l’Angleterre, à la Belgique et au Panama.