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En Algérie, "le système a un président, mais ce n’est certainement pas celui des Algériens !", estime Zoubida Assoul

Annonce des résultats de la présidentielle à l'ANIE ce vendredi 13 décembre 2019. L'autorité des élections annonce l'élection d'Abdelmajid Tebboune dès le premier tour et une participation avoisinant les 40%. © AP Photo/Fateh Guidoum

L'autorité des élections a annoncé ce vendredi 13 décembre la victoire d'Abdelmajid Tebboune à la présidentielle organisée la veille. L'ancien Premier ministre est crédité de plus de 58%. L'ANIE confirme également une participation proche de 40%. Zoubida Assoul dirige le parti d'opposition UCP, l'Union pour le changement et le progrès, un parti d'opposition qui refusait l'organisation de cette présidentielle. Pour Zoubida Assoul, ce scrutin et son résultat ne vont pas apaiser la situation, bien au contraire.

TV5MONDE : L'Algérie a donc désormais un président. L'autorité des élections a donné son nom ce vendredi, il s'agit d'Abdelmajid Tebboune. Comment accueillez-vous cette annonce ?

Zoubida Assoul : Il est non seulement la continuité du système mais il est le système ! Monsieur Tebboune est au coeur du pouvoir depuis 1975. Les millions d’Algériens qui sont dans la rue tous les mardis et tous les vendredis ne le reconnaissent pas ! Chaque manifestation a valeur de référendum ! Il est le président du pouvoir ! 
Aujourd’hui, le système a un président, mais ce n’est certainement pas celui des Algériens ! 

Quel est votre regard sur cette élection qui a porté M. Tebboune au pouvoir ?

Ce qui nous remonte à travers nos militants dans toutes les régions du pays, c’est qu’il s’agit de l’élection la plus boycottée de toute l’histoire de l’Algérie. Je ne crois même pas au taux de participation de 39,83 % donnée par l’ANIE ! Ses chiffres sont irréels !

Zoubida Assoul, magistrate, dirige le parti d'opposition UCP. En 2018, elle a été l'une des initiatrices du mouvement Mouwatana contre le 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika.
Zoubida Assoul, magistrate, dirige le parti d'opposition UCP. En 2018, elle a été l'une des initiatrices du mouvement Mouwatana contre le 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika.
© Photo Facebook de Zoubida Assoul

J’ai visité de nombreux bureaux de vote jeudi, notamment à Alger, il n’y avait vraiment pas foule ! Et dans certaines wilayas (préfectures, NDLR) comme à Boumerdès, Tizi Ouzou, Bejaïa, Bouira ou Sétif, certains bureaux sont restés complètement vides ! C’est donc une imposture, c’est la continuité de la feuille de route d’Abdelaziz Bouteflika ! C’est l’un de ses plus proches qui est aujourd’hui présenté comme nouveau président !

Que va proposer le Hirak à présent ? Que va proposer l'opposition ? 

C’est très compliqué car depuis le départ on dit que cette élection ne va pas régler la crise politique en Algérie, bien au contraire ! Elle va encore la compliquer davantage ! Nous sommes sous le choc ! Comment le pouvoir a-t-il osé falsifier à ce point le taux de participation ? Ils auraient pu être un peu moins provocateurs vis-à-vis des millions d’Algériens qui ont décidé de boycotter les élections ! A présent, nous devons analyser la situation au sein des partis politiques. Au niveau de notre regroupement, le Pacte de l’alternative démocratique (PAD), nous allons nous réunir dans les plus brefs délais pour décider quelles actions mener par rapport à cette situation de fait et ce coup de force qu’une fois encore le pouvoir a décidé d’imposer au peuple algérien. Mais les Algériens sont plus déterminés que jamais à continuer à rejeter ce pouvoir et vouloir aller vers des actions qui seront beaucoup plus précises dans les jours à venir.

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