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En Côte d'Ivoire, la candidature d'Alassane Ouattara au cœur du débat

Président ou candidat ? Alassane Ouattara ce mercredi 9 septembre 2020, à Bongouanou, dans le centre la Côte d'Ivoire, région d'origine de Pascal Affi N'Guessan, candidat du FPI à la présidentielle du 31 octobre. © Page Facebook de la présidence ivoirienne

L'annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à la présidentielle d'octobre avait déclenché manifestations et affrontements au courant du mois d'août. Un mois plus tard, le débat fait toujours rage : après deux mandats, Ouattara peut-il se représenter ? Deux personnalités politiques d'opposition de premier plan viennent à leur tour de répondre non.

Candidat à la présidentielle du 31 octobre en Côte d'Ivoire, Pascal Affi N'Guessan, Premier ministre sous Laurent Gbagbo, a déposé une requête pour faire invalider la candidature du président Alassane Ouattara.
Dans leur "requête" datée du 6 septembre et parvenue à l'AFP lundi, Pascal Affi N'Guessan et le Front populaire ivoirien (FPI, fondé par l'ancien président Laurent Gbagbo) demandent au Conseil constitutionnel de "déclarer inéligible M. Ouattara et par conséquent de rejeter sa candidature". 

Alors que la Constitution limite à deux les mandats présidentiels, l'annonce de la candidature du chef de l'Etat sortant pour un troisième mandat a provoqué des manifestations meurtrières en août. Les partisans de M. Ouattara affirment que le changement de Constitution en 2016 a remis les compteurs à zéro, ce que conteste le FPI.

"L’avènement de la  nouvelle Constitution intervenu au cours de son second mandat a-t-il eu pour effet de remettre la comptabilité de ses deux précédents mandats à zéro ? La réponse est clairement négative et ne souffre d'aucune ambiguïté", selon le texte de la requête. 

Pascal Affi N'Guessan après avoir déposé sa candidature sous l'étiquette FPI le 27 août 2020 à Abidjan.
Pascal Affi N'Guessan après avoir déposé sa candidature sous l'étiquette FPI le 27 août 2020 à Abidjan.
© AP Photo/Diomande Ble Blonde

Acteurs politiques et société civile s'inquiètent d'une montée de tension en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise post-électorale née du refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara.

Ancien ministre de Gbagbo, Charles Blé Goudé a lui affirmé lundi à La Haye, où il est en liberté conditionnelle, qu'il faut reporter la présidentielle.

Dans une interview à l'hebdomadaire français Le Point, l'ancien chef des Jeunes Patriotes, proche de l'ancien président Laurent Gbagbo, estime qu'"à un mois des élections, la Côte d'Ivoire compte déjà des morts. Ce sont des signes annonciateurs de ce qui nous attend pendant et après les élections". 

Il nous faut repousser le scrutin.

Charles Blé Goudé, ancien ministre de Laurent Gbagbo

"Organiser le scrutin dans des circonstances pareilles serait conduire notre pays droit dans le mur", a déclaré M. Blé Goudé."Il nous faut repousser le scrutin, mettre ce report à profit pour organiser des assises nationales qui permettraient de rechercher le consensus", a poursuivi celui qui a été acquitté de crimes contre l'humanité en première instance par la Cour pénale internationale (CPI) et attend un éventuel procès en appel.

De nombreux observateurs et ONG estiment que Blé Goudé a été l'un des principaux acteurs de la montée de la tension en Côte d'Ivoire dans la décennie 2000, qui a culminé en 2010-2011 avec des violences post-électorales ayant fait plus de 3.000 morts. Blé Goudé, 48 ans, chef du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (Cojep) a, à plusieurs reprises, annoncé sa volonté d'être candidat à la présidentielle en 2025, mais pas en 2020.

La commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne a indiqué le 3 septembre avoir reçu 44 dossiers de candidature, dont ceux de Laurent Gbagbo, toujours en Belgique, et de l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, qui réside en France.

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