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En France, les "Gilets noirs" réclament des papiers et des logements

Devant le Panthéon à Paris le vendredi 12 juillet 2019. Plusieurs centaines de sans-papiers et militants ont investi le célèbre monument. © AP Photo/Kamil Zihnioglu

L'opération était spectaculaire. Vendredi 12 juillet, plusieurs centaines de militants du mouvement de sans-papiers "Gilets noirs" ont investi un célèbre monument parisien, le Panthéon. Ils réclament aujourd'hui une rencontre avec le Premier ministre et campagne de régularisations. 

Ils sont quelques dizaines ce lundi matin devant le nouveau Palais de justice à Paris, “Le bâtiment ressemble au siège d’une multinationale” nous dit Jahangir, du mouvement “La Chapelle debout”. Ils sont venus soutenir seize militants "Gilets noirs" (huit d'entre eux déclarés libérables dans la journée de lundi, selon le mouvement) “victimes d’une rafle militaire cachée” le vendredi 12 juillet au Panthéon à Paris. Ce jour-là, 600 sans-papiers et militants investissent le monument car, explique un militant à l’AFP, “il y a, à l’intérieur des symboles de la lutte contre l’esclavage. On se bat contre l’esclavage du troisième millénaire”. 
Que demandent les manifestants ? “Des papiers pour toutes et pour tous, des logements pour toutes et pour tous”, résume Jahangir.
Mais le rassemblement tourne au vinaigre. L’évacuation du Panthéon est musclée comme en témoigne des vidéos et photos publiées sur les réseaux sociaux.
 

La France est un Etat de droit, dans tout ce que cela implique : respect des règles qui s’appliquent au droit de séjour, respect des monuments publics et de la mémoire qu’ils représentent”. Telle sera la seule réponse du Premier ministre dans un tweet saluant l’évacuation du Panthéon. C’est pourtant à lui et lui-seul que le mouvement des sans-papiers "Gilets noirs" font appel aujourd’hui. Pas au ministère de l’Intérieur ou aux préfectures, mais à Edouard Philippe car, nous explique Jahangir, “c'est lui qui peut décider d’une régularisation massive”.

“On est des sans-papiers, des sans-voix”

Camara est aux côtés de Jahangir ce lundi devant le Palais de justice de Paris. Le jeune mauritanien sans-papiers était lui aussi au Panthéon vendredi dernier. Il ne dira rien de son cas personnel, préférant toujours renvoyer au combat collectif. “Ne pas avoir de papiers, c’est être condamné à se cacher. Ne pas avoir le droit de se loger. Ne pas avoir le droit de circuler”, résume celui qui milite également au sein du mouvement “la Chapelle debout”.

L’action du vendredi 12 juillet au Panthéon n’était pas la première du genre. Depuis fin 2018, les militants “Gilets noirs” et “la Chapelle debout” ont déjà mené plusieurs actions. En mai, ils étaient à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle pour y occuper le terminal 2F et manifester “contre la collaboration d’Air France” dans les expulsions. Courant juin, dans le quartier d’affaires de La Défense, ils occupent le siège de la multinationale Elior spécialisée dans la restauration pour y dénoncer “son business” utilisant des sans-papiers. "Elior emploie des sans-papiers sans les déclarer et distribue de la nourriture dans les centres de rétention, où sont enfermés d'autres sans-papiers", expliquait alors un militant "Gilets noirs" à l’AFP.

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Jahangir, militant de l'association "la Chapelle debout"
© TV5MONDE

Derrière les actions “coup de poing”, il y a aussi la mobilisation au quotidien. Le mouvement “Gilets noirs” revendique sa présence dans une quarantaine de foyers pour la seule région parisienne.
Nous sommes mobilisés également dans les tribunaux et dans les prisons”, explique Jahangir car, “la politique actuelle n’a rien de nouveau. Depuis des décennies, il existe une chasse aux immigrés et en particulier ceux venus des pays du Sud, des anciennes colonies”. 

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