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En Guinée, plusieurs victimes lors de heurts avec les forces de l'ordre

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Au moins deux manifestants ont été tués selon les autorités, et plusieurs autres blessés par balles lundi 4 novembre à Conakry lors de heurts entre forces de l'ordre et manifestants. Ces affrontements ont eu lieu lors d'une marche accompagnant les cercueils de onze Guinéens tués lors des manifestations contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Les autorités ont fait état de  "deux morts" lundi en fin de journée, dans un communiqué lu devant la presse.

Abdourahim Diallo, 17 ans, a été touché au ventre et a succombé à ses blessures à l'hôpital alors qu'il était venu "assister aux obsèques de son ami tué il y a deux semaines", a dit à l'AFP sa soeur Diariana. Selon elle, il a été tué par une arme à feu "à bout portant".

Ces heurts se sont produits alors que des centaines de Guinéens défilaient aux cris de "Justice pour les morts" et "Alpha, assassin", derrière les cercueils de onze manifestants tués lors de protestations contre un éventuel troisième mandat d'Alpha Condé.
 

Les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles, touchant six personnes grièvement.

Communiqué de l'Union des forces démocratiques de Guinée (l'UFDG)

Familles et personnalités de l'opposition ont marché de l'hôpital de l'Amitié sino-guinéenne vers la mosquée de Bambeto, puis vers le cimetière de ce quartier favorable à l'opposition où sont déjà enterrés des dizaines de personnes tuées au cours de manifestations ces dernières années.

Le principal parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (l'UDFG)  a indiqué lundi après-midi qu'"à l'arrivée au carrefour Bambeto, le cortège funèbre a été pulvérisé de gaz lacrymogène". "Les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles, touchant six personnes grièvement".

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui mène le mouvement, a voulu transformer en "marche funèbre" les funérailles des 11 manifestants. Il avait prévu cette marche mercredi dernier. Mais les autorités avaient annoncé au dernier moment qu'elles ne restitueraient pas les corps dans l'immédiat car des autopsies, selon elles, étaient toujours en cours.

Les corps ont finalement été acheminés directement lundi matin à l'hôpital de l'Amitié sino-guinéenne.

"Je ne pardonnerai pas à Alpha Condé qui a ordonné de tuer mon unique garçon", a déclaré un homme d'une soixantaine d'années avant de s'effondrer alors que la foule attendait la mise à disposition des corps qui devaient ensuite être chargés dans des corbillards estampillés FNDC.

Contre un éventuel nouveau mandat d'Alpha Condé

La protestation vise le projet prêté au président Condé de briguer sa propre succession en 2020.

M. Condé a lancé en septembre des consultations sur la Constitution, "concentré d'intérêts corporatistes" selon lui. Pour ses adversaires, il ne fait aucun doute que M. Condé entend réviser la Constitution pour concourir à un troisième mandat présidentiel en 2020 alors que le texte actuel en limite le nombre à deux.

A 81 ans, M. Condé ne confirme ni n'infirme les intentions qu'on lui attribue. Les tensions actuelles font redouter à la communauté internationale une escalade dans un pays coutumier des manifestations et des répressions violentes.

La Guinée, petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis le 14 octobre à une intense contestation. L'opposition chiffre à 14 le nombre de manifestants tués depuis cette date alors que des dizaines d'autres ont été blessés, des dizaines encore arrêtés et jugés. Un gendarme a également trouvé la mort.

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