Éthiopie : la production d'électricité du grand barrage sur le Nil est lancée

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Après plus de dix ans de travaux et de controverses avec l'Egypte et le Soudan, l'Ethiopie a officiellement lancé dimanche la production d'électricité de son grand barrage de la Renaissance, sur le Nil Bleu. 
AP/Elias Asmare
Mis à jour le
20 février 2022 à 16:38
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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a officiellement lancé dimanche 20 février 2022 la production d'électricité du grand barrage de la Renaissance, sur le Nil Bleu, dans l’extrême ouest du pays. Le projet controversé a coûté plusieurs milliards de dollars.

Accompagné de nombreux hauts fonctionnaires, Abiy Ahmed a effectué une tournée dans la centrale électrique et a cliqué une série d'interrupteurs sur un écran électronique pour déclencher la production, selon les responsables.

"Ce grand barrage a été construit par les Ethiopiens, mais au bénéfice de tous les Africains, pour que tous nos frères et soeurs africains en profitent", a affirmé un haut responsable participant à l'inauguration. 

"Cette journée, pour laquelle les Ethiopiens ont tant sacrifié, que les Ethiopiens ont tant espérée, pour laquelle ils ont tant prié, cette journée est enfin là", a-t-il ajouté en présidant la courte cérémonie de lancement. 

Au lancement du projet, chaque fonctionnaire avait été appelé à contribuer un mois de salaire au financement du barrage. Par la suite, de nombreux emprunts publics avaient également sollicité les économies des Ethiopiens. 

Dimanche, divers responsables éthiopiens ont loué les efforts d'Abiy Ahmed pour achever le financement d'un projet qui a longtemps frôlé l'échec. 

"Notre pays a tant perdu, surtout financièrement, en raison des retards de travaux", a souligné le directeur général du projet Kifle Horo, lors de ses remarques d'ouverture. 
En l'absence de comptabilité officielle précise, le coût total du projet a été estimé par les experts à 4,2 milliards de dollars (3,7 mds d'euros).
 
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Tributaires du Nil

Le Gerd ("Grand Ethiopian Renaissance Dam") constitue, depuis le lancement du projet en 2011, un contentieux avec le Soudan et l'Egypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques.

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Le Caire invoque un "droit historique" sur le fleuve, garanti depuis un traité signé en 1929 entre l'Egypte et le Soudan, alors représenté par le Royaume Uni, puissance coloniale. L'Egypte avait obtenu un droit de veto sur la construction de projets sur le fleuve.

En 1959, après un accord avec Khartoum sur le partage des eaux, l'Egypte s'était attribué un quota de 66% du débit annuel du Nil, contre 22% pour le Soudan.

N'étant pas partie prenante de ces accords, l'Ethiopie ne s'est jamais considérée liée par eux et, en 2010, un nouveau traité signé par les pays du bassin du Nil, malgré l'opposition de l'Egypte et du Soudan, a supprimé le droit de veto égyptien et autorisé des projets d'irrigation et de barrages hydroélectriques. 

Saisi l'été dernier, l'ONU avait recommandé aux trois pays de poursuivre leurs pourparlers sous l'égide de l'Union africaine (UA). Le Caire et Khartoum, inquiets pour leur approvisionnement en eau avaient demandé à Addis Abeba de stopper le remplissage du barrage.  

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L'Ethiopie avait néanmoins procédé en juillet dernier à la seconde phase de remplissage du barrage, annoncé comme un des plus gros d'Afrique avec un objectif de production initiale de 6 500 mégawatts, revue à la baisse à 5 000 MW, pour un coût total estimé à 4,2 milliards de dollars (3,7 mds d'euros).

Selon les médias d'Etat éthiopiens, la production initiale du Gerd est de l'ordre de 375 MW avec la mise en service d'une première turbine, sur les 13 de l'ensemble du barrage. 
 
Une deuxième turbine devrait être mise en marche d'ici quelques mois, et l'ensemble du barrage être pleinement opérationnel en 2024, a indiqué à l'AFP Kifle Horo.
 
Situé sur le Nil Bleu, à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, le Grand barrage de la Renaissance est long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres.