Ethiopie : les atrocités commises par les forces érythréennes dans la région du Tigré n'ont pas cessé

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Ethiopie : les atrocités commises par les forces érythréennes dans la région du Tigré n'ont pas cessé (1)
De nombreux Tigréens ont fui vers le Soudan voisin depuis le début du conflit en novembre 2020, comme ici, à Hamdayet, le 23 mars 2021. Ils étaient, fin mars, 1,7 millions de déplacés selon les chiffres donnés par le secrétaire général adjoint de l'Organisation pour les Affaires humanitaires de l'ONU. 
Nariman El-Mofty (AP)
Mis à jour le
16 avril 2021 à 14:47
par TV5MONDE Avec AFP
Lors d'une session à huis clos, qui s'est tenue jeudi 15 mars au Conseil de sécurité des Nations unies, le secrétaire général de l'Organisation pour les Affaires humanitaires a notamment fait état d'une hausse des violences sexuelles et des premiers cas de personnes mourant de faim au Tigré. Il a par ailleurs appelé les forces érythréennes à se retirer de la région comme l'avait déclaré le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à la fin du mois de mars. 

Le secrétaire général adjoint de l'Organisation pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock a indiqué, jeudi, au conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU), que "la crise humanitaire s'est aggravée" dans la région du Tigré en Ethiopie. Des premiers cas de personnes mourant de faim ont été relevés.

Sur le terrain, "aucune preuve" n'est venue confirmer un retrait de la région des forces militaires érythréennes, accusées d'exactions, comme l'avait annoncé, fin mars, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a-t-il ajouté lors de cette session à huis clos. "Malheureusement, je dois dire que ni l'ONU ni aucune des agences humanitaires avec lesquelles nous travaillons n'ont vu la preuve du retrait de l'Erythrée."

Cette réunion, la première depuis plus d'un mois, avait été demandée par les Etats-Unis.

Dans un communiqué après la réunion, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a affirmé que "le gouvernement érythréen devait retirer ses forces d’Ethiopie immédiatement. Nous sommes horrifiés par les informations faisant état de viols et d'autres violences sexuelles d'une cruauté indescriptible qui continuent de faire surface." Elle a également réclamé le départ du Tigré des forces régionales Amhara, accusées elles-aussi d'exactions.

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Soldats érythréens en uniformes éthiopiens

"Le conflit n'est pas terminé et les choses ne s'améliorent pas. Sans un cessez-le-feu, cette crise humanitaire déjà grave ne fera que s'aggraver, a averti Mark Lowcock. Je réitère à nouveau la nécessité pour les Forces de défense érythréennes de mettre un terme aux atrocités et de se retirer. L'annoncer n'est pas la même chose que le faire."

Le responsable onusien a par ailleurs affirmé avoir "entendu certaines informations faisant état de soldats érythréens portant désormais des uniformes des forces de défense éthiopiennes. Et indépendamment de l'uniforme ou de l'insigne, le personnel humanitaire continue de signaler de nouvelles atrocités qui, selon lui, sont commises par les forces de défense érythréennes."

Il a toutefois précisé que les Erythréens "ne sont pas le seul acteur. Selon certaines informations, des civils auraient été attaqués et chassés de leurs maisons dans l'ouest du Tigré par les milices Amhara, et les autorités de ce groupe ethnique restreignent les accès à ces personnes."

"91 % de la population du Tigré a besoin d’une aide humanitaire"

La violence sexuelle a aussi redoublé sur le territoire. "La majorité des viols sont commis par des hommes en uniforme. Les cas signalés concernaient les forces de défense nationale éthiopiennes, les forces de défense érythréennes, les forces spéciales d'Amhara et d'autres groupes armés irréguliers ou des milices alignées, a-t-il précisé. Il ne fait aucun doute que la violence sexuelle est utilisée dans ce conflit comme une arme de guerre, comme un moyen d'humilier, de terroriser et de traumatiser une population entière aujourd'hui et dans sa prochaine génération. Les combats doivent cesse !"

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"Nous devons encore intensifier considérablement l'aide humanitaire aux populations de tout le Tigré. Nous savons déjà qu'au moins 4,5 millions de personnes sur près de six millions au Tigré ont besoin d'une aide humanitaire. Le gouvernement lui-même estime que 91% de la population du Tigré a besoin d'une aide alimentaire d'urgence", a-t-il plaidé, tandis qu’il a reçu " cette semaine un premier rapport sur quatre personnes déplacées qui meurent de faim".

"1,7 million de déplacés"

"L'amélioration de l'accès et la réduction des combats et des atrocités se sont souvent révélées temporaires et sporadiques. Il n'y a pas assez d'aide pour atteindre les personnes qui en ont besoin. Alors elles deviennent de plus en plus affamées et malades", a-t-il déploré.

"Depuis le début du conflit (en novembre), les civils ont subi des bombardements aveugles de villes, des violences ciblées, des meurtres et exécutions de masse et des violences sexuelles systématiques comme arme de guerre", a souligné le responsable onusien. 

Selon lui, "le nombre de personnes déplacées augmente" pour avoir atteint fin mars "1,7 million de personnes au Tigré".

Début novembre 2020, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait annoncé l'envoi de l'armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants du TPLF (Front de libération du peuple du Tigré), dont les forces sont accusées, par Addis Abeba, d'avoir mené des attaques contre des camps militaires des forces fédérales.

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