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Forum sur la paix à Paris : un "incubateur" de bonnes idées contre les "égoïsmes nationaux"

Le président français, Emmanuel Macron, à l'ouverture du 2e Forum pour la paix, ce mardi 12 novembre 2019. © AP Photo/Michel Euler, Pool

Le 2e Forum sur la paix a débuté ce mardi 12 novembre 2019 à Paris. Pendant deux jours, une trentaine de chefs d'Etat a l'occasion d'y rencontrer des acteurs d'ONG, d'entreprises ou de la société civile venus présenter leurs actions. L'objectif du Forum, promouvoir le multilatéralisme, dans un climat diplomatique tendu et alors que "nous vivons une crise sans précédent de notre système international", a dit le président français dans son discours d'ouverture.

Quelles solutions pour une meilleure organisation de la planète” ? Les mots sont des organisateurs du forum et ils illustrent bien l’ambition de cette 2e édition.
S’ils sont deux fois moins nombreux que l’an dernier, une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernements ont fait le déplacement à la grande Halle de la Villette dans le nord de Paris. Que vont-ils y trouver ? Des idées.  

Le forum est un salon, un incubateur. Dans les allées, plusieurs milliers de représentants d’ONG, de la société civile ou d’entreprises qui profitent de ces deux journées pour leur présenter leurs initiatives. “Il s’agit à la fois d’un sommet, d’une conférence de haut niveau et d’un salon de propositions qui intègre des nouveaux acteurs non étatiques sans lesquels il est impossible d’affronter efficacement des questions telles que le réchauffement climatique, la gouvernance d’Internet, l’intelligence artificielle ou le développement”, explique au quotidien français Le Monde, le directeur général du Forum.

On est donc bien loin de l’ambiance des sommets bunkerisés entre grands de ce monde. “On veut donner la priorité non pas aux discussions, aux colloques mais à la recherche de solutions”, surenchérit le président du Forum, Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce. Concrètement, à l’issue de ce rendez-vous, une dizaine de projets seront retenus et accompagnés pendant un an.
 

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Un climat lourd et de grands absents

L’an dernier, en 2018, la création du Forum coïncidait avec le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, surnommée Grande Guerre. Cette année, la ferveur commémorative est semble-t-il retombée.

Deux fois moins de dirigeants présents, donc, mais aussi un climat plus lourd. Les initiatives diplomatiques en solitaire du président américain et les déclarations récentes d’Emmanuel Macron au sujet de l’Alliance atlantique illustrent le défi que représente le multilatéralisme défendu par les organisateurs du Forum. La semaine dernière, le président français évoquait l’état de “mort cérébrale” de l’OTAN. Des propos qui lui ont valu un recadrage de la chancelière allemande, Angela Merkel, déplorant un “jugement intempestif” de la part d’Emmanuel Macron. Recadrage aussi de la présidente désignée de la Commission européenne pour qui l’OTAN est une alliance “remarquable”. 

Ursula von der Leyen est néanmoins présente à Paris aux côtés du chef de l’Etat français pour ouvrir ce 2e Forum. Tout comme le vice-président chinois. Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine sont, eux, représentés par des ministres. Comme l’an dernier, on ne croisera, par contre, aucun Américain dans les allées de la Villette.

Le président congolais Félix Tshisekedi à l'Elysée à la veille du 2e Forum pour la paix, le lundi 11 novembre 2019.
Le président congolais Félix Tshisekedi à l'Elysée à la veille du 2e Forum pour la paix, le lundi 11 novembre 2019.
© AP Photo/Michel Euler

Félix Tshisekedi en vedette

Invité vedette de ce 2e Forum pour la paix, le président congolais. Félix Tshisekedi est en France pour deux jours avant une journée en Allemagne. Nouvelle illustration de l’hyperactivité diplomatique de celui qui dirige la République démocratique du Congo depuis janvier 2019. Au cours des onze derniers mois, "Fatshi" s’est déjà rendu dans une vingtaine de pays à travers la planète, comme en Belgique pour une visite d'Etat mi-septembre, rompant très nettement avec les habitudes de son prédécesseur Joseph Kabila.  

A l'issue de sa rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron, ce dernier a annoncé que la France allait aider la RDC à hauteur de 65 millions d'euros dans le cadre d'un contrat de développement et désendettement pour accompagner "le travail de modernisation et de transformation de la RDC". Il portera notamment sur l'éducation. Vingt-trois millions seront débloqués pour accompagner le projet de gratuité de l’éducation. La santé sera également à l'ordre du jour. " La stabilisation, la reconstruction du système de santé dans toutes les régions aux côtés du président Tshisekedi est un point pour nous très important ", a déclaré Emmanuel Macron. L'aide de la France servira aussi à la francophonie et la préservation de la forêt.

L’Afrique est également représentée par le Tchad, le Mali, le Niger ou encore le Cameroun, entre autres. Des Etats confrontés à des crises sécuritaires interieures ou régionales et à qui le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres s’est adressé lundi soir en préambule au Forum : “Le monde se fissure. Quel État peut aujourd’hui réparer ces fissures, isolé du reste du monde ? ».

La présence des présidents tchadien, malien et nigérien a été l'occasion d'annonces françaises dans la lutte contre les djihadistes au Sahel. Emmanuel Macron a promis "des décisions" dans les prochaines semaines, à l'issue d'un déjeuner avec Idriss Déby, Mahamadou Issoufou et Ibrahim Boubacar Keita.

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