Guinée : l'opposition annonce la reprise des manifestations

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Le chef de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, au centre, passe devant des partisans à son siège à Conakry, en Guinée, le lundi 19 octobre 2020. Diallo s'est déclaré vainqueur de l'élection présidentielle, face au président sortant, Alpha Condé.
AP Photo/Sadak Souici
Mis à jour le
29 novembre 2020 à 12:35
par TV5MONDE AFP
Ce vendredi 30 octobre, 10 candidats d'opposition ont rejeté les résultats provisoires ayant déclaré le président Alpha Condé réélu avec 59,5% des suffrages et appelé leurs partisans à reprendre leurs manifestations mardi.

"Compte tenu des graves irrégularités enregistrées avant, pendant et après le scrutin, les participants ont décidé de rejeter catégoriquement les résultats provisoires proclamés", a déclaré devant la presse à Conakry Cellou Dalein Diallo, arrivé second du scrutin du 18 octobre - en compagnie de neuf autres candidats.

Voir aussi : Cellou Dalein Diallo : "Nous n'accepterons pas la fraude massive à laquelle Alpha Condé s'est livrée"

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Au total 12 candidats ont participé au scrutin. Selon Aliou Condes, secrétaire général du parti de M. Diallo, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), un seul, Laye Souleymane Diallo, a reconnu la victoire du chef de l'Etat.

"À partir de mardi nous allons reprendre les manifestations pacifiques dans les rues et les places publiques pour dénoncer le hold-up électoral en cours et exiger la reconnaissance de notre victoire", a ajouté M. Diallo, qui avait déjà rejeté les résultats dès leur proclamation par la Commission nationale électorale (Céni).

Selon les résultats provisoires annoncés le 24 octobre par la Céni, le chef de l'Etat, 82 ans, a été reconduit pour un troisième mandat controversé en obtenant 59,5% des suffrages exprimés. Le chef de l'opposition a été crédité de 33,5% des voix. 
Selon le gouvernement, les violences post-électorales ont fait 21 morts, dont des membres des forces de l'ordre. L'opposition dénonce pour sa part une "répression sanglante" ayant fait au moins 27 tués. Vendredi, M. Diallo, a affirmé que "plus de trente" personnes avaient été tuées.
Le pouvoir guinéen a allégé mercredi le dispositif sécuritaire en place depuis la présidentielle, notamment autour du domicile du chef de l'opposition.

Voir aussi : Élection présidentielle en Guinée : "Seule la Ceni peut demander le recomptage des voix"

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"Interrogations" sur le résultat

La majorité présidentielle s'est "félicitée du bon déroulement de l'élection présidentielle", estimant que "de l'avis unanime de toutes les parties", le scrutin avait été "ouvert, transparent, inclusif".

La France, ancienne puissance coloniale, a exprimé mercredi sa "préoccupation" sur la situation en Guinée, estimant que les doutes sur la crédibilité des résultats devraient être "levés de façon transparente".

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell a lui souligné que "des interrogations demeurent quant à la crédibilité du résultat, notamment en ce qui concerne la remontée des procès-verbaux et le décompte final des votes".

Egalement "préoccupés" par les interrogations autour de la fiabilité du scrutin, les Etats-Unis ont "condamné la violence" et exhorté "toutes les parties à résoudre pacifiquement les différends électoraux". "Nous exhortons les autorités à enquêter immédiatement sur les allégations de recours excessif à la force par les forces de sécurité", a écrit l'ambassade américaine à Conakry dans un communiqué.

L'opposition a jusqu'au début de la semaine prochaine pour introduire un recours devant la Cour constitutionnelle, qui disposera ensuite d'un délai de cinq jours pour prononcer les résultats définitifs.

Réélu en 2015 pour un second et dernier mandat, M. Condé s'est représenté pour un troisième, arguant que l'adoption en mars d'une nouvelle Constitution remettait à zéro le compteur de mandats présidentiels. Mais ses adversaires ont dénoncé un "coup d'Etat constitutionnel".

Voir aussi : Élection en Guinée : à Conakry, la crainte de nouvelles violences post-électorales

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