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Guinée : mieux que l'exil vers l'Europe, le retour à la ferme au pays

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Commentaire : Simon Rodier / Julie Jolivet

Ils ont failli perdre leur vie en voulant rejoindre l'Europe à tout prix. Deux jeunes guinéens ont finalement trouvé leur place dans leur pays avec le soutien de l'Organisation mondiale pour les migrations. Ils développent leur propre activité: l'élevage de volailles. Un exemple qui fait des émules.

Ces jeunes gens élèvent des poules pondeuses. Il y en a près de 3000 ici. Ils profitent déjà de la vente des oeufs. En langage économique, c'est une activité génératrice de revenus.

Yamoussa et Mamadou ont tenté le grand départ vers L'Europe. Ils ne l'ont jamais vu. A même pas 20 ans, ils ont vécu comme tous ceux-là, les coffres de picks up dans le désert, la faim, le chacun pour soi aussi... Yamoussa s'est perdu en Algérie.

Lorsque je suis parti en Algérie, j'ai perdu ma mère, j'ai perdu mon père. Je suis parti avec deux amis et ils m'ont trahi. Comme moi je n'avais pas d'argent, je suis rentré.

Yamoussa Camara, ancien migrant

Yamoussa est revenu seul, Mamadou s'est retrouvé au Niger, sans solution. Grâce à l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations, il est retourné en Guinée, et la chance a tourné.

Je vois le numéro de l'OIM qui s'affiche sur mon téléphone et une voix me dit: 'Monsieur Barry Mamadou Toulel, c'est vous le migrant revenu au Niger? On vous donne une ferme, si vous pouvez travailler là-desssus'. J'étais ébahi, j'étais très content parce que j'étais surpris. Je ne savais même pas qu'il y avait une activté en place pour me soutenir.

Mamadou Barry Toulel, ancien migrant

Depuis, ils apprennent un nouveau métier, sous l'oeil de référent comme Michael.

Aujourd'hui, les résultats sont là et nous sommes là pour les soutenir. On va continuer à les soutenir pour faciliter leur réintégration depuis qu'ils sont retournés au pays. C'est important parce que non seulement ça les stabilise, mais aussi ça décourage cette mentalité d'immigration irrégulière qui devient de plus en plus fréquente de nos jours ici en Guinée.

Michael Asima, directeur de l'OIM en Guinée

Michael veut croire à la réussite du programme, financé notamment par l'Union européenne. En quelques mois, depuis son lancement en avril, plusieurs centaines guinéens ont pu revenir chez eux. Et penser à une autre vie.