Kenya : tout savoir sur les élections générales du 9 août

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Kenya : tout savoir sur les élections générales du 9 août (1)
Une femme passe devant une fresque électorale appelant à la paix, dans le quartier défavorisé de Kibera, à Nairobi, le 4 août 2022.
Brian Inganga (AP)
Mis à jour le
6 août 2022 à 14:35
par TV5MONDE Avec AFP
Les Kényans sont appelés aux urnes, mardi 9 août, pour désigner au suffrage universel direct leur nouveau président. Il s’agira du cinquième dirigeant depuis l'indépendance du pays en 1963.

Quatre prétendants

Sur les 17 candidatures initiales, seules quatre ont été validées par la commission électorale (IEBC). Il s’agit du plus petit nombre de candidats à la présidentielle depuis l'instauration du multipartisme au début des années 1990.

Parmi eux, l’actuel vice-président, William Ruto. Âgé de 55 ans, cet ancien député et ministre de l'Agriculture à la réputation sulfureuse se présente pour la première fois, sous la bannière de son nouveau parti, l'UDA (United Democratic Alliance).
 Il fait figure de favori avec Raila Odinga. Ancien premier ministre, il est passé du statut de leader de l'opposition à celui d'allié du parti au pouvoir, à partir de 2018. Pour sa cinquième tentative, il est en lice sous l'étiquette de la coalition Azimio la Umoja (Quête d'unité).
 David Mwaure, ancien avocat et prêtre de 65 ans, représente le parti Agano. George Wajackoyah, un excentrique avocat de 63 ans, est soutenu par le parti Roots (racines) inspiré du rastafarisme. 

Six scrutins

Outre le président, les quelque 22,1 millions d'électeurs inscrits (près de 40% ont moins de 34 ans) éliront 290 députés, 47 femmes représentantes pour siéger à l'Assemblée nationale, 47 sénateurs, 47 gouverneurs de comté et 1.450 membres des assemblées de comtés.

Au total, 46.229 bureaux de vote officieront de 06H00 à 17H00 locales.Chaque électeur recevra six bulletins de couleurs différentes, chacune pour le scrutin correspondant. L’IEBC affirme que pas un bulletin supplémentaire n'a été imprimé.

Des centaines d’observateurs issus de la société civile kényane ou envoyés par l'Union africaine et l'Union européenne, entre autres, seront déployés.
 

Identification électronique controversée


L'identification électronique des électeurs, introduite à partir de 2009, était au cœur de la contestation du scrutin de 2017, annulé puis reprogrammé. En arrivant au bureau de vote, les électeurs sont dirigés vers un kit biométrique, à savoir une tablette équipée d'un système de reconnaissance des empreintes digitales. Celui-ci permet de s'assurer qu'ils y sont bien inscrits. 

Une fois les bulletins glissés dans les urnes, l'électeur se voit déposer de l'encre indélébile sur un doigt, preuve qu'il a accompli son devoir de citoyen et gage qu'il ne peut voter une seconde fois.

Quelque 1.272 bureaux de vote ont une couverture internet "faible" ou nulle. Dans ces zones, des modems-satellites seront utilisés pour assurer la transmission électronique, assure l'IEBC.

Le comptage manuel servira de filet de sécurité en cas de défaillance de la transmission électronique des résultats, source de litige en 2017. Cette année-là, l'IEBC avait été vivement critiquée pour son processus de compilation et de vérification des résultats.

(Re)voir : Kenya : derniers préparatifs avant les élections générales
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Enjeu sécuritaire

Selon le chef de la police, Hilary Mutyambai, environ 150.000 officiers seront chargés de la sécurité des bureaux de vote. Les écoles, dans lesquelles sont installées la plupart des bureaux de vote, sont fermées jusqu'au lendemain.

Les périodes électorales ont été marquées à plusieurs reprises par des violences, notamment politico-ethniques. En 2007-2008, plus de 1.100 personnes ont été tuées et des centaines de milliers déplacées.
 

Résultats et délais

Pour l'emporter, un candidat doit recueillir 50% des voix plus un vote. Ce, en plus de 25% des voix dans la moitié des 47 comtés. Dans le cas contraire, un second tour doit être organisé dans les 30 jours.

Les résultats doivent ensuite être proclamés dans les sept jours suivant l'élection. Si personne ne les conteste, le nouveau chef de l'Etat élu est investi dans les deux semaines après l'annonce des résultats définitifs.

En cas de contentieux et d'annulation du scrutin par la Cour suprême, un nouveau scrutin doit se tenir dans les 60 jours suivant la décision.