Khaled Drareni : la Cour suprême algérienne donne son feu vert à un nouveau procès

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Le journaliste Khaled Drareni après être sorti de prison. Kolea, Algérie, 19 février 2021.
© Reuters/Ramzi Boudina
Mis à jour le
25 March 2021 à 19:23
par Matthieu Vendrely
La Cour suprême algérienne a accepté ce jeudi 25 mars le pourvoi en cassation déposé par le journaliste Khaled Drareni. Le correspondant de TV5MONDE à Alger sera donc rejugé. Il est en liberté conditionnelle depuis le 19 février dernier.

"Si le journalisme est un crime, alors je suis un criminel dangereux". Au soir de sa libération le 19 février dernier, Khaled Drareni s'exprime sur TV5MONDE et rejette une nouvelle fois les accusations qui lui ont valu de passer près d'un an derrière les barreaux. Car s'il est libre, notre correspondant à Alger n'en a pas pour autant fini avec la justice. Il vient de bénéficier d'une grâce provisoire mais le dossier suit son cours. Priorité pour Khaled Drareni et ses avocats : obtenir un nouveau procès. C'est sur cette demande que se penchait la Cour suprême algérienne, et à laquelle elle a répondu positivement ce jeudi 25 mars. Ce nouveau procès aura lieu dans les prochains mois, selon l'un de ses avocats.

Dans l'entourage du journaliste, on se félicite de cette décision, comme l'indiquait ce midi l'un de ses avocats, Maître Mustapha Bouchachi, ancien président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme.

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En mars 2020, Khaled Drareni avait été incarcéré à la prison de Kolea, à l'ouest d'Alger. Correspondant de TV5MONDE et de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), le pouvoir algérien lui reprochait sa couverture du Hirak, le mouvement amorcé un an plus tôt pour protester contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat puis, après avoir obtenu le départ du président, réclamer la fin du "système".
En septembre, Khaled Drareni était condamné en appel à deux ans de prison ferme pour "incitation à un attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale". C'est ce procès qui vient d'être annulé par la Cour suprême.

Mobilisation

Devenu symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, et parce que le verdict était d'une sévérité sans précédent à l'encontre d'un journaliste, le cas de Khaled Drareni a donné lieu à une campagne de soutien bien au delà des frontières de l'Algérie. Dans une interview à l'AFP le 24 février, il s'est dit déterminé à "mener ce combat universel en tant que journaliste algérien".
L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a perdu 27 places en cinq ans.

Voir aussi : Algérie : le journaliste Khaled Drareni sera rejugé

    (Re)voir - Khaled Drareni, journaliste numéro d’écrou 22.244 [Collection Reportages]