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La Tunisie de Béji Caïd Essebsi : retour sur ses années de présidence

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi dans son bureau, le 5 juillet 2019. © Slim Abid/Tunisian Presidency via AP

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi est mort, ce jeudi 25 juillet 2019, à l'âge de 92 ans. Il avait accédé à la présidence fin 2014 après une longue carrière politique et diplomatique. Son mandat a été marqué notamment par les soubresauts de la chute de Ben Ali. La Tunisie a également été frappée par le terrorisme. 

Le 26 octobre 2014, le parti anti-islamiste Nidaa Tounes de Béji Caïd Essebsi gagne les législatives, devançant le mouvement islamiste Ennahdha, qui avait remporté fin 2011 le premier scrutin libre post-révolution.

Nidaa Tounes regroupe aussi bien des figures de gauche et de centre-droit que d'ex-dignitaires du régime de Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir début 2011 lors de la révolution.

Le 21 décembre, M. Essebsi remporte le second tour de la présidentielle face au président Moncef Marzouki, devenant le premier chef de l'Etat élu démocratiquement de l'histoire du pays.

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Célébration de la victoire de Béji Caïd Essebsi, le 21 décembre 2014.
© TV5MONDE

L'Instance Vérité et Dignité (IVD) est instaurée pour rendre justice aux victimes de torture, meurtres, viols et de corruption entre 1953 et 2013.

En février 2015, le nouveau Premier ministre Habib Essid présente, après des semaines de tractations, un gouvernement dominé par Nidaa Tounes mais incluant ses rivaux d'Ennahdha.

Attentats

En 2015, le groupe Etat islamique (EI), implanté en Libye voisine, commet trois attentats : le 18 mars contre le musée du Bardo à Tunis (21 touristes étrangers et un policier tunisien tués), le 26 juin, contre un hôtel près de Sousse (38 morts) et le 24 novembre contre la garde présidentielle (12 morts).

En mars 2016, des dizaines de djihadistes attaquent des installations sécuritaires à Ben Guerdane (sud), tuant 13 membres des forces de l'ordre et sept civils.

Troubles sociaux

Début 2016, une vague de contestation débute à Kasserine (centre), après le décès d'un jeune chômeur. La colère se propage dans de nombreuses régions.

En mai, le Fonds monétaire international (FMI) donne son feu vert à un nouveau plan d'aide de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans.

En août, Youssef Chahed (Nidaa Tounes), est chargé de former un gouvernement dit "d'union nationale". 

Début 2018, un budget d'austérité entre en vigueur. Des confrontations opposent policiers et jeunes pendant une semaine dans plusieurs villes et quartiers populaires de Tunis.

Réformes sociétales

En juillet 2017, le Parlement adopte une loi pour lutter contre les violences faites aux femmes. En septembre, des circulaires qui empêchaient la célébration ou la reconnaissance des mariages entre des Tunisiennes musulmanes et des non-musulmans sont abrogées.

Le chef de l'Etat ne parvient toutefois pas à faire passer un projet de loi sur le sujet délicat de l'égalité entre femmes et hommes en matière d'héritage. 
 

Divorce avec Ennahdha

Le 6 mai 2018, Ennahdha arrive en tête dans nombre de localités lors des municipales, les premières depuis la révolution, marquées par une forte abstention.

Le 24 septembre, le président Essebsi annonce la fin de l'alliance avec Ennahdha. Le 5 novembre, Youssef Chahed annonce un remaniement pour "sortir de la crise politique". Il est critiqué par le chef de l'Etat, dont le fils Hafedh Caïd Essebsi, qui dirige Nidaa Tounes, s'oppose au Premier ministre.

Implosion de Nidaa Tounes

Le 29 janvier 2019, le président accuse Youssef Chahed de s'accrocher au pouvoir et d'avoir conclu un pacte "secret" avec Ennahdha, alors que le Premier ministre rassemble ses troupes en vue des élections législatives et présidentielle prévues en octobre et novembre.

En avril, le président organise un congrès pour élire le dirigeant du comité central du parti. Après plusieurs jours de pourparlers, son fils Hafedh est élu par une partie des congressistes, alors que Sofiène Toubal, chef du bloc parlementaire du parti, est élu à la tête d'un comité rival.

Le 2 mai, le parti Tahya Tounes, fondé par des partisans de Youssef Chahed, est officiellement lancé.

Le 10 juillet, la Tunisie, toujours dépourvue de Cour constitutionnelle huit ans après la révolution, échoue de nouveau à en élire les membres, les partis ne parvenant pas à dépasser leurs divergences.

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