L'Afrique aura sa Super Ligue

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L'Afrique aura sa Super Ligue (1)
Imago / Panoramic
Mis à jour le
23 août 2022 à 10:45
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La Confédération africaine de football a levé le voile sur son projet de Super Ligue. Cette compétition réservée aux 24 meilleurs clubs du continent doit débuter à l'occasion de la saison 2023-2024. Décryptage.
La Confédération africaine de football suit son agenda. Comme l'avait annoncé son président, Patrice Motsepe, la saison 2023-2024 sera marquée par le lancement de la Super Ligue de la CAF. A Arusha en Tanzanie, en marge de son Assemblée générale, l’instance panafricaine a levé mercredi un coin du voile sur cette compétition qui devrait rapporter 200 millions de dollars au continent. 24 clubs, sélectionnés sur la base d'exigences infrastructurelles, financières et de gouvernance, la disputeront et obtiendront 100 millions de dollars au total. Soit 3,5 millions de dollars par club pour débuter, tandis que le vainqueur sera récompensé à hauteur de 11,6 millions de dollars.

Parmi les objectifs proclamés de cette Ligue fermée, l'octroi de moyens supplémentaires pour les associations membres. Chacune de ces 54 Fédérations obtiendra 1 million de dollars annuel pour réaliser des projets de développement. Sans oublier 50 millions de dollars à partager pour augmenter les primes des autres compétitions de la CAF, Ligue des Champions et Coupe de la Confédération en tête.

La bénédiction de la FIFA


« La Super Ligue africaine est l’un des développements les plus excitants de l’histoire du football africain et l’objectif en termes de ce que nous essayons de réaliser est très clair, le premier est de s’assurer que le football de clubs africains est de classe mondiale et rivalise avec le meilleur au monde », a déclaré Patrice Motsepe, le président de la CAF. A ses côtés, Gianni Infantino, tout sourire. Et pour cause : le président de la FIFA, officiellement opposé à la Super Ligue européenne, a été le premier à émettre l'idée de cette Super Ligue africaine. « Ce projet est historique. C’est la première Confédération qui adopte ce projet et s’y intéresse. Le rêve deviendra réalité en août 2023 et ce projet profitera au continent », a t-il indiqué.

Sans attendre ce lancement officiel, le Tout Puissant Mazembe avait vendu la mèche sur son site officiel. Le format, jugé « attractif » serait le suivant : « 10 mois de compétition soit d’août à mai. 197 matchs avec un maximum de 21 matchs joués par les finalistes. A l’issue de la première étape, les 5 meilleurs classés seront qualifiés à la prochaine étape plus un meilleur perdant à l’issue de barrages. La dernière équipe sera reversée aux éliminatoires régionales de la Coupe de la Confédération. » Le plateau serait composé à partir de trois grandes zones géographiques, en fonction des critères suivants : « 24 clubs, 8 par groupement géographique. 3 clubs au maximum par pays, 4 pays au maximum par regroupement (12 au total), avec un objectif de 14 à 18 pays au total. Dans chaque région, sept places (sur 8) ont été attribuées sur la base du classement des clubs de la CAF sur 5 ans. Les places Wild Card (1 par région) sont attribuées en fonction de facteurs tels que la taille du marché des supporteurs de football, le potentiel commercial, la durabilité économique et l’engagement en termes d’investissement. »

Un financement incertain


Reste à savoir comment la CAF compte obtenir le financement pour sa nouvelle compétition tandis que ses comptes sont plus que jamais dans le rouge. « La situation financière de la CAF reste trop fragile d’où la nécessité d’implémenter des réformes. Il faut apporter des modifications courageuses nécessaires au niveau des compétitions. Et avec l’encadrement de la FIFA, nous espérons qu’on apportera plus de flux, plus d’argent pour la CAF, lui permettra de jouer son rôle qui est le développement du football au-delà de l’organisation des compétitions », a déclaré Fouzi Lekjaa, président de la FRMF (Fédération Royale marocaine de football) et de la Commission des Finances de la CAF.

Cette Super Ligue n’est d'ailleurs pas du goût de tout le monde. « Il n’y a aucune preuve qu’une Super Ligue africaine bénéficiera au football en Afrique à moins qu’elle ne profite à un très petit nombre et tout en diluant la valeur des Ligues professionnelles considérées comme bénéfiques », a réagi dans un communiqué, publié en début de semaine, le syndicat des footballeurs professionnels d’Afrique du Sud (SAFPU). Si la levée de boucliers n'a rien de commun avec celle qui se produisit en Europe quand une quinzaine de clubs tentèrent de faire sécession au printemps 2021, cette Ligue fermée à la sauce africaine n'a pas fini de susciter le débat.