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L'Algérie instaure une "journée de la Mémoire" pour les massacres de 1945

Le président algérien, lors de son investiture le 19 décembre 2019, a décidé d'instaurer une "journée de Mémoire" consacrée aux massacres du 8 mai 1945 dans le Constantinois. © AP / Toufik Doudou

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé d'instaurer une "journée de la Mémoire" en souvenir des massacres du 8 mai 1945 perpétrés par les forces de l'ordre françaises dans le Constantinois, qualifiés de "crimes contre l’humanité".    

Le président algérien a également annoncé le lancement d’une chaîne de télévision "spécialisée en Histoire, qui constituera un support pour le système éducatif dans l’enseignement de cette matière que nous voulons maintenir vivace pour toutes les générations".
 

"Crimes contre l'humanité"

Dans son message, publié par l'agence officielle APS, le président Tebboune qualifie les massacres de 1945 de "crimes commis contre l’humanité et contre les valeurs civilisationnelles, car fondés sur la purification ethnique ayant pour objectif de remplacer les populations autochtones par des apports de populations étrangères".

Il fustige en outre "les manœuvres des courants et lobbies racistes de l’autre rive de la Méditerranée, et dont la mentalité d'antan a été enterrée irrévocablement par la volonté du peuple (algérien)".

Le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire des démocraties sur le nazisme, des manifestations indépendantistes ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata, trois villes de l'est algérien où des nationalistes défilèrent, drapeaux algériens à la main. 

Les prémices de la guerre d'indépendance

Elles furent brutalement réprimées par les forces coloniales faisant des milliers de morts. Les Algériens parlent de 45.000 victimes. Les Français de 1.500 à 20.000 morts, dont 103 Européens. Ces massacres constituent pour la mémoire collective algérienne les prémices de la guerre d'indépendance. Elle sera déclenchée le premier novembre 1954.

Ce n'est que près de soixante plus tard en février 2005, que l'ambassadeur de France en Algérie Hubert Colin de Verdière, avait reconnu une responsabilité de la France dans le massacre du 8 mai 1945. L'ambassadeur avait évoqué une "tragédie inexcusable".

Le 20 avril 2015, Jean-Marc Todeschini, alors sécretaire d'Etat du gouvernement français chargé des anciens combattants, s'était rendu à Sétif pour déposer une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de la première victime algérienne de la répression des manifestations du 8 mai 1945. Une première pour un membre du gouvernement français.

En février 2017, alors qu'il était candidat à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron - en visite à Alger, avait qualifié dans une interview à un média local la colonisation de l'Algérie de "crime contre l'humanité", de "vraie barbarie", ce qui lui avait valu de vives critiques de responsables politiques de droite.

Lire : Emmanuel Macron à Alger, en terrain ami ?
                

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