Le Cap-Vert revient au premier plan

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Le Cap-Vert revient au premier plan (1)
Mis à jour le
19 avril 2021 à 09:32
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Après un septennat d'absence, le Cap-Vert retrouvera la phase finale de la CAN en janvier prochain au Cameroun. Quart-finalistes de l'édition 2013, les Tubarões Azuis (Requins Bleus) recueillent les fruits d'un parcours sans défaite mais aussi d'un travail de structuration du football national entamé par la Fédération.
26 mars 2021 : sur sa pelouse (synthétique) de Praia, le Cap-Vert s'impose face au Cameroun (3-1) à l'occasion de la cinquième journée des éliminatoires de la CAN. Alors que les Lions Indomptables avaient ouvert la marque dans cette rencontre à enjeux asymétriques (les visiteurs sont qualifiés en tant que pays organisateur, les hôtes jouaient leur avenir dans le groupe F), grâce à un superbe coup franc de Pierre Kunde Malong (14e), les Requins Bleus vont mordre à trois reprises, par Kuca (24e), Bagnack (59e, csc) et Ryan Mendes (69e), et s’emparer de la deuxième place de leur poule. En ballotage favorable pour la qualification, les Requins Bleus tiennent leur ticket et ne le lâcheront pas. En s'imposant au Mozambique (0-1), les insulaires retrouvent la phase finale de la CAN six ans après leur dernière participation. Après quatre nuls, les deux victoires des dernières journées leur permettent de rejoindre le cercle fermé des équipes invaincues. Conduite par l’ancien international Pedro Leitao dit Bubista, vainqueur de la Coupe Cabral 2000 contre le Sénégal et revenu aux manettes en janvier 2020, l'équipe nationale sème la liesse dans l'archipel comme en Europe. « Cette équipe va au-delà du football, explique à l'Agence de presse sénégalaise (APS) le président de la Fédération capverdienne de football, Mario Semedo. En plus d’être le liant entre les différentes parties de l’archipel, c’est la courroie de transmission entre le pays profond et l’importante diaspora. »

Un contexte particulier


Ce retour dans le Top 24 du football africain est d'autant plus méritoire que l’insularité du pays vient y compliquer l'organisation des compétitions, particulièrement dans l'actuel contexte de pandémie. « Dans chaque île, il faut organiser les championnats régionaux et à la fin de chaque saison, la Fédération tient le championnat national entre les champions régionaux dans une île », poursuit Mario Semedo. Et de préciser que, lors de la saison 2019-2020, l'instance avait débloqué 400.000 euros pour prendre en charge ces dépenses. « C’est beaucoup pour une Fédération comme la nôtre qui doit investir dans le football local pour révéler les talents sans compter les financements nécessaires pour le football féminin, le football des jeunes et les infrastructures », ajoute le dirigeant. Décidée à poursuivre l'effort, la FCF va organiser dans le semaines à venir les championnats nationaux sous bulle sanitaire, pour éviter une propagation du Covid-19. Une édition qui ne sera pas comme les autres, contraintes sanitaires oblige : « Nous serons obligés de choisir une île où on va regrouper les champions régionaux, tout le monde ne sera pas présent parce que certains n’ont pas pu boucler les championnats à cause de la maladie. »

Une vision à long terme


« C’est une grande satisfaction d’avoir réussi à qualifier notre sélection. Nous avons réalisé quelque chose de très important », s'est de son côté félicité Bubista. Pour le sélectionneur, s'installer durablement parmi les nations qui comptent passe par des investissements durables. « Aujourd’hui, il est difficile de construire à long terme parce que nos jeunes partent rapidement. Mais il n’y a pas de choix, si on veut aller loin, nous avons besoin d’investir sur le plan local », poursuit le technicien. La construction de trois académies fédérales, prévue pour les années à venir, va dans ce sens, tout comme le lancement de la nouvelle association des entraîneurs de football, en janvier dernier. « Le potentiel est énorme et c’est pourquoi, nous avons mis en place cette association d’entraîneurs pour aider à la formation des techniciens mais aussi des jeunes footballeurs », rappelle Mario Semedo, soucieux de mettre un terme au copinage. « Les entraîneurs des clubs étaient choisis parmi les amis et proches des dirigeants de clubs et les professeurs d’éducation physique et sportive », reconnaît-il, avant de conclure, optimiste : « Nous avons des pépites sur le plan local, elles n’attendent qu’une prise en charge précoce et continue pour briller. » Premiers feux en janvier prochain au Cameroun ?