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Le président malien appelle à ne pas "mordre la main" tendue de la France

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta au côté de son homologue français Emmanuel Macron, le 12 novembre 2019 à Paris afp.com - LUDOVIC MARIN

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a appelé ses compatriotes à ne pas "mordre la main" de ceux qui leur viennent en aide, dont la France, face aux expressions d'hostilité à la présence de forces étrangères dans le pays en guerre.

Dans un message diffusé samedi soir, il a aussi annoncé le lancement officiel le 14 décembre d'un débat national pour tenter de dégager les solutions à la crise non seulement sécuritaire, mais multiforme, à laquelle le pays est en proie depuis des années.

Responsables et experts conviennent qu'il n'y aura pas d'issue au conflit du Sahel par la seule force des armes et sans action politique, alors que se propagent le jihadisme et les violences qui ont déjà fait des milliers de morts.

Deux gendarmes ont été tués par balles dimanche dans une attaque menée contre leur poste à Menaka (est) par quatre jihadistes, dont deux à moto, a annoncé un porte-parole du gouvernorat, Paul Ben.

Treize soldats français sont morts lundi dans la collision de leurs deux hélicoptères lors d'une opération de combat de nuit contre les jihadistes dans la même région frontalière.

Le président malien a indiqué qu'il se rendrait à l'hommage rendu lundi par la France à ces soldats. "Je m'incline devant (leur) mémoire", a-t-il dit alors que des voix continuent à s'élever pour réclamer le départ des troupes françaises ou étrangères et pour les accuser de ne s'intéresser qu'aux richesses naturelles du Mali.

"Nous n’avons aucune raison de nous glorifier d’avoir tendu la main à ceux qui en avaient besoin hier", a assuré M. Keïta en référence à l'engagement de soldats maliens pendant les guerres mondiales ou dans les missions de paix, "mais nous n’avons non plus aucune raison de mordre la main de ceux qui nous tendent les leurs aujourd’hui".

Il a par ailleurs fixé au 14 décembre le lancement officiel du dialogue national inclusif qu'il a mis sur les rails en mai et qui a donné lieu à des mois de consultations. Il est censé mettre les Maliens autour de la table et établir une feuille de route.

Le président malien a laissé entendre que ce lancement prendrait la forme d'un congrès et a appelé "toutes les forces vives de la Nation" à prendre part à ce dialogue, "entré dans la dernière ligne droite".

L'initiative s'est heurtée jusqu'alors à la non-participation d'acteurs importants, comme la principale formation d'opposition, le Front pour la sauvegarde de la démocratie.

"Nous devrions saisir l’opportunité offerte de la mise à plat, et du diagnostic profond", a ajouté M. Keïta. Les conclusions et résolutions issues de ce dialogue seront mises en oeuvre par un mécanisme indépendant, a-t-il assuré.

Autre signe apparent de la volonté de relancer l'effort politique: un comité au rôle significatif qui ne s'était plus réuni depuis plusieurs mois est convoqué pour le 11 décembre, selon un document officiel consulté par l'AFP.

Ce comité est chargé du suivi de l'accord de paix d'Alger de 2015, qui actait le désarmement de groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes.

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