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Ligue des Champions / Coupe de la Confédération : des finales 100% "nordistes"

WAC Casablanca - Espérance Tunis en Ligue des Champions, RS Berkane - Zamalek en Coupe de la Confédération : les finales des deux Coupes africaines n'échapperont pas cette saison aux clubs du nord du continent. Quelles leçons tirer de cette domination croissante des Maghrébins et des Egyptiens sur les compétitions de clubs en Afrique ? Eléments de réponse.

La parole était aux défenses


Les demi-finales des Coupes africaines interclubs ont livré leur verdict ce week-end à l'issue des manches retour. L'intensité était au rendez-vous, pas le grand spectacle. Les deux rencontres de Ligue des Champions ont vu l'Espérance de Tunis, tenant du trophée, et le Wydad Casablanca, vainqueur de l'édition 2017, se qualifier sur le score nul et vierge de 0-0, respectivement sur le terrain du Tout Puissant Mazembe et des Mamelodi Sundowns. Dans les deux cas, la baraka des gardiens de but (Moez Ben Cherifia pour l'EST, Amine Tagnaouti pour le WAC) s'est combinée au mélange de maladresse et de malchance des hôtes pour aboutir à un bétonnage parfait. En Coupe de la Confédération, le Zamalek a fait de même en protégeant son but d'avance sur la pelouse de l'Etoile sportive du Sahel (0-0). Les Chevaliers Blancs incarnent jusqu'à la caricature ce football archi-défensif : après leur défaite en phase de poules face à Gor Mahia (4-2), les Cairotes n'ont plus encaissé le moindre but loin de leurs bases, phase de poules et matchs à élimination directe confondus. Seule la seconde demi-finale de Coupe de la Confédération entre le CS Sfaxien et la RS Berkane a donné lieu à un spectaculaire retournement de situation, les Marocains renversant chez eux (3-0) une situation compromise à l'aller (0-2).

Le Nord plus que jamais dominateur


WAC Casablanca - Espérance Tunis en Ligue des Champions, RS Berkane - Zamalek en Coupe de la Confédération : les finales des deux Coupes africaines seront cette saison une affaire 100% nord-africaine. Depuis une décennie, les deux demi-finalistes malheureux - le TP Mazembe et les Mamelodi Sundowns (2016) - sont les seules équipes à avoir fait barrage aux Nord-Africains. Si l'on regarde plus loin en arrière, on constate qu'en 21 éditions de la LDC créée en 1997, treize ont été gagnées par les Nordistes. Outre les Congolais et les Sud-Africains, seules deux équipes d'Afrique de l'Ouest, les Ivoiriens de l'ASEC Mimosas (en 1998) et les Nigérians d'Enyimba (2003 et 2004), se sont glissées parmi les vainqueurs. Mais cela commence à dater sérieusement. Cette domination nordiste est encore plus nette en C3. En quinze éditions de cette Coupe de la Confédération, dix ont été raflées par les clubs du nord du continent : une par l'Egypte (Ahly), quatre par le Maroc (FAR, FUS, MAS de Fès, Raja Casablanca) et cinq par la Tunisie (Etoile du Sahel, CS Sfaxien).

Des moyens uniques en Afrique


L'écart a donc tendance à se creuser entre les clubs du Nord et ceux des autres sous-régions du continent. Comment expliquer ce delta grandissant ? La principale raison est d'ordre économique. Les ténors maghrébins et égyptiens bénéficient de moyens financiers et matériels sans équivalent sur le continent. Infrastructures d'entraînement, installations, staffs médicaux : ces équipes sont en avance dans tous ces domaines. Confrontés à une chute brutale des recettes issues de la billetterie en raison du huis clos imposé par le régime, les clubs égyptiens ont compensé cette perte sèche en vendant leurs meilleurs jeunes pousses en Europe. Tous bénéficient de fonds privés et ont su élargir leurs sources de financement en allant par exemple disputer la Coupe arabe des clubs champions, richement dotée. Son vainqueur 2019, l'Etoile du Sahel, a ainsi touché un chèque de 7,5 millions dollars. Parmi les autres facteurs, on peut citer l'existence d'une culture "ultra" chez les supporters nordistes. Cette animation des tribunes sur le modèle italien, unique en Afrique, contribue à rendre l'atmosphère hostile pour les équipes en déplacement dans les pays du Maghreb ou en Egypte.

Les clubs marocains en outsiders ?


En cette année de CAN, les calendriers des deux épreuves sont particulièrement resserrés. La finale aller de la Coupe de la Confédération se dispute dès le week-end prochain. Présente pour la première fois de son histoire à ce niveau d'une compétition continentale, la Renaissance sportive de Berkane comptera sur son attaque de feu, emmenée par le Togolais Kodjo Fo Doh Laba, tandis que le Zamalek s'appuiera sur son coffre-fort défensif, avec l'espoir de faire la décision au match retour. La finale aller de la Ligue des Champions, programmée le week-end du 24-26 mai, offrira au Wydad Casablanca et à l'Espérance de Tunis l'occasion d'enrichir encore un palmarès déjà copieusement garni : les Marocains joueront pour un troisième titre après ceux remportés en 1992 et en 2017, alors que les Tunisiens seront en quête de leur quatrième sacre après 1994, 2011 et 2018. Seule équipe encore invaincue, l'Espérance part favorite pour ce qui sera sa cinquième finale depuis le début de la décennie (2010, 2011, 2012, 2018 et maintenant 2019). Ce choc n'est pas inédit : la finale 2011 était revenue aux Tunisiens : 0-0 à Casa, et 1-0 à Radès, avec un but du Ghanéen Harrison Afful. L'histoire se répètera-t-elle ?

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