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Mali : des dizaines de soldats maliens tués dans une attaque djihadiste

Soldat de l'armée malienne (FAMa) durant l'Operation Barkhane à Ndaki, Mali, le 29 juillet 2019. © REUTERS/Benoit Tessier

Au moins 24 soldats ont été tués dimanche 14 juin dans une attaque djihadiste à Bouka Weré, dans le centre du Mali, a annoncé l'armée malienne lundi.

 

Dimanche, au moins 24 soldats maliens ont été tués dans une embuscade imputée aux djihadistes dans le centre du Mali, épicentre des violences auxquelles est en proie le pays, a dit l'armée lundi.

Le bilan de cette opération menée dans la localité de Bouka Weré, au sud-est de Diabaly, à une centaine de kilomètres de la frontière mauritanienne, pourrait être encore plus lourd.

Dans sa communication sur les réseaux sociaux, 24 heures après les faits, l'armée ne fait en effet aucune mention de disparus, se contentant d'évoquer huit rescapés.

Dans une première communication, des responsables militaires avaient indiqué à l'Agence France Presse que, sur les 64 soldats se trouvant dans le convoi composé d'une douzaine de véhicules, seuls une vingtaine répondaient à l'appel, les autres étant soit morts, soit portés disparus. Le bilan précis reste donc à établir.

Il s'agit de la dernière en date des opérations meurtrières attribuées aux djihadistes contre les forces armées du Mali et des pays voisins. Elles ont causé la mort de centaines de militaires ces derniers mois.

Cette attaque intervient à un moment délicat où les acteurs internationaux divergent sur la trajectoire de progrès ou de dégradation observée au Mali, où la question du maintien ou non de la mission de l'Onu (Minusma) est sur la table et où celle de la poursuite ou non de l'engagement américain au Sahel reste en suspens.

Le Mali est en proie depuis 2012 à une crise profonde et multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale à l'Etat malien et l'intervention de forces onusiennes, africaines et françaises.

Si un accord de paix a été signé en 2015 avec les ex-rebelles séparatistes du Nord, le pays demeure en proie aux violences des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI), aux tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes djihadistes, et aux trafics de toutes sortes.

Les violences parties du nord du Mali en 2012 se sont propagées au centre du pays, ainsi qu'au Niger et au Burkina Faso voisins. Depuis que des groupes armés se proclamant djihadistes pour certains, y ont pris pied en 2015, le centre du Mali est le théâtre d'exactions en tous genres : attaques contre le peu qu'il reste de l'Etat, massacres de villageois, règlements de comptes et actes crapuleux.

Ces groupes, au premier rang desquels la katiba Macina du prédicateur peul Amadou Koufa, affiliée à Al-Qaïda, ont prospéré sur les anciens antagonismes liés à la terre, entre éleveurs et agriculteurs, entre ethnies et au sein même de ces communautés.

(RE)lire : "Soumaïla Cissé aurait été enlevé par la katiba du Macina"

Une source gouvernementale française cite la frontière entre le Mali et la Mauritanie comme une des "zones de fragilité" au Sahel, avec notamment la zone dite des trois frontières (Mali, Burkina, Faso, Niger) ou le Tchad.
La France, qui engage au Sahel 5.100 soldats au sein de la force Barkhane, a intensifié ses efforts dans cette zone des trois frontières ces derniers mois, au premier chef contre l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

Un conseiller de la présidence française disait jeudi 11 juin la victoire "possible" au Sahel, où l'émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal, vient d'être tué par les forces françaises.
 

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Ces progrès ont cependant donné lieu à des appréciations divergentes le même jour à l'ONU, où les Etats-Unis ont préconisé de planifier le retrait progressif de la Minusma.
 

L'Etat malien tente tant bien que mal, avec le soutien de ses alliés, de mener de front le combat militaire et l'action politique, indispensable à une sortie de crise de l'avis général.
Le président Ibrahim Boubacar Keïta est cependant confronté à une sérieuse contestation intérieure depuis les législatives de mars-avril. Une coalition hétéroclite de chefs religieux, d'hommes politiques et de la société civile appelle à nouveau à manifester contre lui vendredi.

Devant la dégradation de la situation sécuritaire, le président malien a reconnu en février chercher à dialoguer avec certains djihadistes, rompant avec la ligne directrice suivie jusqu'alors officiellement. Rien n'est venu indiquer depuis lors que ces ouvertures se seraient concrétisées.

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