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Mali : la Cédéao donne huit jours à la junte pour confier la transition à des civils

Le chef de l'État nigérien Mahamadou Issoufou - qui laissera la présidence de la Cédéao au ghanéen Nana Akufo-Addo - lors du sommet du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 30 juin 2020 © Ludovic Marin, Pool via AP

Réunis à Niamey en sommet lundi 7 septembre, les pays voisins du Mali ont lancé un ultimatum à la junte pour désigner un premier ministre et un président de transition qui devront être des civils. Les dirigeants de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont déclaré qu’ils "devront être désignés au plus tard le 15 septembre 2020".

Les chefs d'État, dont plusieurs présents physiquement après des mois de visioconférences imposées par le Covid-19, maintiennent les sanctions déjà prises depuis le coup d'État du 18 août, comme la fermeture des frontières des pays de la Cédéao avec le Mali et l'embargo sur les échanges commerciaux et financiers.
 

Le communiqué ne dit pas quelle éventuelle mesure additionnelle l’organisation envisage si les colonels n'accèdent pas à son exigence d'ici à mi-septembre. Mais cet ultimatum à brève échéance, conjugué au maintien des mesures de rétorsion, a pour effet de maintenir la pression.

Les militaires qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta après des mois de contestation ont promis dès le début de rendre les commandes aux civils sans préciser combien durera cette transition ni donner d’échéance.
 

Samedi 5 septembre une concertation élargie avec les partis et la société civile sur cette transition a eu lieu, pour définir qui la conduira, quels organes seront mis en place, quelle sera sa feuille de route et sa durée. Ces consultations doivent reprendre jeudi 10 septembre pour trois jours. 

La Cédéao a redit que cette transition ne devait pas excéder douze mois. A l'ouverture du sommet, le chef de l'État nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice de la Cédéao, avait insisté sur un "rétablissement rapide de toutes les institutions démocratiques".
Des documents rédigés après les premières concertations et dont les militaires doivent faire la synthèse ont été publiés sur les réseaux sociaux. Ces documents donnent un premier aperçu des différences de vues, et de l'ampleur et de la difficulté de la tâche.

Celle-ci est encore compliquée par les agendas des hommes ou des organisations, et la persistance des défis auxquels le pays doit continuer à faire face en cette période de grande incertitude.
Outre les attaques djihadistes et les violences de toutes sortes, le Mali est en proie à des revendications sociales, sur l'école par exemple. Il doit aussi faire face aux dégâts causés par les intempéries.
 

Abordant d'autres sujets, le président Issoufou a exhorté ses collègues "à élaborer une nouvelle feuille de route tout en maintenant une approche graduelle pour le lancement de la monnaie commune", et souligné "les difficultés de mobilisation des financements" pour lutter contre le djihadisme. 

La lancement de la monnaie unique, l'Eco, qui doit à terme remplacer le franc CFA en Afrique de l'Ouest, était prévu en juillet 2020 mais les critiques du Nigeria ainsi que la crise du coronavirus ont bouleversé un calendrier considéré comme ambitieux par beaucoup d'observateurs et qui n'a pas été respecté.  

Huit chefs d'Etat, dont les présidents sénégalais Macky Sall et ivoirien Alassane Ouattara mais aussi bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo étaient présents au sommet. 

Comme prévu, le sommet a désigné le Ghanéen Nana Akufo-Addo pour succéder à Mahamadou Issoufou à la présidence de la Cédéao "pour un mandat d'un an".

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