Mondial 2022 : les éliminatoires reportées, que cache ce nouveau « glissement » ?

Image
Mondial 2022 : les éliminatoires reportées, que cache ce nouveau « glissement » ? (1)
Mis à jour le
7 mai 2021 à 14:14
par
Prévues en juin prochain, les deux premières journées des éliminatoires du Mondial 2022 en zone Afrique ont été officiellement reportées au mois de septembre. Un nouveau « glissement » du calendrier qui pose question. Décryptage.
Programmées en juin prochain, les deux premières journées de la phase de groupes des éliminatoires du Mondial 2022 en zone Afrique ont été reportées au mois de septembre. Un énième bouleversement du planning international, que les instances ont annoncé en milieu de semaine, alors que Gianni Infantino et Patrice Motsepe étaient en visite en Côte d'Ivoire. « La FIFA – conjointement avec la CAF – est en mesure de confirmer qu’au vu des perturbations causées par la pandémie de Covid-19 et de la nécessité de garantir des conditions de jeu optimales pour l’ensemble des équipes, il a été décidé de repousser les matchs des qualifications africaines pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™ qui devaient avoir lieu en juin 2021 », a communiqué officiellement la FIFA.

Le nouveau calendrier s’établit comme suit : les deux premières journées auraient lieu en septembre, les deux suivantes en octobre, enfin les deux dernières en novembre. Quant aux barrages, ils se dérouleraient en mars 2022, quelques semaines après la CAN qu’accueillera le Cameroun en début d’année. Ce nouveau « glissement » des échéances retarde encore la phase de groupes, qui devait initialement débuter en octobre… 2020. Il impactera également par ricochets les éliminatoires de la CAN suivante, organisée par la Côte d'Ivoire et programmée à ce jour en juin-juillet 2023, soit six mois à peine après le Mondial au Qatar (21 novembre-18 décembre 2022).

Les stades et les tests Covid dans le collimateur


L’une des raisons de ce chamboulement est à rechercher dans les nombreuses suspensions de terrains prononcées par la CAF après un vaste audit des enceintes sportives sur le continent. Une vingtaine de pays, et non des moindres, se retrouvent privés provisoirement de la possibilité de recevoir sur leurs terres, faute d'enceinte aux normes. Ce nouveau délai pourrait servir à une mise à niveau des stades incriminés, qui se situent dans toutes les sous-régions du continent, exceptée la zone UNAF (Maghreb + Egypte). L’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Burkina Faso, Sierra Leone, Liberia, Gambie, Sao Tomé, Niger), l’Afrique centrale (Tchad, Centrafrique), l’Afrique de l’Est (Soudan du Sud, Somalie, Erythrée, Burundi, Zanzibar) et l’Afrique australe (Namibie, Eswatini, Malawi) sont frappées. Si certains pays échappent à la punition, ils devront déserter leur pelouse fétiche. C’est le cas de la RDC, puisque seul le stade du TP Mazembe à Lubumbashi a été homologué, au contraire de celui des Martyrs à Kinshasa, où reçoivent habituellement les Léopards.

Le communiqué CAF-FIFA laisse également entendre que les instances pourraient mettre de l’ordre (et de la transparence…) dans le protocole anti-Covid. La production de tests PCR, obligatoire pour les deux équipes avant les rencontres, a déjà donné lieu à plusieurs dérapages. On se souvient des controverses avant la rencontre Cameroun-RDC du dernier CHAN. Pire, un imbroglio similaire avait empêché la tenue de la rencontre décisive des éliminatoires de la CAN entre la Sierra Leone et le Bénin. La Confédération africaine de football avait décidé de la reporter au mois de juin. Privée jusqu'à nouvel ordre de la possibilité de recevoir au Siaka Stevens Stadium de Freetown, quelle solution de repli la Sierra Leone va-t-elle choisir pour accueillir cette rencontre controversée ? C'est l'une des questions que pose cette nouvelle programmation.