Mondialistes : le Ghana, pour retrouver son niveau

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Mondialistes : le Ghana, pour retrouver son niveau (1)
Federico Pestellini / Panoramic
Mis à jour le
21 novembre 2022 à 09:46
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Pour sa quatrième participation à la Coupe du monde, le Ghana se présente avec beaucoup moins de certitudes que précédemment. La faute à un groupe très jeune (le plus jeune de cette édition 2022) mais aussi à un staff sans grande expérience, qui n’est en place que depuis le mois de février.

Que vaut l’équipe ?


Lors de ses deux premières participations à la Coupe du monde (2006 et 2010), le Ghana avait été de loin la meilleure des formations africaines. En témoigne la demi-finale manquée de peu en Afrique du Sud. Depuis, les Black Stars sont en chute libre. Sur le continent, les années 2008 à 2015 en CAN ont été fastes. Sans pour autant gagner, le Ghana a toujours atteint les demi-finales voire la finale de la CAN comme en Angola en 2010 et en Guinée équatoriale cinq ans plus tard. Depuis, tout semble aller mal. L’équipe est aujourd’hui en véritable manque de repère. Si André Ayew reste la figure de proue, il a perdu des coéquipiers comme Mubarak Wakaso, Kwadwo Asamoah ou encore Afriyie Acquah qui servaient de cadres dans cette équipe. Lui-même avec l’âge s’est exilé au Qatar (Al-Sadd) et joue désormais davantage en attaque. Le groupe emmené au Qatar est jeune et la quasi-totalité des titulaires va découvrir la Coupe du monde.

Comme de nombreux pays africains, le recrutement de binationaux est pratique courante au pays de la Gold Coast. Inaki Williams, Tariq Lamptey ou encore Denis Odoi sont les derniers arrivés, tandis que des jeunes joueurs formés localement comme Mohammed Kudus ou Kamaldeen Sulemana vont devoir porter les offensives de l'équipe. Au poste de gardien de but, c’est le casse-tête avec les forfaits de dernière minute des deux premiers choix (Jojo Wollacott et Richard Ofori). En défense, Mohammed Salisu, tout juste arrivé, part avec les faveurs des pronostics avec Daniel Amartey, à moins qu'Alexander Djiku ne lui soit associé. Au milieu, Thomas Partey est le patron, même s'il ne faut pas oublier la trouvaille Salis Abdul Samed (Lens). Devant, difficile de faire oublier Asamoah Gyan, buteur présent dans les grands rendez-vous. Inaki Williams va avoir cette responsabilité, avec Jordan Ayew. Le décor est planté. Dans son groupe, le Ghana terminera par l’Uruguay, son cauchemar de la Coupe du monde 2010. Pas besoin de motivation supplémentaire, mais attention à ne pas laisser des plumes en cours de route car le Portugal et la Corée du Sud, précédents adversaires, s'annoncent difficiles à manœuvrer.

La patte du coach : Otto Addo


Tout comme l’équipe, l’entraineur aussi est une énigme. A la suite du Serbe Milovan Rajevac remercié après une CAN catastrophique, la Fédération s’est tournée vers Otto Addo. Pas forcément un premier choix mais une volonté de l’Etat qui souhaitait d’un technicien local. L’ancien Black Star (15 sélections) va réussir l’exploit de qualifier l’équipe pour le Mondial à l'issue des barrages contre le Nigeria. De quoi s’offrir du répit. Mais les prestations de l’équipe interrogent. Addo, toujours accroché à son poste d’entraîneur adjoint au Borussia Dortmund, est très peu visible au Ghana. A sa décharge, la grande majorité de l’équipe ghanéenne évolue en Europe. Et pour aller au Qatar, il n’a retenu que deux joueurs du championnat local (Daniel Barnieh et le gardien Danlad Ibrahim).

Après cinq matchs, difficile encore de percevoir son impact sur le jeu de l’équipe mais la dernière victoire face à la Suisse en amical (2-0) a réjoui les fans et donné un regain d’espoir. Et les joueurs apprécient l’homme dont ils évoquent le discours posé. Pourtant, comme si elle ne lui faisait pas si confiance, la Fédération lui a attribué un staff en second avec trois techniciens locaux (Ibrahim Tanko, Prosper Ogum Narteh et Samuel Boadu), sans oublier l’Irlandais Chris Hughton au poste de conseiller technique.

La star et la pépite : Thomas Partey et Mohammed Kudus

On aurait pu citer André Ayew qui reste la grande star et le capitaine de l’équipe, mais aujourd’hui, Thomas Partey est l’homme à tout faire des Black Stars. Lorsqu’il est épargné par les pépins physiques, le milieu de terrain est un gros travailleur dans l’entrejeu. Il ratisse, tacle, récupère et distribue sans oublier de parfois se muer en buteur, grâce à sa frappe lourde. Les Ghanéens attendent beaucoup de Partey et espèrent surtout retrouver le joueur des dernières semaines avec Arsenal en Premier League. Lui qui a aussi fait les beaux jours de l’Atletico Madrid cinq saisons durant (2015-2020). A 29 ans, le moment est venu de briller à la face du monde.

C’est le grand espoir du football ghanéen. Mohammed Kudus est un pur talent. A l’Ajax Amsterdam, le gaucher éclabousse de sa classe les prestations de son équipe depuis plusieurs mois et porte la formation néerlandaise en Ligue des Champions. Formé milieu offensif, le jeune homme de 22 ans peut aussi exceller dans un rôle de faux n°9 – c’est le poste qu’il occupe à l’Ajax – ou de n°8 box-to-box. Rapide, technique, Kudus aime combiner avec ses partenaires et fluidifier le jeu de son équipe. Sa vision du jeu est nettement supérieure à la moyenne. André Ayew l’a compris et le prend sous son aile en équipe nationale. Ce pur produit de la formation ghanéenne (passé par l’Académie Right to Dream) aurait pu rejoindre Everton cet été. A lui d’exceller au Qatar, et les grands d’Europe seront à ses trousses.

Le chiffre : 2


En trois participations à la Coupe du monde, le Ghana a passé deux fois la phase de poules, avec un huitième de finale en 2006 et une épopée jusqu'aux quarts de finale en 2010, ce qui constitue le meilleur résultat pour une équipe africaine dans la compétition, à égalité avec le Sénégal en 2002 et le Cameroun en 1990.

Le programme



  • 24 novembre : Portugal - Ghana (Stadium 974)

  • 28 novembre : Corée du Sud - Ghana (Education City)

  • 2 décembre : Ghana - Uruguay (Al-Janoub Stadium)