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Mort du général Ahmed Gaïd Salah : "Le Hirak a une opportunité en or de faire pression sur Tebboune"

19 décembre 2019 à Alger, le général Ahmed Gaïd Salah serre la main du nouveau président Abdelmadjid Tebboune lors de son intronisation. © AP Photo/Fateh Guidoum

Ahmed Gaïd Salah, le puissant chef d'état-major de l'armée algérienne, est mort d'une crise cardiaque le lundi 23 décembre 2019. Que représentait-il ? Quelles conséquences sa mort peut-elle entraîner ? Dalia Ghanem, docteure en sciences politiques et spécialiste de l'Algérie, a répondu à nos questions.

TV5MONDE : Quel symbole représentait-il ?
Dalia Ghanem : C’était la bête noire du mouvement populaire depuis le 22 février 2019. Pour le "Hirak" (nom du mouvement populaire antisystème), il représentait l’un des derniers soutiens du président Abdelaziz Bouteflika. Il est aussi considéré comme celui qui a piloté la transition en Algérie. Il était devenu l’homme fort du régime après le départ forcé de l'ancien président.

Que lui reprochait le "Hirak" ?
D’être un proche du président Bouteflika. En 2004, lorsque le président a été réélu, il a voulu remplacer Mohammed Lamari. Ahmed Gaïd Salah a fait son apparition et a été nommé chef de l’état-major de l’armée. Il est devenu le conseiller spécial de Bouteflika. Les manifestants lui reprochaient ce lien très fort avec l’ancien président mais aussi le fait qu’il soit derrière à tirer les ficelles. C’est la raison pour laquelle les Algériens réclamaient un état civil et non un état militaire.

Quelles seront les conséquences immédiates de sa mort ?
Il est très difficile de répondre à cette question. Pour le moment, on ne sait pas. On sait en revanche que le nouveau président Abdelmadjid Tebboune (NDLR : en fonction depuis le 19 décembre 2019) l’a déjà remplacé par Saïd Chengriha qui va assurer l'intérim et dont on ne sait pas grand-chose.
 

Le "Hirak" a une opportunité en or de faire pression sur Tebboune pour obtenir des concessions.

Dalia Ghanem

Est-ce que sa mort peut marquer la fin du "système" rejeté par le "Hirak" ?
Ahmed Gaïd Salah était l’homme fort du régime, mais derrière l’homme fort, il y a tout un système, des cercles de pouvoir. Peut-être que sa mort va reconfigurer ces cercles du pouvoir au sein de l’armée mais aussi au sein du "système" politique.

Même si j'en doute parce qu’il y a l’état-major derrière. Il y avait tout une mécanique, des généraux très puissants dont on ne sait pas grand-chose. Il y a toute une institution.

Cependant, ce qu’il est important de souligner à mes yeux, c’est que le "Hirak" a une opportunité en or aujourd’hui avec le décès de Gaïd Salah : l’opportunité de pousser un peu plus et de faire pression sur Tebboune et son futur gouvernement pour pouvoir obtenir des concessions notamment la libération des détenus politiques. Il faudra saisir cette opportunité et continuer à manifester.

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