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Pas de Ballon d'Or pour Sadio Mané : les leçons d'un échec

Déjà absent du podium final du trophée TheBest de la FIFA, Sadio Mané a terminé à une décevante quatrième place au classement du Ballon d'Or France Football. Décryptage d'un échec.

L'éparpillement des votes, rançon du succès de Liverpool

A l’image des joueurs français vainqueurs de la Coupe du monde en 2018 mais battus par Luka Modric, Sadio Mané a comme ses coéquipiers de Liverpool été victime de l’éparpillement des voix favorables aux Reds. Ces derniers comptaient la bagatelle de sept nommés avec, outre le Sénégalais, Alisson Becker, Trent Alexander-Arnold, Virgil Van Dijk, Georginio Wijnaldum, Mohamed Salah et Roberto Firmino. Soucieux de ne pas briser sa belle unité collective, le club anglais n’avait pas fait campagne pour l’un ou l’autre de ses joueurs. Et c’est finalement Van Dijk, deuxième avec sept petits points de retard sur Lionel Messi, qui a remporté le « Ballon d’Or » de Liverpool. Considéré comme l’un des favoris après avoir gagné la Ligue des Champions avec Liverpool et atteint la finale de la Coupe d’Afrique des Nations avec le Sénégal, Sadio Mané n’a même pas terminé sur le podium (4eme). Une injustice pour beaucoup, mais l’ancien Messin a fini avec près de 130 points de moins que Cristiano Ronaldo, troisième larron de ce scrutin. L'Afrique place trois joueurs dans le Top 10, avec Mohamed Salah (5eme) et Riyad Mahrez (10eme) en plus de Mané, que même les journalistes africains n’ont pas spécialement plébiscité. Ils ont ainsi donné l’avantage à Messi, comme dans trois autres Confédérations (CONMEBOL, CONCACAF et Océanie).

 

Un profil d'anti-star dans un monde de "bling-bling"

S’il existe des contre-exemples, et Luka Modric est le plus récent d’entre eux, le Ballon d’Or consacre le plus souvent des stars planétaires, plus encore depuis son crochet dans le giron de la FIFA. Au-delà des critères, cette prime à l’aura amène généralement le jury à privilégier des joueurs « bigger than life », dans un contexte où la longévité du duopole Lionel Messi-Cristiano Ronaldo conduit à banaliser l’exceptionnel. Andrés Iniesta, Wesley Sneijder ou Franck Ribéry, qui auraient largement mérité le trophée en d’autres temps, l’ont tous appris à leurs dépens. Vous voulez du bling-bling, des déclarations tapageuses ou des punchlines bien senties ? Vous ne les trouverez pas chez Sadio Mané, qui a un usage très modéré des réseaux sociaux et fuit le conflit. « Manger sainement, prier, se coucher tôt », tels sont les principes de vie de l’ancien de Génération Foot. Ces valeurs l’ont mené au sommet et en ont fait un grand professionnel. En revanche, elles ne l'ont sans doute pas aidé dans sa quête de la récompense individuelle remise par France Football. Absent lors de la cérémonie de remise du trophée, Sadio Mané a montré qu'il vivait par et pour le football, alors que le jury se montre aussi sensible à un rayonnement extra-sportif.

 

 

Un règlement ambigu, aux critères flous

Cet échec de Sadio Mané dans la quête du Graal individuel trouve aussi sa source dans les critères supposés guider les votants dans leur choix. Rappelons les : 1. les performances individuelles et collectives durant l’année considérée ; 2. la classe du joueur ; 3. la carrière du joueur. Le critère n°1 n’est pas sans ambigüité. Comment voter à la lumière d'un tel règlement, mêlant sur une seule ligne des éléments contradictoires ? Faut-il privilégier l’expression individuelle du talent, autrement dit les statistiques, ou sa mise au service du collectif, autrement dit les titres remportés ? Selon que l’on penche pour la première ou pour la seconde option, le regard sur Lionel Messi ou Sadio Mané s’en trouvera changé. Lionel Messi n’a gagné « que » la Liga cette année, mais affiche des compteurs individuels impressionnants. S’il a lui aussi réussi douze mois de haute tenue sur le plan statistique, avec entre autres un rang de co-meilleur buteur de Premier League, Sadio Mané brille plus encore par la conquête du Graal européen que représente la Ligue des Champions. Qui a raison, qui a tort ? Le débat n'est pas tranché et continuera d'alimenter les discussions. En attendant, George Weah, seul et unique Ballon d'Or africain de l'histoire, continue d'attendre un éventuel successeur.

 

 

Les CAF Awards en lot de consolation

Sadio Mané figurera de nouveau parmi les prétendants au Ballon d'Or l'an prochain. En attendant, l'attaquant de Liverpool visera le trophée du Joueur africain de l'année, remis par la Confédération africaine de football. Deuxième des deux dernières éditions, le vice-champion d'Afrique part cette fois favori, au même titre que l'Algérie Riyad Mahrez, champion d'Angleterre avec Manchester City et vainqueur de la CAN avec l'Algérie. Verdict le 7 janvier prochain à Hurghada (Egypte).

 

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