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Présidentielle au Cameroun : incidents dans les régions anglophones

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TV5MONDE / Hemisphera Africa / E. Godard / V. Perez

Les Camerounais ont voté dimanche.  Les électeurs avaient le choix entre 8 candidats, dont le favori Paul Biya, président sortant, à la tête du pays depuis 36 ans. Les résultats définitifs de cette élection présidentielle ne seront pas  publiés avant au moins une semaine. 

Une énorme abstention et des violences ont marqué dimanche l'élection présidentielle dans l'ouest anglophone du Cameroun où les séparatistes armés avaient annoncé leur volonté d'empêcher le scrutin.

Violences dans les zones anglophones

Les premières heures du scrutin ont été émaillées de violences dans les zones anglophones du Cameroun. "Les bureaux de vote étaient quasiment déserts. Dans un bureau de vote où 300 personnes étaient inscrites, seules 20 personnes s'étaient présentées une heure avant la fermeture du bureau" précise le correspondant de TV5Monde au Cameroun Marcel Amoko. 

Trois hommes armés, séparatistes présumés, qui tiraient sur des passants à Bamenda, dans la région anglophone du Nord-Ouest, ont été abattus après avoir été traqués par les forces de sécurité.

Dans la nuit de samedi à dimanche, à Kumba, dans le Sud-Ouest, l'autre région anglophone du Cameroun, un tribunal a été incendié par "des hommes armés".

A Buea, la capitale du Sud-Ouest, des coups de feu ont été entendus à la mi-journée. Une voiture du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune et celle du sous-préfet ont également été prises pour cibles. Dans cette ville, les bureaux de vote ont été désertés tout au long de la journée.

Les séparatistes des régions anglophones du Cameroun avaient menacé d'empêcher le bon déroulement du scrutin présidentiel dans ces régions où ils veulent créer leur Etat indépendant qu'il appellent "l'Ambazonie.

De nombreux bureaux de vote n'avaient pu être installés dans des villages de ces régions, par crainte d'attaques séparatistes.

La guerre s'est installée dans les régions anglophones depuis fin 2017, après plus d'un an de crise socio-politique qui a lentement dégénéré en conflit armé.

Huit candidats en lice 

Parmi les huit candidats en lice, le président Biya qui, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans l'Extrême-Nord, a été omniprésent dans les débats et sur les affiches collées par milliers partout dans le pays.

Juste avant le vote et pour la première fois depuis la présidentielle de 1992, deux opposants de poids se sont alliés contre lui.
Akere Muna, ancien bâtonnier du Cameroun, s'est désisté en faveur de Maurice Kamto, candidat majeur de l'opposition, ancien ministre délégué à la Justice (2004-2011) et transfuge du parti au pouvoir.

(Re) voir : Alliance de dernière minute entre deux opposants à Biya à la veille de l'élection 

Elecam, l'organe qui organise l'élection, a cependant refusé que les bulletins portant le nom de M. Muna soient retirés, estimant que le retrait de sa candidature avait été trop tardif et n'était pas prévu par la loi.

Deux autres candidats sortent du lot et peuvent espérer un score significatif: Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF, principal parti d'opposition) malgré une campagne timorée, et Cabral Libii, benjamin de l'élection à 38 ans, qui a fortement mobilisé dans ses meetings.

La diffusion de tendances électorales est interdite au Cameroun et les résultats ne sont pas attendus avant au moins une semaine. Le Conseil constitutionnel dispose de deux semaines légalement pour les proclamer.
 

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Un scrutin sous très haute tension dans les zones anglophones : les précisions de notre correspondant Marcel Amoko.