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Présidentielle au Sénégal: arrestations après des morts, le gouvernement promet la sécurité aux candidats

Des agents de sécurité pendant un meeting du candidat à la présidentielle sénégalaise Issa Sall le 3 février 2019 afp.com - SEYLLOU

Plus de 20 personnes ont été arrêtées au Sénégal à la suite de la mort de de partisans du parti au pouvoir dans des heurts avec l'opposition lors de la campagne présidentielle, pendant laquelle le gouvernement s'est engagé mardi à assurer la sécurité de tous les candidats.

Les heurts à Tambacounda, à 420 km à l'est de Dakar, entre partisans du président sortant Macky Sall et d'Issa Sall, candidat du Parti de l'unité et du rassemblement (PUR), proche de la mouvance religieuse, ont fait au moins deux morts, les premiers signalés dans des violences électorales depuis le début de la campagne le 3 février.

Les forces de l'ordre "sont à pied d'œuvre pour rechercher et appréhender les responsables afin de les présenter à la justice", a indiqué le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye.

Il a annoncé que désormais "des éléments de la police nationale et de la gendarmerie nationale seraient mis au service de leur sécurité respective jusqu'à la fin des élections", alors que les quatre concurrents du chef de l'Etat affirment que lui seul bénéficie pour sa campagne d'un dispositif policier et de gendarmerie complet.

Le directoire de campagne d'Issa Sall a dénoncé "des sabotages" de ses activité dans les jours précédant les violences, notamment le fait que son convoi ait été bloqué par les forces de l'ordre samedi à Kolda (sud) pour laisser passer celui de Macky Sall.

Les personnes tuées lundi sont Ibrahima Diop, poignardé par un membre présumé du PUR, selon des sources officielles, ainsi qu'un des jeunes motards qui ont ensuite tenté d'empêcher le convoi d'Issa Sall de quitter la ville avant d'être renversé par un véhicule, ont rapporté les envoyés spéciaux des médias sénégalais.

Un troisième sympathisant de la coalition au pouvoir, Benno Bokk Yaakaar (BBY, "Ensemble pour le même espoir", en wolof) aurait succombé à ses blessures, selon les médias, mais ce décès n'a pas été confirmé de source officielle.

- 'Attaque ciblée' contre les journalistes -

"Vingt-quatre personnes ont été arrêtées par la gendarmerie", a déclaré mardi à l'AFP une source de sécurité, jointe à Tambacounda.

Parmi les personnes arrêtées, une vingtaine sont des partisans d'Issa Sall, a indiqué à l'AFP Moustapha Sarr, un responsable du PUR.

Il s'agit notamment de membres du service d'ordre du candidat, a dit le procureur de Tambacounda, Demba Traoré, précisant que des armes, dont des couteaux et des gourdins, avaient été saisies sur des membres du PUR.

A la suite de ces "événements tragiques", Issa Sall a annoncé avoir suspendu sa campagne pour rentrer à Dakar.

Huit journalistes qui suivaient la campagne d'Issa Sall ont également été blessés par des militants présumés de BBY, selon des organisations représentant la presse.

Ces organisations, dont le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics) et Reporters sans frontières (RSF) ont condamné mardi une "attaque ciblée" visant le "minibus transportant les journalistes chargés de suivre le convoi du candidat" du PUR, exigeant "du procureur de la République l'ouverture d'une enquête dans les plus brefs délais".

Elles réclament "que des bus sans effigies d'un quelconque candidat soient mis à la disposition des journalistes par les directoires de campagne, que ces véhicules soient marqués de l'inscription +Presse+, et surtout qu'ils soient sécurisés par les forces de défense et de sécurité".

Macky Sall, qui vise une réélection dès le premier tour, a déploré lundi la mort d'un militant de son parti et l'agression de journalistes.

Il a appelé ses partisans au calme, invitant les autres candidats à l'imiter, mais a vu dans ces affrontements "le résultat de l'appel à la violence prônée par certains responsables politiques", qui "répondront de leurs actes devant les tribunaux".

Il visait notamment son prédécesseur (2000-2012) et adversaire, Abdoulaye Wade, qui a appelé la semaine dernière à empêcher la tenue de la présidentielle, conviant notamment ses partisans à "brûler les cartes d'électeur et les bulletins de vote".